Le réseau social version B2B n’échappe pas à la déferlante des contenus générés par IA. Face à l’afflux de posts génériques, LinkedIn a donc dégainé ,fin juillet, un bouton de signalement baptisé « Seems like AI slop ». Le bouton se cache dans le menu à trois points de chaque post ou commentaire.
Contrairement à un signalement classique pour violation des règles, il ne déclenche donc aucune sanction automatique. Il fonctionne plutôt comme un indicateur de qualité perçue : l’utilisateur signale qu’un contenu lui semble « trop IA », vide de substance ou conçu uniquement pour capter l’attention. LinkedIn a d’ailleurs pris soin de définir précisément sa cible.
Le « AI slop » désigne un contenu poli en apparence, mais dépourvu d’expérience, de perspective ou d’insight personnel. Ces posts, souvent produits en masse par des outils génératifs, visent avant tout à « prendre de la place » dans le fil d’actualité plutôt qu’à apporter une réelle valeur professionnelle. Un million de clics, des vues en chute libre Les chiffres parlent d’eux-mêmes.
Selon Hari Srinivasan, chief product officer de LinkedIn, plus d’un million de personnes ont activé le bouton en seulement deux à trois semaines. Cette mobilisation massive a immédiatement produit des effets concrets sur la plateforme. Lire aussi : LinkedIn dégaine son bouton anti "Slop IA" Les contenus classés « AI slop » ont ainsi vu leurs vues chuter d’environ 40% par rapport aux semaines précédentes.
Un signal fort qui montre que les utilisateurs, lassés par la profusion de textes formatés et impersonnels, réclament davantage d’authenticité sur le réseau. Le bouton n’est que la partie visible d’une stratégie plus large. En parallèle, LinkedIn a renforcé ses classifieurs internes afin de détecter automatiquement les publications de faible qualité ou manifestement générées par IA.
Surtout, la plateforme a purement et simplement supprimé sa fonction « Enhance your post », cet assistant d’écriture génératif accusé d’avoir lui-même nourri l’inflation de contenus lissés. Elle l’a remplacée par un outil de relecture plus sobre, censé corriger la forme sans dénaturer la voix de l’auteur. Reste une question pour les entreprises et les professionnels qui investissent le réseau à des fins de « personal branding » ou de prospection : dans un environnement où l’authenticité redevient un critère de visibilité, la course au volume de publications pourrait bien céder la place à une exigence renouvelée de contenu réellement pertinent.