L’auteure s’exprime ici en son nom propre. Alizéa-Maïwenn Ciftcisoy est docteure en droit et cheffe analyste-documentaliste à l’Office central de lutte contre les crimes contre l’humanité et les crimes de haine (OCLCH, Gendarmerie nationale). Chercheuse associée au CUREJ (Université de Rouen Normandie), ses travaux portent notamment sur la répression des crimes internationaux les plus graves, en particulier des violences sexuelles et fondées sur le genre.

A-M Ciftcisoy retrace d’abord la généalogie des pratiques d’ingérence informationnelle et en mesure la mutation à l’ère numérique. Puis l’auteure analyse les trois grammaires contemporaines les plus significatives pour la France (Russie, Chine et Etats-Unis), avant d’en évaluer les risques systémiques pour la cohésion sociale, l’intégrité électorale et la souveraineté numérique du pays. L’IDEE selon laquelle les mots sont une arme et que la guerre peut se mener par leur intermédiaire est loin d’être nouvelle.

L’échelle de la confrontation informationnelle qui se déploie à l’ère du numérique et de la mondialisation l’est cependant. Longtemps circonscrite aux services de renseignement et à leurs opérations clandestines, la manipulation de l’information s’est progressivement diffusée vers des acteurs privés, des plateformes numériques et des réseaux transnationaux dont les intérêts, sans être toujours alignés sur ceux d’un État, produisent des effets stratégiquement comparables. Ces logiques d’ingérence informationnelle ne sauraient être appréhendées isolément : elles s’inscrivent dans un continuum plus large de guerre hybride, où la manipulation du champ informationnel, constitue un vecteur parmi d’autres pour affaiblir un adversaire sans jamais franchir le seuil de l’agression caractérisée.

La France se trouve aujourd’hui exposée à une multitude de pressions informationnelles, dont les logiques, les finalités et les vecteurs diffèrent sensiblement selon leur origine. Cet article se propose, sans être pour autant exhaustif, de retracer la généalogie de ces pratiques d’ingérence informationnelle, d’en mesurer la mutation à l’ère numérique, puis d’en analyser les trois grammaires contemporaines les plus significatives pour la France, avant d’en évaluer les risques systémiques pour la cohésion sociale, l’intégrité électorale et la souveraineté numérique du pays. Loin de se cantonner aux fronts de bataille, la guerre informationnelle, malgré son appellation belliqueuse, vise, en tout temps, à fragiliser et fragmenter les sociétés ennemies, ou simplement adverses sur certains plans politiques.

Afin d’en illustrer la perdurance temporelle et historique, la période de la Guerre froide (1947-1991) constitue un exemple particulièrement parlant. En effet, si la doctrine militaire russe intègre dès le XIXème siècle l’information comme une arme de déstabilisation de l’ennemi, elle connaît une certaine apogée à compter des années 1950. Le renseignement soviétique théorise et systématise ce qu’il appelle les « mesures actives » : un ensemble d’opérations clandestines combinant désinformation, faux documents, organisations-écrans et agents d’influence, destinées non pas à convaincre directement l’opinion occidentale, mais à exploiter des contradictions déjà présentes dans les sociétés visées.

Tel est le cas de l’opération INFEKTION (ou « Denver » dans sa désignation est-allemande), conduite conjointement par le KGB et la Stasi est-allemande dans les années 1980. Le 17 juillet 1983, le quotidien indien Patriot, journal créé en 1962 avec le soutien du KGB et utilisé à des fins de désinformation, publie une lettre anonyme affirmant que le virus du sida serait issu de recherches américaines sur les armes biologiques menées à Fort Detrick. D’abord resté relativement confidentiel, ce récit est réactivé en 1985 par le journal soviétique Literaturnaya Gazeta, donnant ainsi l’illusion de deux sources indépendantes se corroborant mutuellement.

L’opération atteint son apogée en septembre 1986. À l’occasion du sommet du Mouvement des non-alignés à Harare, la Stasi diffuse une brochure reprenant les thèses du biologiste est-allemand Jakob Segal, qui prétend démontrer, sous couvert d’une caution pseudo-scientifique, que le virus aurait été créé par manipulation génétique. Le récit se propage alors largement en Afrique avant de gagner la presse occidentale : le 29 octobre 1986, le Sunday Express britannique en publie à son tour une version, bientôt suivie par une quarantaine d’articles à travers le monde au début de l’année1987.

Si l’opération est officiellement abandonnée en août 1987 sous la pression diplomatique américaine, ses effets se révèlent durables : en 1992, 15 % des Américains considèrent encore plausible l’hypothèse d’une origine délibérée du virus. Cette persistance illustre la remarquable capacité de tels récits, une fois installés dans l’espace public, à survivre à leur démenti et à s’ancrer durablement dans l’imaginaire collectif. Si l’opération INFEKTION relevait d’une désinformation savamment orchestrée en coulisses par un service de renseignement, une autre catégorie d’opérations psychologiques s’est déployée, tout au long du XXe siècle, à visage découvert : celle des émissions de propagande radiophonique directement adressées aux troupes ennemies, dont « Hanoi Hannah » demeure l’incarnation la plus connue pour la génération de la guerre du Vietnam, mais qui s’inscrit dans une filiation remontant à la Seconde Guerre mondiale.

« Hanoi Hannah », de son nom véritable Trịnh Thị Ngọ, ne doit pas sa notoriété à sa seule fonction de propagandiste, mais bien davantage à l’efficacité paradoxale de la méthode qu’elle mit en œuvre. Recrutée en 1955 par la Voix du Vietnam en raison de sa maîtrise de la langue anglaise, elle devient, à compter de 1965, l’une des voix les plus reconnaissables de la propagande nord-vietnamienne à destination des troupes américaines. Trois fois par jour, ses émissions conjuguaient appels à la désertion, comptes rendus de pertes militaires et informations soigneusement sélectionnées.

Leur efficacité, cependant, ne procédait pas tant du mensonge que de l’insertion habile de faits avérés au sein d’un récit à visée propagandiste. En relayant des événements que le commandement militaire américain s’efforçait de minorer, voire de taire, telles que le massacre de My Lai (1968), Hanoi Hannah parvenait à brouiller la frontière entre désinformation et information. La figure d’Hanoi Hannah ne surgit pas ex nihilo : elle prolonge une tradition inaugurée durant la Seconde Guerre mondiale par plusieurs voix chargées, par ondes courtes, d’éroder le moral de l’adversaire.

Dans le Pacifique, le programme japonais « Zero Hour » popularise la figure composite de « Tokyo Rose », incarnée notamment par Iva Toguri d’Aquino. Sur le théâtre européen, Mildred Gillars (« Axis Sally ») et William Joyce (« Lord Haw-Haw ») animent des émissions comparables pour l’Allemagne nazie. Le conflit coréen reproduit ce schéma avec « Seoul City Sue », dont les émissions se signaient par la lecture macabre des plaques d’identification de soldats américains tombés au combat.

Tel est, précisément, le paradoxe constitutif de la propagande radiophonique : pour emporter l’adhésion, il n’est nul besoin qu’elle soit vraie dans son intégralité, il suffit qu’elle le soit assez pour ébranler la confiance accordée à la source adverse. La voix de l’« ennemi » peut ainsi acquérir une crédibilité d’autant plus grande que la parole officielle américaine perd, quant à elle, la sienne. Hanoi Hannah illustre en cela un principe fondamental de la guerre psychologique : il ne s’agit pas seulement de persuader l’adversaire d’une contre-vérité, mais de rendre suspecte, à ses yeux, la vérité qui lui parvient de son propre camp.

Fracturer le tissu social afin d’y faire prospérer des narratifs favorables à l’émetteur. Ce que ces cas, en dépit de leurs contextes distincts, mettent en lumière de façon convergente, c’est la porosité constante entre propagande d’État et velléités d’influences étrangères. Ils illustrent également les limites structurelles de ce type d’entreprise : les études postérieures s’accordent à souligner que l’effet démoralisateur recherché demeurait largement inférieur aux ambitions de leurs commanditaires, les auditoires militaires ayant davantage consommé ces émissions comme un divertissement teinté d’ironie que comme une source d’endoctrinement effectif, signe que l’arme radiophonique, si elle a occupé une place centrale dans l’arsenal de la guerre psychologique du XXe siècle, n’a jamais suffi, à elle seule, à emporter l’adhésion ou le déchirement interne qu’elle visait.

Cette limite partage peut-être des convergences avec les opérations contemporaines. Il ne s’agit plus tant, désormais, d’emporter l’adhésion et la conviction profonde des populations visées, que de mettre au jour leurs fragilités et les lignes de polarisation qui traversent le débat public, de saturer l’espace informationnel et, par ce biais, de fracturer le tissu social afin d’y faire prospérer des narratifs favorables à l’émetteur. La démocratisation et l’expansion du numérique ont engendré une massification de la propagande et de la manipulation computationnelle, par un changement d’échelle et de vitesse.

Le coût marginal de la production et diffusion des contenus, couplé à la viralité et la vastitude des publics touchés par les contenus en font un outil de choix dans la diffusion de certains narratifs. Cet effet est accentué par l’effacement progressif des gardes-fous traditionnels, tels que les rédactions ou modérateurs, au profit d’une architecture algorithmique qui traite l’information comme un flux indifférencié à optimiser pour l’engagement et non pour la véracité des propos tenus. Par exemple, suite à l’acquisition en octobre 2022 de Twitter, rebaptisé X, par Elon Musk, une refonte des algorithmes a été entreprise.

Cela s’est particulièrement manifesté lors de l’élection présidentielle américaine de 2024, [1] où l’on a pu recenser une mise en avant des personnalités et comptes utilisateurs relayant des positions conservatrices y compris lorsque l’utilisateur a un compte sans affinité politique apparente. [2] En réduisant drastiquement les effectifs chargés de la modération, les contenus à caractère haineux ou scandaleux, sans preuves de véracité, pullulent et ne sont plus régulés par la plateforme. Près de 86 % d’entre eux demeurent en ligne après leur signalement. [3] Une étude de 2018 a par ailleurs démontré que les fausses informations tendaient à se diffuser plus rapidement et plus largement sur les réseaux sociaux que les vraies. [4] Concomitamment, le développement de l’IA générative constitue un nouveau facteur de risque identifié par VIGINUM dans son rapport de février 2025, [5] notamment du fait du gain de réactivité et de volume qu’elle permet pour les acteurs malveillants, sans emporter un gain qualitatif en matière de sophistication. Si le risque est réel, la jeunesse de ces dispositifs rend leur impact réel encore mesuré et difficile à quantifier.

Cependant, des exemples permettent déjà d’en illustrer les effets concrets. À l’approche des élections municipales françaises de 2026, le réseau de désinformation pro-russe Storm-1516 a mené des opérations d’ingérence numérique en utilisant l’intelligence artificielle générative, notamment à travers la création de plus de 140 faux sites d’actualité, notamment typosquattés, imitant la presse régionale pour diffuser des contenus trompeurs en exploitant la confiance des citoyens envers les médias de proximité, et en menant des attaques ciblant des candidats, par la diffusion de fausses informations et rumeurs à leur égard, comme ce fût le cas pour Pierre-Yves Bournazel à Paris. Parallèlement, une campagne de désinformation est lancée dès le mois de mars 2026 par Blackcore, une société privée basée en Israël, spécialisée dans la vente de prestations et d’opérations de déstabilisations.

Blackcore met en place un réseau de plusieurs noms de domaines et de Sock Puppets, de fausses identités numériques individuelles se faisant passer pour des utilisateurs authentiques, notamment alimentés par l’IA générative, visant en particulier le parti LFI, ainsi que plusieurs de ses candidats, révélée par les services de VIGINUM. Les plateformes deviennent des actrices géopolitiques de plein droit, brouillant la distinction entre ingérence étatique et pouvoir structurel privé. Antoine Marie, du Cevipof, a mis en lumière l’utilisation inédite et massive de l’IA générative dans les stratégies de manipulation et de communication lors de ces élections locales, qui pourrait laisser à présager un scénario similaire et délétère pour d’autres scrutins. [6] Outre la modification de la perception d’un candidat ou parti auprès de l’opinion publique et la polarisation du débat public, ces stratégies de manipulations et d’ingérences visent également à délégitimer les médias nationaux en alimentant la défiance à leur égard, ainsi qu’à décrédibiliser le processus électoral et les institutions garantes de son fonctionnement. Les plateformes numériques, très majoritairement américaines, bénéficient d’un cadre juridique plus favorable par leur nationalité, et ce malgré l’implantation d’outils légaux comme le Digital Services Act (DSA, 2024) dont l’application, par manque de coopération des plateformes, diffère effectivement de la lettre.

Ces plateformes deviennent des actrices géopolitiques de plein droit, brouillant la distinction entre ingérence étatique et pouvoir structurel privé. Cette autonomisation des plateformes numériques comme acteurs géopolitiques ne doit cependant pas occulter le rôle central que continuent de jouer les États dans l’orchestration des ingérences informationnelles. Trois acteurs se distinguent aujourd’hui par l’ampleur et la spécificité de leurs stratégies à l’égard de la France : la Russie, la Chine et les États-Unis, dont les logiques d’ingérence, bien que convergentes dans leurs effets déstabilisateurs, obéissent à des rationalités et des méthodes profondément différentes.

La stratégie informationnelle déployée par la Russie à l’égard de la France s’inscrit moins dans une logique de persuasion que dans une logique d’attrition, dont la finalité n’est pas tant de convertir l’opinion française à un récit pro-russe structuré que d’exploiter et d’approfondir les lignes de fracture déjà présentes au sein du débat public. À la différence d’acteurs plus récents ou plus rudimentaires, la Russie se distingue par le statut d’acteur mature qu’elle occupe dans l’écosystème des ingérences informationnelles visant la France. Héritière directe des « mesures actives » soviétiques, elle dispose d’un savoir-faire éprouvé sur plusieurs décennies, qui se traduit par la diversité et l’évolution constante de ses modes opératoires informationnels (MOI).

Cette plasticité, qui va de la saturation numérique à l’action physique hors ligne, en passant par le piratage ciblé, constitue en elle-même une signature distinctive de la maturité du dispositif russe. Le mode opératoire Storm-1516, directement rattaché au renseignement militaire russe (GRU) et documenté par VIGINUM à travers l’analyse de soixante-dix-sept opérations conduites entre la fin de l’année 2023 et mars 2025, en constitue l’expression la plus aboutie. Son architecture repose sur la combinaison de plusieurs MOI : la diffusion de deepfakes, l’usurpation systématique de la presse locale par l’enregistrement de plus d’une centaine de noms de domaine imitant des titres régionaux français (media cloning et typosquatting), et un ciblage résolument calé sur le calendrier électoral national, des élections européennes de juin 2024 aux municipales de mars 2026, en passant par les législatives de juillet 2024.

Cette entreprise ne se limite d’ailleurs pas au scrutin lui-même mais cible également des personnalités politiques ou institutions nationales, comme précédemment évoqué. Déjà durant la campagne présidentielle de 2017, les e-mails de l’équipe d’Emmanuel Macron avaient été piratés, avec l’objectif d’influencer l’opinion publique. Des milliers de documents internes de l’entourage du futur président avaient été diffusés, avec l’ajout de documents frauduleux parmi des documents authentifiés, destinés à semer le doute à la veille d’un scrutin crucial.

Aujourd’hui, alors que l’élection présidentielle de 2027 se profile, des tentatives d’ingérences ont déjà été recensées à l’encontre de plusieurs candidats, tels que Édouard Philippe et Raphaël Glucksmann. Même si ces opérations sont, à ce stade, peu visibles, elles n’en demeurent pas moins nombreuses, comme s’en inquiétait le premier ministre, Sébastien Lecornu, qualifiant le risque « d’une menace lourde » sur l’élection présidentielle. [7] Ce dispositif se prolonge enfin hors ligne, par des actions s’appuyant sur l’actualité et les tensions traversant le débat public, dans le seul but d’accentuer la polarisation et de fragiliser la cohésion sociale. Ces dernières années, nombre d’affaires illustrent particulièrement ces modes d’action.

En 2023, à l’aube de la Coupe du monde de rugby, des faux articles circulent attestant d’une infestation de punaises de lit dans les transports parisiens. Ces articles apparaissent dans un contexte de sanctions occidentales imposées à l’encontre de Moscou, et impliquent, notamment dans des faux articles usurpant l’identité de La Montagne ou de Libération, le lien entre cette « épidémie » parisienne et l’afflux de réfugiés ukrainiens. VIGINUM avait dénoncé dès juin 2023 cette opération d’ingérence numérique baptisée « Doppelgänger », consistant à publier de faux contenus hostiles à l’Ukraine sur des sites imitant les grands quotidiens français.

Fin octobre 2023, plusieurs centaines d’étoiles de David bleues réalisées au pochoir ont été découvertes sur des façades d’immeubles à Paris et en banlieue parisienne, peu de temps après l’attaque du 7 octobre. Les tags sont l’œuvre d’un couple moldave, commandités par Anatoli Prizenko, un homme d’affaires proche de Moscou. Ce dernier a reconnu avoir ordonné l’opération, invoquant un « acte de soutien envers les juifs ».

Le 9 novembre 2023, la France a dénoncé l’implication du réseau russe RRN/Doppelgänger dans la diffusion artificielle et la mise en ligne initiale des photos de ces tags. VIGINUM avait en effet repéré un botnet de 1 095 comptes sur X ayant diffusé plus de 2 500 messages en quelques jours, une part significative recourant à la technique du Copy-Pasta, consistant à dupliquer un même contenu sur un grand nombre de comptes pour en simuler l’ampleur organique et à l’AstroTurfing. Cette méthode donne l’illusion d’une adhésion spontanée et désintéressée à un narratif en réalité orchestré.

Cette opération hybride sera suivie par plusieurs autres qui reprendront le même MOI. Ces opérations se multiplient dans les mois suivants : mains rouges taguées sur le Mur des Justes du Mémorial de la Shoah en mai 2024, peinture verte sur des synagogues parisiennes en mai 2025, têtes de cochon devant des mosquées d’Île-de-France en septembre 2025. Une fuite de documents internes attribués à la Social Design Agency, structure proche du Kremlin et spécialisée dans les opérations d’ingérences informationnelles, confirment l’implication de Moscou.

Des rapports détaillent la préparation de ces évènements, la liste des lieux ciblés, le timing, les itinéraires, ainsi que des photographies des repérages et actes préparatoires. Cette fuite dévoile également la préparation d’actions avortées, telles que la dégradation d’une statue du général de Gaulle à Paris, par un slogan pro-ukrainien ; le lâcher des poupées gonflables portant des slogans anti-migrants dans la Seine, ou le collage des stickers commémorant le génocide arménien devant les ambassades turque et azérie dans la capitale. Fruits de l’intensification de la guerre hybride menée par la Russie, misant sur l’affaiblissement du soutien européen à l’Ukraine par la division et la fractur