Dan Caine, le chef d’état-major interarmées, aurait mis en garde Donald Trump quant au risque d’amenuiser les réserves d’intercepteurs de missiles des États-Unis. Il était auditionné le 21 juillet 2026 au Congrès de Washington. PHOTO FINN GOMEZ/Getty Images/AFP Alors qu’il semblait enclin à ordonner une grande attaque sur l’Iran, la semaine dernière, Donald Trump a finalement renoncé à l’escalade, pour l’instant du moins, “s’inquiétant en particulier qu’un durcissement de la guerre ne vide dangereusement le stock déjà entamé d’intercepteurs antimissiles Patriot et d’autres munitions antiaériennes au Moyen-Orient”, a rapporté The New York Times le 25 juillet.

Les États-Unis ont au contraire interrompu leurs bombardements depuis samedi, après 13 jours d’hostilités continues. Téhéran a fait de même. À lire aussi : Vu du Liban.

Nucléaire civil saoudien : le cadeau sous conditions de Donald Trump Ajouter aux favoris Si d’autres considérations ont joué, les délibérations durant la réunion resserrée de vendredi 24 juillet se sont concentrées sur cette question des munitions défensives, selon des sources anonymes du journal. Dan Caine, chef d’état-major interarmées, aurait mis en garde à ce sujet. “Une attaque de grande ampleur aurait certainement provoqué des représailles plus importantes de l’Iran, ce qui aurait accru la pression sur les défenses antiaériennes des États-Unis”, explique le quotidien. Un danger pour la dissuasion The Wall Street Journal a confirmé ces informations, même si le président Trump a nié toute inquiétude quant aux réserves de munitions, affirmant dans une déclaration transmise au quotidien : “nous avons bien plus de munitions que qui que ce soit dans le monde et bien plus que nous n’en avons besoin”.

La menace que représentent les missiles iraniens a pourtant été illustrée par les tirs qui ont atteint récemment une base militaire de Washington en Jordanie, tuant trois soldats des États-Unis, rappelle le Wall Street Journal. À lire aussi : Pourquoi la Jordanie est-elle une cible de choix pour l’Iran ? Ajouter aux favoris Des spécialistes du think tank CSIS (Center for Strategic and International Studies), interrogés par le quotidien des affaires, estiment que 1 500 intercepteurs Patriot ont été utilisés depuis le début de la guerre avec l’Iran ; il resterait selon eux moins de 1 000 intercepteurs de ce type en réserve.

Le pouvoir de dissuasion de Washington pourrait s’en trouver entamé face à d’autres adversaires comme la Chine. La campagne aurait atteint ses limites Outre ce danger, “dans l’entourage de Trump, personne ou presque ne jugeait avisé de poursuivre l’escalade selon le plan envisagé”, d’après les sources du New York Times. “Un haut responsable des États-Unis, s’exprimant lui aussi sous couvert d’anonymat, doutait qu’une reprise majeure des combats ne fasse revenir l’Iran à la table des négociations.” Sans compter les risques sur l’économie mondiale et les alliés régionaux de Washington. À lire aussi : États-Unis.

Trump “barbant” au dîner des correspondants : “Il savait lui aussi qu’il faisait un bide” Ajouter aux favoris D’après le site Axios, l’actuelle pause pourrait aussi être liée à un épuisement des cibles autour du détroit d’Ormuz. L’amiral Brad Cooper, qui commande les forces des États-Unis au Moyen-Orient, aurait recommandé d’arrêter la campagne de bombardements menée depuis deux semaines “parce qu’elle a atteint ses limites en termes d’efficacité”. De son côté, l’administration Trump dit avoir voulu laisser une chance à la diplomatie, comme l’a affirmé sur Fox News son ambassadeur aux Nations unies, Mike Waltz, dimanche 26 juillet.

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