Le FBI démantèle une infrastructure pirate ayant ciblé plusieurs agences US, la Chine accusée Industrialisation massive Illustration : Flock Martin Clavey Le 28 août à 08h28 Les États-Unis ont annoncé avoir démantelé plusieurs plateformes d’un groupe de pirates qu’ils associent à la Chine. Ces outils ont permis au groupe QTFY d’obfusquer ses attaques contre plusieurs agences fédérales états-uniennes comme la NASA, la Réserve fédérale et même des ministères. Une erreur ?

« Parmi les victimes des intrusions informatiques perpétrées par le groupe QTFY figurent l’Agence spatiale américaine (NASA), la Réserve fédérale, le département de l’Énergie, le département de la Justice, le département de la Santé et des Services sociaux, les Instituts nationaux de la santé (NIH) et le Sénat américain », a annoncé tout simplement le département de la Justice (DoJ) des États-Unis dans un communiqué. Celui-ci qualifie sans détour QTFY comme un groupe de pirates financé par l’État chinois et précise même qu’ils sont employés par l’entreprise Nanjing Xinjiuwei Network Technology basée en Chine. Droit Les États-Unis bannissent les nouveaux routeurs fabriqués à l’étranger Droit Mardi 24 mars 2026 à 15h26 24/03/2026 15h26 28 Des attaques remontant jusqu’en 2018 QTFY avait mis en place une infrastructure permettant de découvrir plus facilement des cibles et de se dissimuler derrière un réseau ORB (Operational Relay Box) pour opérer des attaques.

Dans un document [PDF], le FBI et la NSA listent plusieurs activités de QTFY qu’ils ont pu détecter dans cette enquête. Les deux agences remontent jusqu’à mai 2018 avec un audit de vulnérabilité au sein du département américain de l’Énergie et une « tentative infructueuse d’accès au réseau ». Mais d’autres événements semblent plus problématique.

Ainsi, elles recensent l’exploitation d’une vulnérabilité sur le VPN Pulse Secure du département de la Justice, de la Réserve fédérale et de la NASA en aout 2019. Les outils de QTFY ont aussi permis l’utilisation, en septembre 2024, de failles zero-day dans l’Appliance Cloud Services de trois laboratoires du département de l’Énergie, du National Institute of Health (NIH) et de la Health Resources and Services Administration, ainsi que d’ « un fabricant américain de dispositifs de sécurité ». Ce dernier n’est pas nommé, mais Ivanti avait émis des bulletins correspondant aux failles exploitées en ce même mois de septembre 2024.

Et les attaques ont continué jusqu’en 2026 où les outils de QTFY ont été utilisés pour scanner les systèmes des élections des États-Unis, sans succès selon les deux agences. Les autorités états-uniennes ont collaboré sur le sujet avec Black Lotus, le laboratoire de cybersécurité de Lumen Technologies. Celui-ci a publié une longue analyse des outils mis en place par QTFY.

Des outils d’automatisation de la création de réseaux d’appareils piratés Black Lotus explique que QTFY utilisait notamment quatre outils nommés QScan, Fast Labyrinth, QTRouter et QTProxy. Les deux plus importants sont QTrouter et Qscan. Le premier sert de réseau d’obfuscation et permet donc de masquer l’origine d’une attaque.

Black Lotus explique que QTFY a industrialisé la création de réseaux ORB (Operational Relay Box). Les ORB sont semblables à des réseaux de robots (botnets) sauf qu’ils sont décentralisés et ont des couches d’obfuscation plus efficaces. Cette industrialisation, QTFY l’a mise en place en « en exploitant une faille structurelle unique dans les architectures commerciales de contournement d’Internet : l’écosystème réseau chinois « Airport » ».

Selon Black Lotus, ces outils existant seulement en Chine y sont utilisés pour contourner le fameux « Great Firewall ». QTFY les utilise pour avoir une masse de machines de départ importante pour ses réseaux ORB. Le second outil, Qscan, permet automatiquement de rechercher des appareils IoT cibles partout sur Internet, de les analyser, de les infecter et enfin de les ajouter au réseau de QTrouter.

Comme l’explique le document de la FBI et du NSA, « cela permet aux acteurs affiliés à QTFY de se fondre parmi les utilisateurs légitimes lorsqu’ils ciblent des organisations victimes ». Ce document ajoute que le réseau de QTrouter est composé de routeurs utilisant le logiciel OpenWRT modifié et s’authentifiant auprès de serveurs d’administration pointés par les URL « www.qtproxy[.]xyz » et « securelink.qtproxy[.]xyz ». « Les nœuds de QTRouter comprennent des adresses IP de services de proxy commerciaux (notamment un service de proxy appelé Fastlink), des adresses IP d’Alibaba Cloud et des appareils IoT compromis », ajoutent les deux agences de renseignement.

Elles ajoutent que QTFY a développé et maintenu, avec ces outils, au moins trois plateformes de gestion de botnets et d’appareils IoT corrompus. La Chine s’offusque des accusations Interrogée par Reuters, l’ambassade de Chine à Washington a affirmé ne pas être au courant des détails mentionnés dans la déclaration du ministère américain de la Justice et a ajouté que « le gouvernement chinois s’oppose fermement à toutes les formes de cyberattaques et les combat conformément à la loi ». « Les États-Unis se servent des questions de cybersécurité pour “diffamer ou discréditer la Chine” », a-t-elle ajouté.

L’ambassade a affirmé enfin que la Chine « s’oppose à ce que les États-Unis étendent à outrance la notion de sécurité nationale et s’en servent comme prétexte pour imposer des restrictions discriminatoires aux entreprises chinoises, et qu’elle défendra fermement les droits et intérêts légitimes de ces dernières ». L’entreprise chinoise mise en cause par les autorités américaines, Nanjing Xinjiuwei Network Technology, n’a pas répondu aux demandes de l’agence de presse britannique. Cet article est en accès libre, mais il est le produit d'une rédaction qui ne travaille que pour ses lecteurs, sur un média sans pub et sans tracker.

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