C’est l’intention qui compte… Entre 2022 et 2023, les plaintes liées aux escroqueries sentimentales enregistrées sur Cybermalveillance.gouv.fr ont bondi de 91%. Sur la même période, la plateforme THESEE en a enregistré plus de 5 000.
Le chiffre est préoccupant, d’autant plus que selon les estimations, seules 5 à 15% des victimes finissent par porter plainte. C’est dans ce contexte de plus en plus tendu que le ministère de l’Économie a discrètement mis en ligne, début septembre, une fiche pratique consacrée aux brouteurs. Ce qui doit vous alerter Le terme « brouteur » vient de Côte d’Ivoire, et désigne un escroc qui monte un faux profil sur une application de rencontre ou un réseau social, avant d’installer une relation affective avec sa victime, et de lui réclamer de l’argent.
Les exemples sont nombreux, on pense notamment à Anne et son faux Brad Pitt qui était devenue la risée du web il y a quelques années. Reste que le phénomène prend de l’ampleur, et qu’il crée une vraie détresse chez les internautes touchés. Pour éviter de tomber dans le panneau, Bercy liste cinq signaux d’alerte : méfiez- vous des sentiments déclarés trop vite, avec des projets de vie commune au bout de quelques jours.
Un refus systématique des appels vidéo, ou des vidéos courtes, floues, préenregistrées. Un profil trop parfait, souvent doublé d’un métier valorisant (surtout si c’est une célébrité) qui justifie l’éloignement géographique (médecin, militaire, ingénieur en mission). Une accumulation de drames personnels pour attirer la compassion et, bien sûr, la demande d’argent, souvent via des coupons prépayés de type PCS ou Transcash, dont l’intérêt principal est d’être intraçables.
Si vous avez déjà été victime d’arnaque, il faut faire vite : rompre le contact, mais ne surtout pas supprimer les preuves, messages, captures du profil et justificatifs de virement. Prévenez votre banque immédiatement, avant de signaler le profil sur Pharos, et de déposer plainte via le dispositif THESEE, en ligne, sans passer par un commissariat. Côté sanctions, l’escroquerie relève de l’article 313-1 du code pénal, et votre brouteur encourt 5 ans d’emprisonnement et 375 000€ d’amende, auxquels s’ajoute l’usurpation d’identité quand les photos d’un tiers ont été détournées.
Sauf que dans la vraie vie, c’est un peu plus compliqué. Un guide pratique, mais daté On ne peut pas reprocher à Bercy de vouloir faire de la prévention. En revanche, force est d’admettre que le guide anti-brouteur du ministère est déjà obsolète, pour la simple et bonne raison qu’il n’intègre pas l’intelligence artificielle dans son référentiel.
Les vidéos par exemple, peuvent désormais êtres falsifiée en temps réelle grâce aux deepfake. La pression mise sur la victime enfin, si elle est souvent utilisée, devient de moins en moins tangible. Il est désormais facile pour un escroc de faire tourner des bots IA qui prennent le temps de parler avec leur victime 24 heures sur 24.
Bonne nouvelle, un indice ne change pas pour repérer les brouteurs : la demande d’argent. C’est d’ailleurs ce qui doit vous alerter. Célébrité ou pas, personne ne vous demande de l’argent en ligne sans avoir une idée derrière la tête.
Surtout si c’est un inconnu que vous n’avez jamais rencontré dans la vraie vie.