L’Iran développe en secret un missile de croisière supersonique avec l’aide de la Russie, révèle le Financial Times Par Victor Mérat Publié le 03/09/2026 à 14h29, mis à jour le 03/09/2026 à 14h56 Ajouter Le Figaro à vos sources préférées Sujets Iran Russie Des missiles Zolfaghar de fabrication iranienne exposés place Azadi à Téhéran le 2 août 2026. ATTA KENARE / AFP Le programme C430L doit permettre à Téhéran, en guerre contre les États-Unis, de mettre au point un système de propulsion par statoréacteur, un moteur permettant à un missile de croisière de voler à plusieurs fois la vitesse du son en suivant une trajectoire au ras de l’eau. Passer la publicité Passer la publicité Publicité Nom de code : C430L.
Selon des révélations du Financial Times, qui s’appuie sur une multitude de documents dont des brevets militaires, «la Russie a secrètement aidé l’Iran à développer des missiles de croisière supersoniques de pointe, ce qui constitue l’un des transferts de technologie militaire stratégique les plus importants connus de Moscou à Téhéran». Ce programme, qui a débuté il y a trois ans, en 2023, «a fait appel à certains des spécialistes russes les plus expérimentés en matière de missiles». Objectif : permettre à la République islamique de développer une nouvelle classe d’armes en capacité de menacer les porte-avions américains et d’autres navires de guerre au Moyen-Orient.
À découvrir PODCAST - Écoutez le club Le Figaro International Dans le détail, le programme C430L doit permettre à Téhéran, aujourd’hui en guerre contre les États-Unis, de mettre au point un système de propulsion par statoréacteur, c’est-à-dire un moteur permettant à un missile de croisière de voler à plusieurs fois la vitesse du son en suivant une trajectoire au ras de l’eau - donc plus difficile à intercepter. Cette technologie, avance le quotidien britannique, est «très probablement destinée aux missiles de croisière antinavires d’attaque terrestre». Les derniers échanges consultés par le FT datent de juin 2026.
Passer la publicité Publicité À ce jour, peu de pays disposent de missiles de croisière supersoniques avec la technologie du statoréacteur. Dans ce club très fermé figurent la France (ASMPA-R), les États-Unis, la Chine (YJ-12), l’Inde (BrahMos) ou encore la Russie (P-800 Oniks). Alliance politique, technologique et militaire S’il n’existe à ce stade aucune preuve qu’un missile de croisière supersonique fabriqué à l’aide de la Russie ait déjà été employé, Téhéran a bel et bien déjà «construit et testé en vol le système de propulsion à statoréacteur», affirme le FT.
Alliés proches, la Russie et l’Iran ont renforcé leur coopération politique, technologique et militaire depuis le début de la guerre en Ukraine en 2022. Une alliance qui s’est renforcée en février dernier, lorsque les États-Unis ont lancé l’opération «Epic Fury». Téhéran a, par exemple, fourni des drones d’attaque Shahed à Moscou.
De son côté, des responsables occidentaux accusent la Russie d’avoir fourni à l’Iran une aide militaire dans sa guerre contre Washington, «notamment des images satellites, un soutien par drones et des composants d’armement». «Consultations techniques» Concernant C430L, le programme est conduit par Rosoboronexport, l’exportateur d’armes de l’État russe, et NPO Mashinostroyenia, l’un des plus importants constructeurs aéronautiques et fabricants de missiles de Russie, sous sanctions américaines. Selon les éléments consultés par le Financial Times, des documents de voyage prouvent que «des responsables russes des exportations d’armes et plusieurs ingénieurs de haut rang de NPO Mashinostroyenia ont effectué de nombreux voyages en Iran avant la signature officielle du contrat C430L avec le ministère iranien de la Défense et de la Logistique des forces armées en novembre 2023».
Deux ans plus tard, en 2025, l’entreprise a également reçu «une importante quantité de matériel technique iranien relatif au système de propulsion par statoréacteur». La même année, l’exportateur d’armes étatique russe a envoyé une délégation de spécialistes en Iran pour des «consultations techniques» après des essais menés par Téhéran. Selon des documents datant de juin 2026 et consultés par le quotidien britannique, «des négociations étaient toujours en cours concernant certains aspects de la phase suivante et des discussions supplémentaires concernant les rapports techniques russes étaient prévues».