Azadeh Akbari enseigne les études critiques des données à l’université Goethe de Francfort. PHOTO Azadeh Akbari La promesse était belle : un avenir sans fil, sans frontières et peut-être même libre. L’Internet ferait trembler les puissants, des hommes d’État à la police des mœurs, de la justice à l’administration.
Et puis la réalité s’est imposée. Elle a confisqué les téléphones pour lire nos messages, enregistrer nos déplacements, elle a mis en scène nos corps et laissé les algorithmes décider de la visibilité des uns et de l’effacement des autres. Le futur n’est pas libre.
Il est juste bien connecté. Azadeh Akbari l’a compris très tôt, loin des considérations théoriques, par expérience. À Téhéran, alors qu’elle travaille comme journaliste, elle s’aperçoit que les agents de l’État ne font pas que lui poser des questions mais qu’ils connaissent la teneur de ses conversations amicales.
À lire aussi : Surveillance. La fin de la vie privée ? Ajouter aux favoris Lors de ces interrogatoires, elle comprend que sa vie privée ne l’est plus depuis longtemps.
Elle décide de réduire sa vie sociale pour ne pas avoir à incriminer ses connaissances. Lui reste une interrogation lancinante : que reste-t-il de la démocratie lorsque l’État ne se contente plus d’interdire, d’enfermer ou de commettre des violences physiques, mais écoute, enregistre, lit et relie les conversations de ses citoyens ? L’Iran n’est pas une exception Série d’été “Penseurs de demain” L’été est presque fini et n’a pas été de tout repos.
Face à l’accélération des crises climatiques et géopolitiques, il existe un moyen de déjouer l’humeur chagrine qui pourrait nous saisir. Le grand média allemand Die Zeit mise sur sept intellectuels et scientifiques “des plus prometteurs” pour nous aider à comprendre les plus grands défis de l’époque. “Leurs réflexions façonnent leurs champs respectifs : géopolitique du numérique, intelligence artificielle, droit, architecture, gériatrie, climat, philosophie. Certains sont déjà célèbres, d’autres le deviendront bientôt.” Afin d’aborder la rentrée du bon pied, Courrier international vous propose ces portraits en série chaque jour de cette semaine.
Épisode 1 - Hannah Ritchie manie les stats pour parer à l’écoanxiété Épisode 2 - Katharina Pistor philosophe pour dompter le capitalisme Épisode 3 - Francis Kéré façonne l’espace où cultiver le vivre-ensemble Épisode 4 - Fei-Fei Li travaille à rendre l’IA vraiment intelligente Épisode 5 - Chiara Herzog mobilise l’épigénétique pour soigner les femmes Désormais professeure en études critiques des données à l’université Goethe, à Francfort, Azadeh Akbari mène des recherches sur l’autoritarisme numérique, les villes intelligentes, les inégalités en matière de données et la géopolitique de la transition numérique. L’Iran n’est pas un cas exotique ou exceptionnel, c’est son sismographe. Il révèle à l’avance ce qui risque de devenir la norme : que la surveillance ne se développe pas que sous une dictature, que les villes intelligentes peuvent s’avérer des hauts lieux de contrôle, que les données ne sont pas de simples chiffres, mais du pouvoir extrait de tableurs.
Et de nos jours ? Que les États ne sont pas les seuls à nous menacer. Les géants du numérique sont eux aussi devenus des acteurs politiques et leurs plateformes, de véritables infrastructures.
Après avoir cherché à savoir comment protéger les citoyens de leur gouvernement, Azadeh Abkaris ajoute une nouvelle question : que reste-t-il de l’État quand Elon Musk, Peter Thiel et d’autres messieurs en sweat à capuche prennent le pouvoir ? À lire aussi : À la une de l’hebdo. Autour de Donald Trump, Elon Musk et les oligarques de la tech Ajouter aux favoris Le tableau peut paraître sinistre, mais penser l’avenir n’est pas une agréable promenade de santé.
Azadeh Akbari n’est pas une intellectuelle du réconfort, elle éclaire notre réalité – un acte en soi déjà profondément radical. Omid Rezaee Lire l’article original Moyen-Orient Vie privée Sciences et environnement Nouvelles technologies Big Tech Sur le même sujet Article réservé aux abonnésMoyen-Orient. En Iran, l’appareil répressif tourne à plein régime pour museler toute dissidence Écouter l’article Ajouter aux favoris Article réservé aux abonnésÉtats-Unis.
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Pointu et exigeant, tolérant et libéral, il paraît tous les jeudis et se distingue par sa maquette et son iconographie recherchées. Installé à Berlin, le site Zeit Online possède sa propre rédaction. Lire la suite Nos services HORS-SÉRIE Où se trouve le cloud ?
Combien de câbles de communication traversent l’Atlantique ? Comment l’Iran coupe-t-il son réseau Internet ? Ce sont ces questions qui nous ont conduits à proposer cet atlas des communications.
Car Internet est une réalité physique. Je découvre → Éditions Doki-Doki Tentez de remporter un exemplaire du manga « Un amour invisible » de Shima Nanigashi et Hat. Je reçois mon manga → Éditions Steinkis Tentez de remporter un exemplaire de la bande dessinée « Nanterre, avant l’orage » de Feurat Alani & Ulysse Gry.
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