Rachat de SFR : plus de 5 000 salariés sans repreneur, et l'État dit que ça ne le regarde pas Par Nassim Chentouf Publié le 16/08/26 à 10h15 Nos réseaux : Suivez-nous Ajoutez nous à vos favoris Google Commenter 3 © Shutterstock Commençons au moins par une bonne nouvelle : les services techniques et la relation client garderont leurs emplois. Mais ce n'est pas le cas pour les autres salariés. Le 8 juillet dernier, des discussions ont débuté dans un hôtel discret du XVIe arrondissement de Paris au nom évocateur de "Renaissance".

Libération nous apprend qu'il y a déjà eu trois réunions avec comme sujet le nombre de salariés repris et leurs conditions d'accueil.La vente de SFR prépare un drame socialeUn mois avant, le 6 juin 2026 plus exactement, Bouygues Telecom, Free et Orange ont signé un protocole d'accord avec Altice France pour 20,35 milliards d'euros. Pour la répartition du prix, Bouygues Telecom, Orange et Free paieraient respectivement 42 %, 27 % et 31 % du prix.Quant aux différentes structures reprises, Free récupère RED by SFR, Bouygues Telecom a le droit à SFR Business et à ses équipes de service client. Orange reprend les marques mobiles Coriolis, Syma Mobile et Réglo Mobile.

Chez Bouygues Telecom, les 2 300 salariés de SFR Business rejoindront 1 200 autres qui font le même métier.Sébastien Crozier, président de la CFE-CGC Orange, résume le climat d'accueil dans les colonnes de Libération. "Nous avons une direction qui nous dit sans cesse que nous sommes trop nombreux, qu'il faut des synergies." À lire également : 200 000 abonnés SFR claquent la porte de l'opérateur avant sa vente, la fuite des clients commence déjà Le deuxième problème, ce sont les boutiques. On trouve 293 magasins, mais seulement 120 sont repris, 40 par opérateur.

Les 173 autres boutiques emploient environ 1 000 personnes, et nul ne sait ce qu'elles deviendront suite au rachat de SFR. Mais ce n'est pas tout, puisque 240 autres boutiques SFR en plus des 293 tournent en franchise et sont gérées par des indépendants. Si elles ferment, 1 500 emplois risquent de disparaître.Olivier Roussat, directeur général de Bouygues Telecom, a expliqué la logique chez BFM Business : "Vous avez des boutiques qui sont parfois les unes à côté des autres, et vous avez pour un certain nombre de contrats de boutiques la nécessité de garantir qu'il n'y a pas de boutique de la même marque dans un rayon de 500 à 600 mètres.

Donc si vous vous trouvez avec une boutique juste à côté, c'est pas possible."L'État ne veut pas se mêler de ce dossierLes employés de SFR ont un répit, mais il sera de courte durée, puisque Orange, Bouygues Telecom et Free ne toucheront à aucun emploi jusqu'au début de l'année 2029. Donc, leur poste est assuré pendant un peu plus de deux ans, pas plus, et ce n'est que pour la période de transition.L'Autorité de la concurrence prendra environ 18 mois pour instruire le dossier, puis au second semestre 2027, la vente serait effective. La migration des 25 millions de clients SFR vers les trois réseaux demandera ensuite du temps.

En 2029, les suppressions de postes pourraient tomber. À lire également : Vente de SFR : combien va rapporter l'opération à Patrick Drahi, le dirigeant de l'opérateur ? Et l'État se lave totalement les mains dans ce dossier.

"Nous avons sollicité le ministère du Travail et celui de l'Economie. L'un comme l'autre nous ont indiqué qu'il ne s'agit pas de leur périmètre d'intervention." regrette Olivier Louise. La solution pour les salariés inquiets ? ”Ils disposent en tout et pour tout d'une plateforme téléphonique, ce n'est pas à la hauteur de leurs attentes.” explique Olivier Louise.Une enquête interne de janvier 2026 montrait que 81 % des salariés de SFR craignent de perdre leur emploi.

La CFDT redoute jusqu'à 7 000 ou 8 000 suppressions de postes si l'on ajoute les boutiques et les filiales techniques.Le régulateur des télécoms, l'Arcep, pourra aussi faire ses recommandations pour le maintien de l'emploi. Mais ce ne sont que des recommandations et rien n'oblige les repreneurs à les prendre au sérieux.Toutefois, il est possible que Bouygues Telecom, Orange et Free ouvrent grand leurs oreilles puisque l'autorité gère le renouvellement des licences mobiles dont aucun opérateur ne peut se passer. L'Arcep sera donc une pression indirecte en faveur des salariés de SFR.

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