À rebours de l'industrie musicale qui voit l'intelligence artificielle d'un œil suspicieux, Rick Rubin, qui a cofondé le label Def Jam, la décrit plutôt comme un outil permettant à tout un chacun d'exprimer sa fibre artistique.La musique générée par intelligence artificielle peut-elle être considérée comme de l'art? Pour Rick Rubin, c'est le cas. Le cofondateur du label Def Jam a pris la parole dans un épisode du podcast Diary of a CEO, donnant son avis sur cette tendance.
Selon lui, l'IA est un outil qui pourrait permettre à n'importe qui d'exprimer sa fibre artistique, sans savoir jouer d'un instrument de musique.Cela vaut aussi pour le dessin, car cela vient s'inscrire dans un véritable processus créatif: "Je n'ai pas de talent. Je n'ai aucun moyen d'exprimer ma créativité. Mais je pourrais demander à l'IA, et peut-être l'inciter à faire quelque chose de beau, par itération et par incitation," souligne-t-il.L'idée serait "la vraie créativité"L'IA est quelque chose de "magnifique", insiste Rick Rubin, qui ne voit pas les contenus générés par IA comme un problème, mais plutôt comme un moyen d'être créatif d'une autre manière.
"Les choses que nous faisons sont des rappels que nous sommes créatifs. [L'IA] ne fait que produire. La vraie créativité est l'idée qui permet de faire germer ces choses."Il compare la génération par IA au processus de story boarding de plusieurs cinéastes, comme Alfred Hitchcock et Wes Anderson, qui planifient leurs films image par image avant de filmer les acteurs. Cela leur permet d'exécuter leurs idées avant le tournage."L'IA pourrait être un excellent outil pour les aider dans ces moments-là, mais il s'agit de prompt.
Le prompt est l'endroit où se trouve la créativité. Ici, le prompt est ce que Wes (Anderson) ou Alfred (Hitchcock) utilisent pour dire à l'artiste ce qu'il doit dessiner dans un storyboard," ajoute Rick Rubin. "La créativité est là.
Elle n'est pas dans le dessin. Ce n'est pas un film terminé."Un "outil" comme les autresUne comparaison un peu hasardeuse qu'il étaye davantage, mettant sur un même plan les assistants des peintres de la Renaissance, ou les producteurs de musiques modernes, et la création par IA."L'art est toujours dans l'idéation. C'est là que se trouve l'art. Il ne s'agit pas de celui qui a mis la peinture sur la toile", souligne-t-il.Rick Rubin n'en est pas à son coup d’essai.
Comme l'explique Bloomberg, il avait déjà estimé en mai 2025 que l'IA n'était "qu'un outil" parmi bien d'autres qui permettraient aux artistes de donner vie à leur vision.Un avis qui n'est pas partagé par tous. À Hollywood, certains responsables de studio aimeraient que l'IA devienne une norme pour accélérer la production de nouveaux programmes et films et réduire les coûts, tandis que les acteurs et réalisateurs décrivent cette technologie comme un moyen de créer des œuvres sans âme et interchangeables. Il va sans doute falloir attendre encore longtemps avant que l'intelligence artificielle ne mette tout le monde d'accord, pour peu que cela arrive un jour.Sujets liés :Intelligence artificielleActualitésTechTop Articles"Ça montre vraiment que la musique peut améliorer le quotidien”: Lofi Girl, comment une simple playlist Youtube créée par un étudiant est devenue un univers mondial avec près de 16 millions d’abonnés"L'IA doit rester sous la direction, la supervision et le contrôle de l'homme": des chefs d'Etat de plus de vingt pays appellent à la mise en place de garde-fous face à la montée en puissance de l'intelligence artificielle"Jusqu'à 1,7 million de personnes" concernées: l'Agence nationale pour la formation des adultes a fait l'objet d'un piratage revendiqué par deux hackersAux Etats-Unis, un rapport "entièrement faux" des services de renseignement, établi à partir d’une analyse erronée d’une IA, a failli "déclencher une guerre" avec la ChineEn Autriche comme ailleurs en Europe, des opposants cherchent à bloquer la construction d’un centre de données, cette-fois, c’est Google qui est visé