Les dirigeants de pays membres et partenaires des Brics+ lors du sommet organisé à Rio de Janeiro, au Brésil, le 7 juillet 2025. PHOTO MAURO PIMENTEL/AFP Le groupe des Brics + réunit dix pays représentant près de la moitié de la population et 40 % du produit intérieur brut mondiaux, précise cette organisation internationale sur son site. Le sommet annuel de ses dirigeants, auquel participeront notamment les présidents chinois, russe et iranien, Xi Jinping, Vladimir Poutine et Masoud Pezeshkian, se tient ces 12 et 13 septembre à New Delhi.

Cette semaine, nos articles sont dans l’application Télécharger Quelle est l’origine du groupe ? En 2001, Jim O’Neill, alors économiste au sein de Goldman Sachs (et futur secrétaire commercial au Trésor britannique), utilise l’acronyme “Brics” dans un article pour décrire “les grandes économies des marchés émergents” que sont le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine. Soulignant leur forte croissance, il prédit que leur poids dans le PIB mondial, en particulier celui de la Chine, va nettement s’accroître dans la décennie à venir.

L’acronyme fait écho au “RIC” (Russie, Inde, Chine) promu par le ministre des Affaires étrangères russe Evgueni Primakov à la fin des années 1990. Autre prélude au groupe des Bric, le forum de dialogue Ibas (Inde, Brésil, Afrique du Sud), lancé en 2003 pour défendre le multilatéralisme et la coopération Sud-Sud. Bien que contestée, l’appellation “Brics” aura une influence importante.

En 2010, le Financial Times soulignait que les pays choisis par O’Neill formaient un ensemble “hétéroclite” mais incarnaient aussi “l’essor du monde non occidental”. Ils vont s’appuyer sur le concept “pour nouer des liens concrets”, notait alors le quotidien britannique. Entamé en 2006, leur dialogue débouche sur l’organisation du premier sommet officiel, qui réunit leurs dirigeants à Ekaterinbourg, en Russie, en 2009.

Qui sont ses membres ? Le groupe s’élargit rapidement : en 2010, il intègre l’Afrique du Sud sur invitation de la Chine. Pretoria participe à son premier sommet, le troisième de l’organisation (renommée “Brics”), l’année suivante, sur l’île chinoise de Hainan.

Il faudra attendre 2023 pour que les pays membres décident d’en accueillir six nouveaux à partir de l’année suivante : l’Arabie saoudite, l’Argentine, l’Égypte, les Émirats arabes unis, l’Éthiopie et l’Iran. L’objectif du groupe, rebaptisé “Brics +”, est “d’étendre [l’] influence mondiale” des pays du Sud global, analysait alors le média économique Bloomberg. Cependant, l’Argentine du nouveau président Javier Milei, élu à la fin de 2023, se retire, tandis que l’Arabie saoudite s’abstient “d’adhérer officiellement […], manœuvrant ainsi avec tact sur une question susceptible de contrarier Washington”, rapportait Reuters en mai 2025, l’agence précisant que le sujet reste “diplomatiquement sensible” pour Riyad.

En 2025, l’Indonésie rejoint à son tour les Brics +, et dix autres pays y sont associés en tant que “partenaires” : la Biélorussie, la Bolivie, Cuba, le Kazakhstan, la Malaisie, le Nigeria, l’Ouganda, l’Ouzbékistan, la Thaïlande et le Vietnam. À quoi servent les Brics + ? Les Brics + aspirent à concurrencer le G7 – qui réunit l’Allemagne, le Canada, les États-Unis, la France, l’Italie, le Japon et le Royaume-Uni – et fonctionnent d’une manière similaire.

Leurs dirigeants se réunissent chaque année en sommet et l’édition 2026, organisée en Inde (qui en assure la présidence tournante), en est la 18e édition. Ce “mécanisme de coordination informel”, décrit l’organisation sur son site, veut “renforcer la coopération économique, politique et sociale entre ses membres, ainsi que l’influence des pays du Sud dans la gouvernance internationale”, notamment en défendant la réforme d’institutions comme l’ONU, le FMI ou la Banque mondiale. Comme l’écrit le média sud-africain Daily Maverick, ses membres ne constituent “pas une alliance.

Ils n’ont aucun engagement en matière de sécurité collective. Le groupe fonctionne sur un consensus général selon lequel les membres acceptent leurs désaccords sur de nombreux points.” Récemment, la cohésion du groupe a ainsi été mise à mal par le conflit au Moyen-Orient. Maxime Bourdier Afrique du Sud Brésil Europe Économie Afrique Russie Asie Amériques Sur le même sujet Article réservé aux abonnésGéopolitique.

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