Un homme à l’ombre d’une sculpture érigée en bord de mer dans la ville portuaire de Bandar Abbas, dans le sud de l’Iran, le 10 août 2026. PHOTO ATTA KENARE/AFP Après l’expiration de l’accord conclu à la mi-juin entre l’Iran et les États-Unis, Téhéran affirme adopter désormais une “posture offensive” face à son ennemi juré avec lequel il est en guerre depuis fin février. Le délai de soixante jours fixé par le texte signé grâce à la médiation du Pakistan pour permettre aux deux pays de parvenir à un accord définitif a expiré lundi 17 octobre, sans qu’aucune annonce de prolongation n’ait été faite.

Alors que l’Iran et le sultanat d’Oman négocient un accord sur le détroit d’Ormuz, ce dernier reste fermé, aux dires de Téhéran, tandis que Washington prétend au contraire que celui-ci est “ouvert” et “fonctionne”, et maintient un blocus naval contre les ports iraniens. C’est dans ce contexte que Téhéran a annoncé un possible changement de sa stratégie militaire. Lorsque le protocole d’accord d’Islamabad a été signé, “nombreux sont ceux qui ont estimé que c’était un accord voué à l’échec”, observe le quotidien Javan, proche des Gardiens de la révolution, attribuant la responsabilité de cet échec aux États-Unis, qui en ont “violé les clauses une à une”.

Le 17 août, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaeil Baghaei, a affirmé que le délai des soixante jours était rendu “caduc” par les “violations” commises par Washington. À lire aussi : Conflit. Le “plan secret” de l’Iran pour intensifier la guerre au Moyen-Orient Ajouter aux favoris “Toutes les actions que nous avons entreprises jusqu’à présent ont été défensives, mais ces actions devront à l’avenir prendre une forme offensive”, a averti un adjoint au chef des Gardiens de la révolution, Yadollah Javani, cité notamment par le quotidien Hamshahri, organe de la municipalité de Téhéran.

Ce haut responsable a expliqué que cette nouvelle stratégie avait été adoptée après la nomination de nouveaux commandants au sein des forces armées iraniennes, les premières depuis l’accession de Mojtaba Khamenei à la fonction de guide suprême. L’Iran passe en position “pleinement offensive”, déclare même un haut responsable iranien, s’exprimant anonymement, à l’agence Reuters. “Intensifier les tensions” Quels types d’actions “offensives” l’Iran pourrait-il mener ? Le négociateur en chef iranien, le chef du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf, a réaffirmé que le détroit d’Ormuz “ne sera pas ouvert tant que les engagements américains stipulés dans le protocole d’accord […] ne seront pas mis en œuvre”.

Parmi ces conditions, la levée du blocus naval américain, le déblocage des avoirs iraniens gelés, la levée de l’embargo sur le pétrole iranien et l’arrêt des opérations militaires “sur tous les fronts”. Selon le même responsable cité par Reuters, dont les propos ont été relayés notamment par le site de la chaîne d’opposition Iran International, Téhéran aurait accordé “quelques semaines” aux États-Unis pour remplir leurs engagements, sous peine d’“intensifier les tensions dans le détroit d’Ormuz et dans toute la région si la diplomatie échouait”. Détroit d’Ormuz dont Donald Trump a estimé que le déclarer “territoire américain” serait une “très bonne idée”.

À lire aussi : Guerre en Iran. En pleine impasse avec Téhéran, Trump menace de bombarder Oman Ajouter aux favoris “La guerre doit se terminer de manière à empêcher tout nouveau conflit”, a affirmé un responsable politique proche de l’équipe de négociation iranienne, dont les propos sont relayés par Khabar Online. Par ailleurs, un haut commandant militaire iranien a annoncé cette semaine une récompense de 30 000 dollars [environ 26 000 euros] pour la mort ou la capture de “tout soldat américain agresseur”.

Les “bellicistes” sont “dangereux” pour l’Iran Mais la presse modérée et réformiste est favorable à la poursuite des négociations. Face à la crise économique généralisée et à l’inflation galopante dont souffre l’Iran en raison du blocus naval et des sanctions américaines, Téhéran doit prendre la “décision cruciale et difficile” d’un “changement de cap de la politique étrangère” et revenir au mémorandum d’entente avec les États-Unis, écrit le quotidien Shargh. Une option qui “s’appuie sur la réalité, et non sur des croyances illusoires”, et qui pourrait aboutir à un “équilibre entre sécurité et développement, indépendance et coopération” avec l’Occident, explique le journal. “Les bellicistes et ceux qui estiment que la poursuite du conflit est souhaitable doivent être écartés de la prise de décision, car la présence de tels individus dans des centres de décision importants est dangereuse pour le pays”, peut-on même lire dans un article d’opinion publié par le journal modéré Jomhouri Eslami.

Chahrouz Karimi Moyen-Orient Tensions Iran-États-Unis Détroit d’Ormuz Sanctions contre l'Iran Sur le même sujet Géopolitique. Détroit d’Ormuz : L’Iran maintient son blocage jusqu’à ce que Washington “corrige son comportement” Écouter l’article Ajouter aux favoris Article réservé aux abonnésIran. Les nominations actées par Mojtaba Khamenei renforcent l’emprise des Gardiens de la révolution Écouter l’article Ajouter aux favoris Article réservé aux abonnésÉnergie.

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