Réseau fixe : ce RIP 100 % public innovant montre qu’un autre modèle est possible Avec Zefil, Toulouse Métropole dispose d’un réseau télécom entièrement public de plus de 1 700 km de fibre optique. Utilisé par les collectivités, les établissements publics et quelque 2 000 entreprises, ce modèle atypique est également rentable. Depuis le début des années 2000, Toulouse Métropole développe sa propre infrastructure télécom.

Aujourd’hui exploitée par la société publique locale Zefil, elle couvre les 37 communes de la métropole et connecte notamment des CHU, écoles, collèges, collectivités et entreprises comme Airbus ou le Cnes. Zefil fonctionne comme un « opérateur d’opérateurs » : elle ne vend pas directement d’abonnements aux particuliers, mais loue son réseau à plus de 40 opérateurs, parmi lesquels Orange, Bouygues Telecom, Free et SFR. Elle propose des débits garantis jusqu’à 10 Gb/s, de la fibre noire et des solutions d’hébergement en datacenter.

Un réseau public qui génère des revenus Le modèle toulousain se distingue aussi par sa rentabilité. Zefil appartient à 74,5 % à Toulouse Métropole, 15,5 % aux communes et 10 % à la ville de Toulouse. La société génère près de 5 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel, avec une marge comprise entre 900 000 et 1 million d’euros.

Une partie de ces revenus est réinvestie chaque année dans le développement du réseau et l’innovation. Les communes peuvent également participer aux décisions grâce à leur représentation au conseil d’administration. Le réseau permet par ailleurs de mutualiser certaines ressources télécoms et informatiques des collectivités, avec à la clé des économies.

Fibre, 4G et 5G privée Zefil ne se limite plus à la fibre. Toulouse a notamment été la première ville française à proposer une couverture 4G complète dans son métro. La métropole expérimente également la 5G privée pour des sites à forte densité ou destinés aux services de secours.

La technologie RTK permet en outre une géolocalisation très précise, de l’ordre du centimètre. Ces infrastructures peuvent servir à développer des usages de ville intelligente : gestion du trafic, feux tricolores, stationnement ou encore vidéoprotection. Avec Zefil, Toulouse montre ainsi qu’une collectivité peut posséder son propre réseau télécom, le mutualiser avec des opérateurs privés et financer son évolution grâce aux revenus générés.

Un modèle qui pourrait intéresser d’autres territoires à la recherche d’une plus grande souveraineté numérique. Source : Zdnet Cet article a été repris sur le site Univers FreeBox Publié le 19/08/2026 à 11h46 par Lucas Musset