La facture est désormais connue. La mairie de Lisbonne a été condamnée pour avoir transmis à des organismes russes, dont l’ambassade de Russie au Portugal, les données personnelles d’opposants à Vladimir Poutine. Montant de la sanction : 463 700 euros, a rapporté le 9 septembre le Diário de Notícias.

Selon l’avocat de la Commission nationale de protection des données (CNPD), il s’agit de la plus forte amende jamais infligée, au Portugal, pour violation de la protection des données. Cette semaine, nos articles sont dans l’application Télécharger À lire aussi : Politique. Trump, un “agent soviétique” ?

Les propos du président portugais divisent le pays Ajouter aux favoris Le “Russiagate” avait éclaté en 2021. Des opposants à Vladimir Poutine avaient organisé, dans la capitale portugaise, une manifestation de soutien à Alexeï Navalny. Les services municipaux avaient alors transmis leurs noms, adresses et coordonnées à des organismes russes.

Une pratique qui s’est révélée bien plus large : une enquête a établi que des données personnelles d’organisateurs de manifestations avaient été communiquées à des entités étrangères entre 2013 et 2021, sous les mandats des socialistes António Costa puis Fernando Medina. Pour la seule ambassade russe, au moins 27 envois ont été recensés. La mairie n’a pas contesté avoir transmis ces informations.

Les tribunaux ont par ailleurs considéré qu’elle avait agi de manière “libre, délibérée et consciente”, tout en sachant que cette pratique était interdite par la loi. Un retour désormais impossible en Russie La sanction aurait cependant pu être beaucoup plus lourde. Initialement fixée à 1,25 million d’euros, elle avait déjà été ramenée à 738 000 euros en 2025, en raison de la prescription de plusieurs infractions.

La mairie a ensuite obtenu l’extinction de 42 contraventions supplémentaires, également prescrites. Quelque 274 000 euros ont ainsi été retranchés, aboutissant aux 463 700 euros désormais réclamés. La municipalité, aujourd’hui dirigée par Carlos Moedas (SPD, centre droit), assure que la procédure “n’est pas encore terminée”.

L’avocat de la CNPD estime au contraire que, sauf erreur de calcul du tribunal, il ne devrait plus être possible de réduire la sanction. Il rappelle surtout que les conséquences sont bien réelles : certains citoyens russes dont l’identité a été révélée ne peuvent plus retourner en Russie voir leur famille. Courrier international Lisbonne Europe Russie Vladimir Poutine Alexeï Navalny Sur le même sujet Article réservé aux abonnésSociété.

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