Notes / Observatoire géopolitique de l’Indo-Pacifique 5 août 2026 Après Antibes, l’Indo-Pacifique : le prochain chantier franco-italien Après Antibes, l’Indo-Pacifique : le prochain chantier franco-italien Citer Partager Imprimeren PDF Ajouter aux favoris Paco Milhiet Docteur en géographie politique et auteur du livre « Géopolitique de l’Indo-Pacifique : Enjeux internationaux, perspec tives françaises » (Éditions Le Cavalier Bleu) Emanuele Ballestracci Chercheur associé au Torino World Affairs Institute (T.wai) et consultant indépendant Le 25 juin 2026, Emmanuel Macron et Giorgia Meloni se sont retrouvés à Antibes, sur la côte méditerranéenne, à l’occasion du 36e sommet franco-italien. Organisée dans le cadre du traité du Quirinal, signé en 2021 pour approfondir la coopération bilatérale, cette réunion intergouvernementale a mobilisé les principaux ministères des deux pays. Le sommet a débouché sur plusieurs résultats concrets : une nouvelle feuille de route de défense pour la période 2026-2031, des avancées en matière de défense aérienne, de nucléaire civil et de coopération spatiale, ainsi qu’une coordination renforcée sur l’immigration, les enjeux méditerranéens et la lutte contre la criminalité organisée.

Dans un contexte géopolitique marqué par la guerre en Ukraine, les tensions au Moyen-Orient et une politique étrangère américaine incertaine, Paris et Rome ont voulu démontrer la solidité retrouvée de leur relation. Un dossier manquait pourtant à l’appel : l’Indo-Pacifique. Cette omission interroge, à l’heure où la région est devenue le principal centre de gravité de l’économie mondiale et l’un des foyers majeurs de la compétition stratégique internationale.

La temporalité du sommet s’y prêtait pourtant : la France a actualisé sa doctrine en 2025 ; l’Italie y accroît sa présence diplomatique et navale ; l’Union européenne tente, depuis 2021, d’y donner davantage de cohérence à son action. Faut-il y voir une simple hiérarchie des urgences ? Sans doute.

Les enjeux transfrontaliers, méditerranéens et transatlantiques mobilisent naturellement l’essentiel de l’agenda politique bilatéral. Mais cette explication ne suffit pas. De nombreux sujets transverses affectent largement les deux régions : sécurité des routes maritimes, accès aux technologies critiques, résilience des chaînes d’approvisionnement, transition énergétique et rivalités normatives relient plus que jamais les deux espaces.

Une coopération franco-italienne dans l’Indo-Pacifique ne se substituerait ni aux stratégies nationales ni à celle de l’Union. Elle pourrait en revanche servir de lien entre ces différents échelons. La France apporte une présence souveraine, diplomatique et militaire ; l’Italie, une puissance industrielle et navale avec une volonté affichée de lier la Méditerranée à l’océan Indien.

Ces différences ne sont pas un obstacle, elles sont le point de départ d’un partenariat utile. Asie