“Tendu”, “manifestement mal à l’aise”, Vladimir Poutine “a regardé le sol et tapé du pied”, relève Politico Europe. La cause de sa nervosité ? Les propos d’une fermeté inédite du Premier ministre indien au sujet de la guerre en Ukraine.

Lundi 31 août, lors d’une rencontre entre les deux dirigeants à Bichkek, la capitale du Kirghizistan, Narendra Modi a en effet demandé au président russe de “passer d’une guerre sans fin à la fin de la guerre”, comme on peut le voir dans la vidéo du média britannique The Independent qui illustre cet article. Ce à quoi Vladimir Poutine a répondu : “Nous devons aller précisément dans cette direction.” À lire aussi : Une du jour. “L’autre monde” de Xi Jinping, Poutine et Modi Ajouter aux favoris Et cette prise de position est loin d’être anodine, analyse la presse internationale. Car “un simple reproche, s’il est murmuré par un ami, peut causer plus de tort que la pire des attaques ennemies”, résume UnHerd, estimant que “c’est la leçon que Vladimir Poutine a apprise cette semaine”.

L’Inde, rappelle The Independent, est “l’un des plus gros acheteurs du pétrole russe”, une relation commerciale qui joue un rôle clé pour Moscou dans le contexte des sanctions occidentales. Une “humiliation” ? Bien que Narendra Modi ait formulé sa critique “avec la plus grande courtoisie”, selon UnHerd, prenant la précaution d’appeler le président russe “mon ami”, c’est bien un “plaidoyer sans détour” pour la fin de la guerre qu’il lui a adressé, ce qui a “visiblement déstabilisé Vladimir Poutine”.

À lire aussi : Géopolitique. Un Poutine affaibli et dans l’ombre de Xi au sommet de l’OCS au Kirghizistan Ajouter aux favoris Certes, se souvient le média britannique, Modi avait insisté “dès 2022 auprès de Poutine sur le fait que ‘nous ne vivons pas dans une ère propice à la guerre’, réaffirmant l’importance de ‘la démocratie, de la diplomatie et du dialogue’”. Mais cette nouvelle prise de position, en public cette fois, “risque d’être perçue comme une humiliation par le président russe, d’autant plus qu’elle intervient peu après des déclarations similaires d’un autre allié, le président kazakh, Kassym-Jomart Tokaïev”.

Ainsi, “la perte − progressive mais constante − de ses alliés pourrait finir par amener Poutine à se demander si la poursuite de l’annexion du territoire ukrainien en vaut la peine, avance UnHerd. De même, la prise de conscience que les attaques ukrainiennes contre les infrastructures énergétiques russes réduisent la capacité de Moscou à utiliser le pétrole comme moyen de pression sur ses partenaires pourrait également être un facteur déterminant.” Mélanie Chenouard Guerre en Ukraine Europe Russie Asie Narendra Modi Vladimir Poutine Sur le même sujet Article réservé aux abonnésPropagande. Pour la rentrée scolaire en Russie, l’école se transforme en une usine à bons patriotes Écouter l’article Ajouter aux favoris Tensions.

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