Après les semi-conducteurs, l’intelligence artificielle et la 5G, les États-Unis et la Chine se préparent à une nouvelle bataille technologique autour de la 6G. Washington lance une alliance de 24 pays pour tenter de peser sur les futurs standards des réseaux mobiles et contrer l’influence chinoise dans les télécommunications.On a désormais l’habitude de voir les États-Unis et la Chine s’affronter sur les fronts économique et technologique. Droits de douane, restrictions sur les exportations de puces électroniques, bataille pour la maîtrise des semi-conducteurs ou encore, plus récemment, tensions autour des robots humanoïdes: Pékin et Washington se livrent une guerre commerciale et technologique sans précédent.
Mais un autre terrain de confrontation est en train de s’imposer entre les deux puissances… celui des réseaux mobiles.La course au déploiement de la 5G avait déjà placé les États-Unis et la Chine au cœur d’un affrontement technologique majeur. La prochaine génération de réseaux mobiles, la 6G, encore en phase de recherche et dont le déploiement commercial n’est pas attendu avant 2030, devrait prolonger cette rivalité. Au nom de la sécurité nationale, Washington et plusieurs de ses alliés ont mené une vaste campagne pour exclure Huawei et d’autres équipementiers chinois de leurs infrastructures 5G.Des restrictions ont ainsi été mises en place dans l’Union européenne, mais aussi au Japon, en Inde ou encore en Australie.
Toutefois, cette stratégie n’a pas été suivie partout… la majorité des pays d’Amérique latine, du Moyen-Orient, d’Afrique et d’Asie du Sud-Est ont continué à collaborer avec des entreprises chinoises. À l’échelle mondiale, hors Amérique du Nord, Huawei représenterait environ 40% du marché des équipements télécoms, tandis que ZTE en détiendrait près de 14%.Une alliance de 24 pays contre la ChineAlors que personne ne sait encore précisément à quoi ressemblera la 6G, les États-Unis préparent déjà le terrain pour tenter d’en prendre le leadership. L’administration Trump a dévoilé fin juillet un partenariat réunissant 24 pays, dont la France, l’Australie, l’Allemagne, le Japon et le Royaume-Uni, afin de coordonner les stratégies autour de la future génération de réseaux mobiles.
Cette initiative vise à faire contrepoids aux ambitions chinoises dans les télécommunications et à l’influence mondiale de ses équipementiers, souligne Politico.Les autorités américaines estiment qu’une coopération renforcée avec leurs alliés sera essentielle pour peser sur l’élaboration des normes techniques internationales, alors que la prochaine Conférence mondiale des radiocommunications, prévue l’année prochaine à Shanghai, doit permettre aux pays participants de négocier des décisions clés qui façonneront l’avenir des réseaux sans fil."Les États-Unis cherchent à bâtir un écosystème alternatif sur quatre fronts (technologie, normes, industrie et géopolitique) afin de réduire le rôle de la Chine", détaille Shan Guangcun, professeur à l’Université de l’Académie chinoise des sciences, dont les recherches portent sur l’IA, la robotique et les capteurs intelligents, au South China Morning Post."Son objectif principal est d’exercer une plus grande influence sur l’élaboration des normes 6G et de façonner les règles de la course technologique de nouvelle génération, après avoir estimé être en position de faiblesse durant l’ère de la 5G", ajoute le chercheur. D’autant que Pékin entend bien jouer un rôle central dans cette nouvelle bataille technologique.Dans son dernier plan quinquennal, la Chine a ainsi identifié la 6G comme l’une des six technologies d’avenir prioritaires. Le pays occupe déjà une position dominante dans la course aux brevets: près de 40% des demandes mondiales liées à la 6G à la fin de l’année dernière provenaient d’acteurs chinois, plaçant Pékin en tête du classement mondial, devant les États-Unis, qui représentent environ 35% des demandes.Le succès de cette alliance américaine dépendra donc moins de son annonce politique que de sa capacité à transformer ses engagements en actions concrètes.
Les pays partenaires devront notamment s’accorder sur la gestion des fréquences, les politiques industrielles, les investissements en recherche et développement ainsi que la coopération avec les acteurs privés du secteur. En d'autres termes, la guerre des télécoms est donc loin d’être finie.Les plus lusSpaceX n'avait jamais réussi à récupérer cette partie de Starship: le groupe d'Elon Musk remet la main sur l'étage supérieur de sa méga fusée, échoué depuis trois jours dans l'océan IndienL’Iran serait à l’origine d’une cyberattaque contre des réseaux d’alimentation en eau dans l'État américain du MinnesotaIls sont accusés de menacer "la sécurité et la sûreté des citoyens américains": les États-Unis interdisent l’importation de robots humanoïdes fabriqués à l’étranger (et notamment en Chine)Sous la pression de Washington, l'Union européenne retarde la diffusion de ses images satellites autour du détroit d'OrmuzLa mission de sauvetage d'un télescope de la Nasa tourne au cauchemar: le robot chargé de le sauver est lui-même hors de contrôle