La fibre optique ne peut pas raccorder chaque foyer, car son installation coûte trop cher. Des scientifiques de France et d’Afrique du Sud ont expérimenté une autre piste sur un campus à Johannesbourg. Leur signal lumineux a résisté au vent comme à la chaleur sans altération du contenu transmis.

Source : Wits University Les télécoms s’intéressent depuis longtemps à l’acheminement d’informations par voie lumineuse. Cette solution remplace le câblage et peut épargner plusieurs mois de chantier. Depuis la Terre, des scientifiques chinois ont déjà envoyé 120 gigabits par seconde vers un appareil placé en orbite.

Mais les perturbations atmosphériques compliquent la méthode. Température, vent et écarts de pression distordent le signal jusqu’à détériorer les informations transportées. Les systèmes actuels compensent ces distorsions au moment où elles surviennent.

Une opération particulièrement coûteuse. Dans les territoires peu couverts, les professionnels se rabattent donc sur les satellites, tandis que SpaceX ambitionne une desserte planétaire avec la deuxième génération de ses appareils Starlink. Au Witwatersrand, en Afrique du Sud, une équipe de physiciens associée à des collègues bordelais a choisi l’approche inverse.

Son objectif consiste à immuniser la transmission contre les turbulences plutôt qu’à corriger leurs effets ensuite. Les skyrmions optiques protègent les données face aux perturbations atmosphériques Ici, le codage ne dépend ni de la teinte ni de la puissance du rayon. Il repose sur sa topologie.

L’article paru dans Science Advances présente des structures baptisées skyrmions optiques, dont l’identité subsiste après un parcours désordonné. Andrew Forbes dirige le laboratoire de lumière structurée de Wits. Pour expliquer le fonctionnement, il prend l’exemple d’une tasse et d’un beignet.

Même déformés, chacun garde un seul trou. Le test a relié deux édifices du campus de Wits, à Johannesbourg, séparés de 270 mètres à l’extérieur. Trois campagnes de relevés ont eu lieu le matin, à midi et en fin d’après-midi, afin de couvrir différents degrés d’agitation atmosphérique.

À destination, le signal ne ressemblait plus à celui du départ. Malgré cela, les informations demeuraient intactes à plus de 98 %, puis à 86 % sous les conditions les plus difficiles. Aucun dispositif correctif n’a servi avant ou après la transmission. Cade Peters, premier auteur des recherches, insiste sur la transition entre un essai en laboratoire et une communication réelle.

Les applications visées concernent d’abord les transmissions dans l’espace, où installer une liaison filaire demeure impossible. S’ajoutent les échanges entre satellites et la connexion des zones rurales. À ce stade, aucune garantie n’existe encore sur l’efficacité de cette méthode à plusieurs dizaines de kilomètres.