Pressions américaines, réformes économiques, envolée des « mipymes » Le 13 juillet, le département d’État américain a placé sous sanctions dix nouvelles sociétés et entités gouvernementales cubaines, dont le ministère du tourisme. Washington poursuit sa stratégie d’étranglement économique de l’île. Acculées, les autorités de La Havane tentent d’éviter l’effondrement.
Leur pari ? Libéralisation tous azimuts et soutien à l’essor d’une bourgeoisie entrepreneuriale. Dans une Havane éreintée, une maison turquoise refaite à neuf détonne au milieu du quartier du Vedado.
Deux arbres fruitiers ombragent son patio. Une balançoire égaye la pelouse artificielle. Les vitres teintées de la façade assurent une certaine intimité.
Assise dans un fauteuil roulant, une dame très âgée parle seule face à la porte d’entrée. Elle est l’une des clientes de TaTamanía, première maison de retraite privée ayant ouvert ses portes à Cuba, au printemps 2026. Jusque-là, la révolution interdisait ces établissements.
Mais, depuis quelques années, les structures d’accueil publiques se trouvent dans une situation critique par manque de ressources. Mme Yadira Álvarez, ancienne pédiatre, et son mari informaticien ont créé cette mipyme. L’acronyme désigne les petites ou moyennes entreprises dont l’État a autorisé la création en 2021 et qui, depuis, ont fleuri par milliers. Après la pandémie de Covid-19, La Havane a choisi de libéraliser l’économie dans l’espoir d’éviter son effondrement sous les effets conjugués de l’embargo américain imposé depuis 1962, de la politique de « pression maximale » menée par M. Donald Trump lors de son premier mandat — avec ses 243 mesures coercitives prises contre l’île —, de la crise sanitaire et d’une réforme monétaire qui a fait exploser l’inflation.
Ce premier tournant intervient alors que le plus grand mouvement de contestation du gouvernement jamais observé depuis 1959 ébranle un pouvoir qui réprime durement les manifestants. Depuis le retour en 2025 du président républicain à la Maison Blanche, Washington a plus que jamais La Havane dans sa ligne de mire. M. Trump a promis à plusieurs reprises de « prendre » l’île. Le 29 janvier 2026, trois semaines après avoir exigé — et obtenu — des autorités vénézuéliennes maintenues après l’enlèvement du président Nicolás Maduro qu’elles cessent toute livraison de pétrole à Cuba, il déclare que le pays constitue une « menace inhabituelle et (…) En cliquant sur « S’inscrire », je reconnais avoir pris connaissance de la politique de confidentialité du Monde diplomatique et des droits dont je dispose sur mes données personnelles.