PHOTO PAVEL DANILYUK/MAZKO VADIM/PEXELS/CC Depuis le retour au pouvoir de l’administration Trump, le monde universitaire est en pleine crise et de plus en plus de scientifiques américains quittent leur pays pour s’installer là où les conditions de recherche leur semblent meilleures. Dans le Guardian, Daniel Malinsky, professeur à la prestigieuse université Columbia, dénonce des changements qui fragilisent durablement la recherche publique américaine comme le gel de nombreux financements, les difficultés concernant les partenariats internationaux ou encore l’abandon de soutien à des projets comportant des mots-clés jugés problématiques par le pouvoir comme “discriminé”. La situation est telle qu’il se demande si “les États-Unis n’essaient pas de rendre le travail des scientifiques si difficile qu’ils finissent par abandonner”.

Il signale également une privatisation de la recherche. Et sans la certitude d’avoir des financements à long terme, “les jeunes chercheurs sont incités à quitter le secteur scientifique ou à quitter les États-Unis”, écrit-il. À lire aussi : Universités.

Les scientifiques américains trouvent refuge en Europe Ajouter aux favoris C’est justement cette seconde voie qu’a empruntée Sarah Weisberg. Le magazine Nature a rencontré cette biologiste américaine spécialiste de la pêche partie au Danemark. Cinq mois après avoir décroché un emploi dans un bureau de l’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique, “elle figurait parmi les milliers de fonctionnaires fédéraux licenciés sans préavis lors d’une restructuration massive menée par le ‘département américain de l’efficacité gouvernementale’ (Doge)”.

Non seulement la jeune scientifique a pu poursuivre au Danemark des projets entamés aux États-Unis, mais elle a pu aussi diversifier ses recherches et profiter d’une culture de travail différente. Contrairement aux États-Unis, “la vie des employés danois en dehors du travail est primordiale”, “l’accent est mis sur le repos et les pauses, et le congé parental est beaucoup mieux soutenu”, souligne-t-elle. Elle espère d’ailleurs qu’après la fin de son contrat temporaire (un remplacement de congé parental) elle pourra postuler à un poste permanent.

À lire aussi : Immigration. L’Espagne séduit les scientifiques américains Ajouter aux favoris Le phénomène du départ massif des scientifiques installés aux États-Unis n’a pas échappé au South China Morning Post. Le journal de Hong Kong a publié les témoignages de dix universitaires partis poursuivre leur carrière en Chine en 2026, faute de financements ou de perspectives.

Parmi eux se trouve Omar Yaghi, un des Prix Nobel de chimie 2025, qui a quitté l’université de Californie à Berkeley et “a rejoint l’université Tsinghua, en Chine, pour diriger un nouveau centre de recherche axé sur l’intelligence artificielle”. Mais, mis à part cet éminent chimiste, les autres personnalités mises en avant par le journal sont toutes chinoises ou d’origine chinoise. On compte notamment Dai Liang, “lauréat d’une bourse réservée aux jeunes scientifiques les plus brillants des États-Unis et du Canada pour ses travaux de recherche sur les trous noirs, et la neurobiologiste Chih-Ying Su, qui a quitté son poste de vice-présidente de l’université de Californie à San Diego pour rejoindre l’Académie des sciences médicales de Shenzhen”.

Si le site chinois se réjouit de ces arrivées, c’est qu’elles signifient la perte d’attractivité des États-Unis au profit de la Chine, qui y voit une façon supplémentaire d’affirmer sa puissance. Ingrid Therwath Expatriation Chine Asie Amériques Sur le même sujet Éducation. Pourquoi les doctorants s’expatrient Ajouter aux favoris Emploi.

L’Allemagne veut recruter les “meilleurs chercheurs” du monde Ajouter aux favoris Universités. En se fermant aux étudiants étrangers, les États-Unis sont-ils en train de se saboter ? Écouter l’article Ajouter aux favoris États-Unis.

Qui sont les Américains qui quittent (ou veulent quitter) leur pays ? Écouter l’article Ajouter aux favoris Source de l’article Courrier Expat (Paris) Lancé en avril 2016 et destiné aux expatriés français et aux candidats à l’expatriation, Courrier Expat offre des informations puisées dans la presse internationale sur l’environnement professionnel et personnel des Français de l’étranger, sur le même modèle que Courrier international. Ces infos sont organisées en trois rubriques : business, éducation, santé.Courrier Expat explore également de nouvelles frontières, en alliant informations, services et dimension communautaire.

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Comment l’Iran coupe-t-il son réseau Internet ? Ce sont ces questions qui nous ont conduits à proposer cet atlas des communications. Car Internet est une réalité physique.

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