Plus d’un an après sa création, le Comité Stratégique de Filière Logiciels et Solutions Numériques de Confiance a signé son « premier contrat » avec l’Etat. Son nom : le « Pacte Numérique et IA ». L’ambition tient en une phrase : reprendre la main.

Dans un contexte cataclysmique d’extorsion des donnés publiques ( ANTS, DGFiP, …), le gouvernement (représenté par David Amiel, ministre de l’Action et des Comptes publics, et Anne Le Hénanff, ministre déléguée à l’IA et au Numérique), saisit l’occasion de renforcer les liens avec l’écosystème hexagonal. Signé pour trois ans renouvelables, le texte fixe une méthode plus qu’un chèque : identifier les besoins de l’État, faire matcher l’offre tricolore et poser les bases d’une Base Industrielle et Technologique du Numérique, calquée sur la BITD militaire, ce réseau d’industriels qui arme les forces françaises sous la houlette de la DGA. Premiers chantiers annoncés : les suites bureautiques collaboratives, les tests d’intrusion par IA et la sécurisation des infrastructures critiques.

Lire aussi : EU Score et EU Tech 300 : que sont ces initiatives origine France ? Le chef d’orchestre de la manœuvre est la DINUM, promise à devenir l’Autorité référente pour l’intelligence artificielle et le numérique de l’État (ARIANE). « Un partenariat étroit », selon Michel Paulin Sur LinkedIn, Michel Paulin – qui a signé aux côtés de Jean-Noël de Galzain (Hexatrust) et Mehdi Houas (Numeum) – résume l’esprit du texte : « les ambitions et la méthode d’un partenariat étroit entre les industriels de la filière et les services de l’État ».

L’objectif, dit-il, est de « mieux identifier les besoins » sur le collaboratif, l’IA et la cybersécurité, pour y répondre par « des offres et des solutions de la filière française ». Il promet que la filière mettra « toute son énergie et sa détermination » pour passer vite aux actes, avec un double bénéfice attendu : des solutions « innovantes et performantes » pour les utilisateurs, et davantage d'autonomie stratégique pour le pays. Un bémol, et de taille : les règles de la commande publique restent intactes.

Pas de fast-track ni de marché réservé. Le Pacte reste ouvert à tout industriel ; à condition d'avoir son siège et ses capacités de production en France, et de ne pas dépendre de législations extraterritoriales. Dans une interview sur Silicon, en mars dernier, Michel Paulin regrettait le manque de commandes des secteurs publics et des grandes entreprises privées françaises pour soutenir la souveraineté technologique.

« Je rêverais d'une loi qui permette de résoudre tous ces problèmes. Mais la préférence européenne d'achat est aujourd'hui interdite par la loi européenne : on n'a pas le droit de le faire. Alors que les Américains le font, les Chinois le font, les Coréens le font.

On est les seuls à croire que c'est une distorsion de la concurrence. C'est incroyable » nous disait-il. Photo : (de gauche à droite) Jean-Noël de GALZAIN (HEXATRUST ), Anne Le Hénanff (ministre déléguée à l'IA et au Numérique,) Mehdi Houas (Numeum), David Amiel (ministre de l'Action et des Comptes publics) et Michel Paulin ( Comité Stratégique de Filière Logiciels et Solutions Numériques de Confiance) © DR