Aux États-Unis, l’Iran soupçonné d’être à l’origine de cyberattaques contre les réseaux d’eau potables Par Mayeul Aldebert Publié le 06/08/2026 à 20h06 Suivre Ajouter Le Figaro à vos sources préférées Sujets Trump Etats-Unis Écouter l’article 4 min 9 s Écoute en cours Nouvelle fonctionnalité ! Nouveau ! Écoutez vos articles avec des voix plus naturelles et un lecteur audio amélioré Kash Patel, le directeur du FBI.
ANNA MONEYMAKER / Getty Images via AFP Des attaques numériques se sont multipliées ces derniers jours et concerneraient désormais les infrastructures informatiques de douze États américains. Passer la publicité Passer la publicité Publicité Les réseaux d’eau potable américains, contrôlés par des systèmes informatiques, sont la cible depuis plusieurs jours d’une vaste campagne de cyberattaques. La dernière en date a visé le dispositif de surveillance de châteaux d’eau dans le Minnesota.
Le FBI a émis une alerte nationale la semaine dernière signalant des incidents dans sept états. Selon ABC News, c’est maintenant douze états qui seraient désormais concernés par ce type d’atteintes, dirigées contre les réseaux d’eau. Plusieurs médias ont révélé que les enquêteurs de la police fédérale, missionnés pour résoudre ces énigmes, soupçonnent très fortement Téhéran.
À découvrir PODCAST - Écoutez le club Le Figaro International Interrogé sur cette large offensive numérique, Donald Trump a balayé la semaine dernière cette hypothèse et a préféré s’en prendre aux autorités démocrates du Minnesota, accusées d’être «grossièrement incompétentes». Téhéran «a de plus gros problèmes que de s’inquiéter du Minnesota», assure le président américain qui cherche toujours à conclure un accord avec la République islamique pour la réouverture du Détroit d’Ormuz. Passer la publicité Publicité «Trump sait exactement qui est responsable de cette attaque et sait que d’autres États ont également été touchés», a rétorqué le gouverneur démocrate Tim Walz.
Quelques jours avant les incidents, l’Agence américaine de cybersécurité et de sécurité des infrastructures (CISA) avait d’ailleurs publié une mise en garde, qui prévenait que des organisations de cybercriminels affiliées à l’Iran préparaient des attaques informatiques dans le pays. Menace iranienne Washington accuse depuis longtemps l’Iran de cibler des infrastructures sur son sol, en particulier au niveau local, quand elles ne dépendent pas des autorités fédérales. La CISA relevait dès 2017 que des pirates iraniens orchestraient des cyberattaques contre des écoles, des hôpitaux ou des banques locales, parfois même sans avoir le feu vert du régime iranien.
En 2023, des réseaux d’eau potable en Pennsylvanie avaient été attaqués par le groupe de cybercriminels CyberAv3ngers, accusé par les États-Unis d’être liés aux Gardiens de la révolution. Depuis le début de la guerre contre l’Iran, le 28 février dernier, ces attaques se sont accélérées. En mars, c’est l’entreprise américaine Stryker qui a été visée.
Basée dans le Michigan, cette entreprise qui vend des équipements médicaux a déclaré avoir subi une «perturbation mondiale» de ses réseaux informatiques. Au cours de cette attaque numérique, le logo du collectif de pirates numériques, Handala, est apparu sur les interfaces de connexion de la plateforme de l’entreprise. Ce groupe de hackers propalestinien est soutenu par l’Iran.
Il a revendiqué de nombreuses attaques, contre des entreprises israéliennes notamment, dans le Golfe ces derniers mois. Il a revendiqué l’attaque contre Stryker en précisant qu’elle était une riposte à la frappe qui a touché une école primaire au sud de l’Iran au début de la guerre. Selon l’Iran, cette frappe a tué 160 enfants.
Le Pentagone a dit enquêter sur ce tir mais n’a toujours pas publié ses conclusions. Cyberattaques sans gravité Hormis l’attaque contre cette société américaine dans le Michigan, les activités des hackers pro iraniens n’ont pas eu de graves conséquences aux États-Unis jusqu’ici. Un autre groupe de cybercriminels avait diffusé en mars des e-mails et des images volés sur un vieux compte mail de Kash Patel, le directeur du FBI.
Passer la publicité Publicité Rien de sensible n’avait été dévoilé, les e-mails en question datant tous de plusieurs années, bien avant l’entrée en fonction du patron de la police fédérale. L’opération avait été plus embarrassante qu’inquiétante et le FBI avait promis une récompense de 10 millions de dollars pour retrouver les pirates responsables de ce vol de données. Les autorités américaines sont plus attentives en revanche aux tentatives d’ingérence des pirates informatiques dans les élections américaines.
En septembre 2024, en pleine campagne présidentielle entre Donald Trump et Kamala Harris, le FBI avait averti que des hackers mandatés par l’Iran ciblaient des responsables de campagne et des journalistes pour tenter d’influencer le scrutin. Téhéran veut «semer la discorde et éroder la confiance dans le processus électoral américain», prévenait l’agence fédérale. Des Iraniens liés aux Gardiens de la révolution ont même été inculpés par le ministère de la justice, accusés d’avoir essayé de pirater les données personnelles de cadres des équipes de Trump.
Lors de l’élection présidentielle de 2020 déjà, la justice américaine avait inculpé deux Iraniens accusés du même méfait.