© Alexis_Anice - Iliad Le groupe de Xavier Niel a le terrain, les 700 mégawatts et les 4 milliards. La pièce manquante du dossier dort quelque part dans une pile de parapheurs, et personne ne sait pour combien de temps. Début juin, sous les lambris de Versailles, Masayoshi Son (Softbank) promettait jusqu’à 75 milliards d’euros de data centers IA à la France, poignée de main présidentielle en prime.
Le sommet Choose France 2026 s’est refermé sur 93 milliards d’euros d’annonces. Trois mois plus tard, à l’occasion de ses résultats semestriels, la maison mère de Free rappelle une réalité moins photogénique. Dans le même pays, un opérateur qui a déjà tout financé peut patienter deux ans et demi avant le premier coup de pelle.
Un terrain, 700 mégawatts et 4 milliards : il ne manque que le tampon L’intelligence artificielle occupe une place grandissante dans la stratégie du groupe, qui revendique une croissance de 50 % de son activité cloud et confirme avoir sécurisé deux sites français pour ses futurs centres de calcul. Le principal prendra place sur l’ancienne centrale thermique EDF de Montereau-Vallée-de-la-Seine. Comptez une vingtaine d’hectares, un raccordement électrique pouvant grimper à 700 mégawatts et environ 4 milliards d’euros d’investissement, portés par OpCore, la coentreprise montée avec le fonds InfraVia.
Le foncier et l’électricité sont donc acquis ; les autorisations, elles, relèvent de l’État, et Thomas Reynaud, le directeur général du groupe, ne cache plus son agacement. Prévoyez « deux à deux ans et demi » avant de lancer la construction d’un site de cette taille, même sans le moindre recours déposé. L’intéressé concède au passage que « c’est juste l’application de la loi, elle s’impose à tous », tout en jugeant qu’« on peut regretter » pareille lenteur (l’euphémisme est poli, la lassitude s’entend).
Cette impatience couve depuis des mois. Dès janvier, le dirigeant évoquait des délais pouvant atteindre trois ans, plaidait pour des procédures allégées sur les friches industrielles déjà raccordées et remettait dix-neuf recommandations à l’État. Parmi les points de crispation, l’étude faune-flore dite « quatre saisons », qui peut mobiliser jusqu’à un an à elle seule (un intitulé très Vivaldi, un peu moins compatible avec la feuille de route d’un exploitant de GPU).
Un réseau mobile se déploie sur des années quand un modèle d’IA prend un coup de vieux en quelques mois, et tout le problème du groupe tient dans ce décalage. Autoriser un centre de calcul en deux ans et demi, c’est un peu commander des chaussures pour un enfant en pleine croissance : à la livraison, la pointure ne correspond déjà plus. Pourquoi la France encaisse les milliards et fait patienter les siens À l’aune de ces déclarations, la séquence Choose France a de quoi faire grincer des dents : SoftBank y a signé 45 milliards d’euros d’engagement ferme pour 3,1 gigawatts dans les Hauts-de-France d’ici 2031.
Brookfield a remis 30 milliards au pot, tandis que le fonds émirati MGX et Bpifrance alignaient environ 7,5 milliards pour un deuxième campus de calcul, après celui lancé avec Mistral AI à Fouju, en Seine-et-Marne (le même département que Montereau, le hasard a le sens du détail). À en croire le directeur général de Schneider Electric, le parc français plafonnait autour de 1,5 gigawatt fin 2025 : les chantiers annoncés promettent de le démultiplier. La comparaison internationale n’arrange rien : outre-Atlantique, un centre de données comparable, parfois alimenté par des turbines à gaz, peut décrocher son feu vert en moins d’un an.
Thomas Reynaud glisse d’ailleurs une autre idée dans le débat, celle d’une préférence européenne pour l’attribution des ressources stratégiques, à commencer par ces sites industriels déjà raccordés à de fortes puissances électriques. Ceux-là mêmes que les fonds étrangers s’arrachent depuis un an. À Montereau, un dispositif de raccordement accéléré mis en place par l’État laisse espérer une première mise en service à l’horizon 2027, si les parapheurs suivent la cadence.
Les prochaines annonces tomberont le 13 octobre lors d’ai-PULSE, la conférence annuelle de Scaleway ; Kyutai, le laboratoire de recherche financé par Xavier Niel, y présenterait ses travaux sur les « world models », ces modèles conçus pour mieux représenter le monde réel. Pour vous, l’enjeu dépasse la comptabilité d’Iliad : une IA hébergée en France, avec des données qui ne traversent pas l’Atlantique, dépend aujourd’hui moins du prix des GPU que de la vitesse de circulation des parapheurs. 👉🏻 Suivez l’actualité tech en temps réel : ajoutez 01net à vos sources sur Google, et abonnez-vous à notre canal WhatsApp. Source : Univers Freebox Freeiliad Naïm Bada Sur le même sujet Rachat de SFR : les promesses rassurantes de l’État sur l’emploi commencent déjà à vaciller Arnaque à la carte SIM : 17 000 euros ont été volés à un abonné Free, l’opérateur a été jugé responsable Près de 700 chaînes changent de place chez Free le 25 août : voici où les retrouver Votre réseau mobile va changer d’ici 2030 : Orange, SFR, Free et Bouygues vont devoir se plier à de nouvelles règles Les dernières actualités Free perd patience face à l’administration française, il faut une éternité pour des data centers IA Smartphone « écologique » : l’Europe veut mettre un terme au « greenwashing » des entreprises tech 30 000 km à 240 km/h en moins de 9 jours : la santé de cette batterie BYD affole les compteurs Samsung ouvre Quick Share aux iPhone : la liste des smartphones Galaxy compatibles Shein, Temu, AliExpress : la taxe européenne sur les petits colis fait chuter les importations de 30 à 40 % « Réponse mondiale » d’urgence : OpenAI, Google, Anthropic et plus de 100 entreprises s’inquiètent des cyberattaques IA Hack des impôts et « corruption » : une association dépose plainte et évoque « d’éventuelles complicités » Aperçu de GTA 6 et de son gameplay : voici les 5 choses à retenir Les tests à la une AirPods Pro 3 Google Pixel 9a Google Pixel 10 Google Pixel 10 Pro XL iPhone 17 iPhone 17 Pro iPhone 16e Samsung Galaxy S25 Samsung Galaxy S25 Ultra Samsung Galaxy A56 Samsung Galaxy A26 Samsung Galaxy A17 Starlink Xiaomi Redmi Note 14 4G Xiaomi Redmi Note 14 Pro Xiaomi 15T Pro