Il aura fallu 4 ans à une victime de SIM swap et à sa famille ayant hérité du dossier après son décès pour faire plier Free Mobile et BNP Paribas. Les deux entreprises ont d’abord tenté de faire valoir la culpabilité de cette dernière, avant de se rejeter mutuellement la faute. Crédits : 123RF Cela fait des années que les arnaques SIM swap font des ravages et pourtant, c’est toujours un véritable parcours du combattant d’obtenir réparation.

Et ce n’est pas la famille de la victime du jour qui dira le contraire. Tout commence le 5 décembre 2022, lorsqu’une octogénaire découvre par mail que son abonnement téléphonique chez SFR a été résilié. Son numéro est désormais alloué à un autre compte, chez Free Mobile.

La suite, vous la connaissez déjà. Elle porte immédiatement plainte pour usurpation d’identité et tente de faire entendre raison aux deux opérateurs. Mais il est déjà trop tard.

Entre le 7 et 13 décembre, plusieurs virements frauduleux sont effectués depuis son compte en banque, chez la BNP Paribas, dont l’arnaqueur a pu obtenir l’accès en récupérant sa clé de sécurité à l’aide du numéro de téléphone de la victime. Au total, le préjudice s’élève à près de 17 000 euros. Sur le même sujet — Arnaques Sim Swap : déjà frappé par la crise, il se fait vider son compte en banque La justice fait plier Free et BNP Paribas pour rembourser une victime de SIM Swap Démarre alors une longue bataille judiciaire.

L’octogénaire porte plainte une seconde fois, exigeant un remboursement à BNP Paribas, et enfin, l’affaire finit au tribunal, où chacun se dédouane en essayant de refourguer la patate chaude à son voisin. SFR assure n’avoir rien pu faire, car le numéro RIO, nécessaire pour transférer une ligne, a bien été fourni par l’arnaqueur. Même défense du côté de Free Mobile.

BNP Paribas estime de son côté qu’il ne pouvait se rendre compte de rien, puisque la clé d’authentification avait elle aussi été fournie. Alors à qui la faute ? Le tribunal de Paris a finalement tranché en faveur de la victime.

Ce dernier a jugé qu’il était impossible de prouver que la victime avait fourni ses identifiants, la rendant donc innocente. Quant à Free Mobile, la justice a déclaré qu’il était de son devoir de vérifier l’identité de la personne demandant un partage de ligne. Les deux entreprises se partageront à part égale le remboursement.

La somme sera versée à la famille de la victime, celle-ci étant malheureusement décédée au cours de l’affaire. Source : Le Monde