Moyen-Orient : vers une extension régionale du conflit SOURCE : ISW AND AEI’S CRITICAL THREATS PROJECT Non seulement la guerre entre les États-Unis et l’Iran a repris de plus belle cette semaine après quelques jours d’accalmie, mais son extension à de nouveaux acteurs et pays de la région fait basculer le Moyen-Orient en “territoire inconnu”, écrit le quotidien britannique The Guardian. Après une attaque surprise de missiles iraniens contre des bases américaines en Jordanie, particulièrement visées depuis le début du mois de juillet, Washington a riposté cette nuit en frappant des “dizaines de cibles” des Gardiens de la révolution sur le territoire iranien. Téhéran a répliqué jeudi en visant des avions américains sur la base aérienne d’Al-Azraq.

À lire aussi : Pourquoi la Jordanie est-elle une cible de choix pour l’Iran ? Ajouter aux favoris Mais la participation de l’Arabie saoudite aux frappes menées conjointement avec les États-Unis contre les milices pro-Iran en Irak et le ciblage de deux navires dans le port de Damiette, en Égypte, marquent une nouvelle “escalade”, souligne The New York Times. Riyad défend une riposte “nécessaire”, mais veut éviter l’escalade En représailles aux nombreuses attaques de drones lancées cette semaine depuis l’Irak voisin contre des installations pétrolières saoudiennes, Riyad s’est publiquement joint aux forces américaines pour frapper le Hachd Al-Chaabi, l’alliance paramilitaire – aujourd’hui intégrée à l’État irakien – qui regroupe de nombreuses factions chiites armées proches de Téhéran.

Les frappes menées dans la nuit de mardi à mercredi contre plusieurs de ses bases dans sept provinces irakiennes ont fait au moins 20 morts, dont des conseillers militaires des Gardiens de la révolution, et une trentaine de blessés. Une évolution qui rompt avec la “stratégie de dissuasion discrète” du royaume, analyse le quotidien libanais L’Orient-Le Jour. “La dissuasion saoudienne : l’agression a un prix”, titre le quotidien saoudien “Okaz”, dans son édition du 30 juillet 2026. OKAZ La riposte saoudienne “était nécessaire et légitime, car elle répond à des actes d’agression injustifiés et envoie également le message que l’Arabie saoudite frappera les agresseurs où qu’ils soient”, écrit le quotidien saoudien Okaz, soulignant que le royaume est également la cible des rebelles houthistes du Yémen.

Pour autant, nuance le journal local Al-Watan, “le royaume ne cherche pas l’escalade”. L’Irak n’a pas réussi à “s’extirper du conflit” Selon Donald Trump, ces frappes ont été “coordonnées” avec le gouvernement irakien. Bagdad les a pourtant dénoncées comme une “violation flagrante de sa souveraineté”, tout en s’engageant à “empêcher toute entité d’utiliser le territoire irakien pour menacer les États voisins”.

Le gouvernement irakien est plus que jamais confronté à un délicat exercice d’équilibriste entre Washington et Téhéran, partagé entre la nécessité d’“affirmer sa souveraineté” et celle d’éviter d’“aggraver les tensions internes ou d’entraîner l’Irak dans des conflits régionaux”, résume un journaliste irakien au site libanais Daraj. L’Irak “n’a pas réussi à s’extirper du conflit qui fait rage dans le Golfe entre les États-Unis et l’Iran, ni à protéger son territoire des guerres étrangères”, constate le quotidien irakien Al-Sabah. L’opération américano-saoudienne contre les milices pro-Téhéran montre que “l’incapacité de Bagdad à empêcher des tirs depuis son territoire a un coût, celui de relations dégradées avec le Golfe et d’un conflit que le pays n’a pas choisi”, renchérit L’Orient-Le Jour.

Ces frappes ont conduit à l’annulation de la visite en Arabie saoudite, prévue mercredi, du Premier ministre irakien, Ali Al-Zaïdi. Arrivé au pouvoir en mai avec l’aval de Washington, il s’était rendu plus tôt dans le mois aux États-Unis avant une visite à Téhéran. À lire aussi : Moyen-Orient. “Un tournant” : l’Irak s’aligne sur les États-Unis et sanctionne le Hezbollah Ajouter aux favoris “Les milices [chiites] après le raid saoudo-américain : le monopole des armes aux mains de l’État, c’est terminé !” titre le quotidien irakien “Al-Mada” dans son édition du 30 juillet 2026.

AL-MADA La Résistance islamique en Irak, une coalition armée pro-Iran dont certaines factions appartiennent au Hachd Al-Chaabi, a démenti toute responsabilité dans les attaques de drones visant l’Arabie saoudite, tout en promettant une riposte. Dans ce contexte, le désarmement des milices promis par le nouveau Premier ministre – qui a fixé la date butoir du 30 septembre – est “mis à l’épreuve”, estime le site irakien Al-Alam Al-Jadid. Le monopole des armes aux mains de l’État, “c’est terminé”, craint même le quotidien local Al-Mada.

Attaque de drone sur un port égyptien En Égypte, une frappe de drone a provoqué mercredi l’incendie d’un navire américain de stockage et de regazéification ainsi que d’un méthanier dans le port de Damiette, dans le delta du Nil, à proximité de l’entrée du canal de Suez. Il s’agit de la première attaque de ce type contre le pays depuis le début de la guerre. L’attaque n’a pas été revendiquée.

Mais selon des sources iraniennes citées par le New York Times dans un autre article, elle pourrait viser à “démontrer que le transport maritime et l’approvisionnement énergétique mondiaux pourraient être gravement perturbés en cas d’escalade en Iran”. Jeudi, les houthistes ont officiellement rejeté toute responsabilité. À lire aussi : Moyen-Orient.

En mer Rouge, un front de soutien à l’Iran piloté par les houthistes Ajouter aux favoris D’une certaine manière, l’attaque de drone à Damiette “met en lumière un paradoxe croissant”, analyse The Wall Street Journal. “Plus la région dépend des voies de contournement” du détroit d’Ormuz, notamment vers la mer Rouge, “pour assurer l’approvisionnement énergétique, plus le conflit crée de points de pression potentiels qu’un Iran de plus en plus audacieux peut exploiter”. À cela s’ajoutent deux attaques iraniennes au Koweït ce jeudi : l’une sur un bâtiment d’une entreprise chinoise, qui a fait une victime, une autre contre la base américaine Ali-Al-Salem. Julien Abiramia Tensions Iran-États-Unis Guerre en Iran Arabie saoudite Égypte Sur le même sujet Article réservé aux abonnésTémoignages.

Dans le sud de l’Iran, un été chamboulé par le retour de la guerre Écouter l’article Ajouter aux favoris Article réservé aux abonnésVu du Liban. Nucléaire civil saoudien : le cadeau sous conditions de Donald Trump Écouter l’article Ajouter aux favoris Conflits. Frappe ukrainienne sur un navire iranien : les deux guerres sont “de plus en plus imbriquées” Écouter l’article Ajouter aux favoris Guerre en Iran.

Les Émirats arabes unis cherchent l’apaisement avec l’Iran, “entre pragmatisme et realpolitik” Écouter l’article Ajouter aux favoris Nos services HORS-SÉRIE Où se trouve le cloud ? Combien de câbles de communication traversent l’Atlantique ? Comment l’Iran coupe-t-il son réseau Internet ?

Ce sont ces questions qui nous ont conduits à proposer cet atlas des communications. Car Internet est une réalité physique. Je découvre → The Wall Street Journal Recevez un an d’abonnement numérique offert.

Je reçois mon abonnement → Sooner Remportez 3 mois d’abonnement offert à Sooner, et visionnez le film « My Sunshine » de Hiroshi Okuyama. Je reçois mon code de streaming → Éditions Grand Angle Tentez de remporter la BD « Mudlarks - Charles Dickens, apprenti écrivain » de Philippe Charlot & Manu Cassier, proposé par les éditions Grand Angle. Je reçois ma bande dessinée →