© Univity La 5G qui tombe du ciel : un terminal posé au sol a dialogué avec une station de base filant en orbite, dans des fréquences que personne n’avait fait fonctionner depuis l’espace. Une entreprise française signe l’exploit. Les zones blanches, vous connaissez : ces coins de campagne où votre smartphone capte à peu près aussi bien qu’une brique.

Pour les résorber, une partie de l’industrie télécoms regarde désormais vers le ciel, et une entreprise française vient d’y planter un joli drapeau. Dans un communiqué publié ce mercredi 9 septembre, Univity annonce avoir réussi la première connexion 5G NTN en fréquences millimétriques et en mode TDD établie depuis l’espace, conclusion de sa mission de démonstration uniSpark. Lire aussi : Face à Starlink, Orange et Deutsche Telekom préparent un réseau satellitaire européen Une station de base 5G en orbite, et elle répond au sol Lancé en juin 2025, uniSpark embarque une véritable station de base 5G, celle qui vit d’ordinaire au sommet d’un pylône, à plusieurs centaines de kilomètres d’altitude.

Après quinze mois de campagne, l’opérateur spatial a atteint l’objectif final de la démonstration : un terminal au sol s’est synchronisé, puis enregistré comme un banal terminal 5G sur le réseau uniSpark, liaison bidirectionnelle complète et traitement du signal assuré directement à bord. Établir une telle liaison impose des contraintes sans commune mesure avec celles d’un réseau terrestre : la station de base se déplace à vitesse orbitale, la distance avec le terminal évolue en permanence et l’effet Doppler s’invite dans l’équation. Le mode TDD corse encore l’exercice, puisque l’émission et la réception se partagent la même fréquence à tour de rôle (comme un talkie-walkie, quand le classique FDD ressemble plutôt à une route à deux voies séparées), ce qui réclame une synchronisation d’une précision extrême entre le sol et l’espace.

Les bandes millimétriques exploitées par les opérateurs terrestres fonctionnent précisément dans ce mode TDD, et c’est tout l’intérêt stratégique de la démonstration : elle ouvre la bande des 26 GHz aux communications spatiales, au moment où les bandes Ku et Ka historiques approchent de la saturation. Une réserve de fréquences toute neuve, en somme. « L’espace peut enfin devenir une extension naturelle des réseaux 5G terrestres », savoure Charles Delfieux, fondateur et patron d’Univity.

France 2030, CNES : la 5G spatiale se joue aussi à Toulouse La mission s’est déroulée dans le cadre de France 2030, opéré pour l’État par le CNES et Bpifrance, et les essais ont été menés depuis un site du CNES à Toulouse, paraboles installées sur le toit du bâtiment. L’agence spatiale, qui héberge les équipements sol de la démonstration, accompagnera aussi la suite du programme via un projet de démonstration de service 5G signé en août 2025. La feuille de route s’articule en trois étapes : uniSpark vient de valider les briques technologiques critiques, uniShape enchaînera avec deux satellites de démonstration conçus en interne pour tester un service 5G de bout en bout, et uniSky portera l’industrialisation puis le déploiement de la constellation commerciale.

L’entreprise, qui s’appelait encore Constellation Technologies & Operations il y a peu, aura mis près de deux ans à passer du concept à la démonstration en orbite. Un sprint, à l’échelle du spatial. Dans sa démarche, Univity ne vise pas le marché des opérateurs déjà menacés par les flottes de satellites américains (Starlink en tête).

Elle se positionne en fournisseur d’infrastructure spatiale, neutre et sans affiliation avec les 3 grands opérateurs de l’Hexagone. Un argument qui porte alors que l’internet satellitaire et sa portée globale font l’objet de beaucoup de convoitises outre-atlantique. En attendant uniSky et sa constellation commerciale, retenez l’image : la prochaine antenne-relais de votre opérateur ne trônera peut-être plus sur le mont d’à-côté ou l’immeuble voisin, mais à plusieurs centaines de kilomètres au-dessus de votre tête. 👉🏻 Suivez l’actualité tech en temps réel : ajoutez 01net à vos sources sur Google, et abonnez-vous à notre canal WhatsApp. internet par satellitesouverainetésouveraineté technologique Naïm Bada Sur le même sujet Allié à Qwant, Ecosia lance son navigateur sur Linux Après le piratage des impôts, des ingénieurs de Mistral vont s’installer dans les ministères L’Europe commande son sixième supercalculateur IA à une entreprise française L’Europe muscle son anti-Starlink : IRIS² grimpe à 348 satellites Free mVPN (Avis) : que vaut le VPN gratuit de l’opérateur ?

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