Failles chez Mammotion : des milliers de robots tondeuses étaient contrôlables à distance Christine de Stephen King, version tondeuse à gazon Illustration : Flock Alexandre Laurent Le 04 septembre à 09h21 Trois chercheurs indépendants en cybersécurité ont découvert 14 failles de sécurité critiques au sein de l’infrastructure qui sous-tend le fonctionnement des robots tondeuses Mammotion. Elles exposaient potentiellement jusqu’à 337 000 comptes utilisateurs, ouvraient l’accès aux infos des réseaux connectés, et permettaient accessoirement la prise de contrôle à distance. Une erreur ?
Un gazon sans doute coupé au cordeau, mais une véritable porte ouverte sur le jardin. Trois chercheurs en cybersécurité se sont penchés sur l’application mobile fournie par Mammotion pour le pilotage de ses robots tondeuses. Ils y ont découvert comment accéder en seulement deux requêtes à un compte admin branché sur l’infrastructure cloud qui en sous tend les fonctions connectées.
De là, les failles se sont enchaînées, jusqu’à représenter un total de 14 vulnérabilités, présentées dans un rapport dédié. Des robots ouverts aux quatre vents À l’appui de leurs travaux, les trois chercheurs, Sammy Azdoufal (@n0tsa), Andreas Makris (@Bin4ryDigit) et Kevin Finisterre (@d0tslash), ont réalisé une attaque par piratage de compte sur un robot tondeuse détenu en propre. Ils revendiquent une prise de contrôle quasi totale, avec possibilité de piloter le robot à distance et visualiser les images transmises par la caméra.
Image : Mammotion S’ils affirment ne pas avoir avoir parcouru l’ensemble des services cloud exposés, ils donnent un aperçu de la surface potentielle de l’attaque, estimée à 337 000 comptes utilisateurs énumérables sans authentification, répartis sur quatre serveurs régionaux, dont un serveur EU servant 85 pays, avec une « forte concentration en Allemagne, France et Suède ». Sammy Azdoufal, qui avait déjà mis au jour les failles de sécurité béantes des babyphones et caméras IP Meari et dix CVE dans des produits connectés Aqara, précise à Next qu’environ 49 000 comptes correspondent à des utilisateurs français. Pour chaque appareil, l’accès découvert donnait selon eux la possibilité d’interroger le robot à distance et d’en faire remonter, sans vérification de propriété, les informations réseau telles que les coordonnées GPS, l’adresse IP sur le réseau local, l’adresse MAC, ou l’IMEI de la connexion mobile, mais aussi le SSID du Wi-Fi domestique, et le numéro IMSI de la carte SIM utilisée pour les communications en cas d’absence de Wi-Fi.
Les chercheurs affirment par ailleurs avoir pu énumérer 46 785 stations RTK dont les clés de chiffrement RSA-2048 étaient récupérables sans vérification de propriété. Ces stations sont un accessoire commercialisé par Mammotion (et d’autres fabricants) pour offrir une référence de positionnement plus précise que celle du GPS et donc améliorer la capacité du robot tondeuse à s’orienter dans le jardin ou respecter les instructions de tonte. « La flotte RTK européenne de Mammotion fonctionne avec des cartes SIM M2M d’Orange France.
Chaque station de base équipée d’un module 4G (IMSI 208012xxxxxxx) transmet des données d’identité cellulaire à tout utilisateur authentifié de l’application », affirment à ce sujet les chercheurs. Si les données GPS d’un robot individuel suffisent pour localiser son emplacement, les chercheurs suggèrent, sans l’affirmer explicitement, que l’exposition de cette infrastructure de communication mobile ouvrait la voie à des attaques à plus grande échelle. Une communication assez limitée La première et peut-être la plus inquiétante découverte tient à la façon dont les chercheurs ont pu accéder au cloud de Mammotion.
D’après leur rapport, le fabricant référençait dans son application un endpoint (un point de terminaison pour se connecter à l’infra) lié à son serveur situé en Chine qui retournait, sans authentification ou token préalable, un mot de passe à usage unique (on parle de code OTP, pour One-Time Password), qui en réalité n’expirait pas. Ce code à usage unique est lié à la récupération en cas de mot de passe. Pour un utilisateur lambda, il faut en principe une demande de réinitialisation pour que ce code soit généré, puis reconnu au niveau du endpoint.
« Pour admin@mammotion.com, la situation était différente. L’administrateur n’avait apparemment jamais déclenché sa propre procédure de mot de passe oublié ; son code OTP enregistré n’avait donc ni durée de vie ni renouvellement. Il était juste là », décrivent les trois auteurs, avant de résumer : « Deux requêtes HTTP non authentifiées et vous possédez le compte administrateur Mammotion ».
Les vulnérabilités corrigées par Mammotion selon les trois chercheurs – capture d’écran Le dépôt GitHub créé pour l’occasion liste également les échanges par écrit entre les trois chercheurs et les services techniques de Mammotion. La conversation achoppe principalement sur des questions de forme, peut-être motivées par le passif de Kevin Finisterre avec la marque, quelques années plus tôt. Ce dernier s’était en effet inquiété de voir un service SSH tourner sur son robot, et avait donc demandé à la marque le mot de passe permettant de s’y connecter pour investiguer le sujet.
Il s’était vu opposer une fin de non recevoir. D’après la transcription publiée dans ce rapport, Mammotion indique avoir pris en compte les remarques des chercheurs et implémenté des « mesures de protection » adaptées. Affirmant travailler avec des institutions externes dédiées à la sécurité, elle a en revanche refusé d’ouvrir un canal technique avec les intéressés qui réclamaient la mise en place d’un processus de divulgation responsable.
Elle ne livre par ailleurs aucune réponse sur le fond, mais a tout de même fini par corriger les failles les plus sérieuses. C’est ce constat qui a conduit les trois auteurs à publier leur rapport, daté du 21 août et mis en ligne sur GitHub le 24 août dernier. Leurs conclusions relèvent d’ailleurs que trois problèmes restent en suspens : un secret codé en dur dans un élément JavaScript public, un processus d’auto-enregistrement de clients avec une adresse de redirection arbitraire ouvrant, par exemple, la voie à des tentatives de phishing, et des sous domaines internes résolus via des DNS publics.
Sur sa page de support, Mammotion s’engage à assurer des mises à jour de sécurité continues pour tous ses produits pendant les cinq ans qui suivent leur mise sur le marché. Contactée par nos soins le 24 août et relancée depuis, l’entreprise n’a pas répondu à nos questions. Cet article est en accès libre, mais il est le produit d'une rédaction qui ne travaille que pour ses lecteurs, sur un média sans pub et sans tracker.
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Jon Joe Premium À l'instant En réponse à Message 2.2 Signaler Bloquer cet utilisateur Objets connectés = cartes de fidélité = niet, poubelle. Furanku Premium Il y a 13 minutes Voir les réponses Message 3 Aller au commentaire enfant Signaler Bloquer cet utilisateur Si un modèle OpenAI sort de sa sandbox et se rend compte de cela, peut-être aurions-nous alors une révolte des robots tondeuses ? 33A20158-2813-4F0D-9D4A-FD05E2C42E48 À l'instant En réponse à Message 3.1 Signaler Bloquer cet utilisateur Comme ceci ? https://www.imdb.com/title/tt14536130/?ref_=tt_epspo_ep_1 Signaler un commentaire Voulez-vous vraiment signaler ce commentaire ?
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