À quoi peut bien servir la maquette grandeur nature d’un destroyer américain en plein désert du Takla-Makan, dans le nord-ouest de la Chine ? D’après une enquête du journal conservateur britannique The Telegraph publiée le 15 juillet, cette réplique construite en quelques mois, durant le premier semestre de 2026, doit permettre à l’armée chinoise de se préparer à une possible confrontation avec l’armée américaine. En cas d’invasion chinoise de Taïwan, Washington pourrait en effet choisir d’aider militairement ce territoire insulaire.
Interrogé à ce sujet en mai par le président Xi Jinping lors de sa dernière visite officielle en Chine, son homologue américain, Donald Trump, a assuré lui avoir répondu : “Je ne parle pas de ça… Il y a une seule personne qui sait, et c’est moi.” La Chine revendique sa souveraineté sur l’île et prône la “politique d’une seule Chine”, qui considère la Chine et Taïwan comme un seul pays. Des répliques destinées à tester l’arsenal chinois En mai, le président américain a toutefois suspendu la vente d’armes à Taïwan, justifiant cette décision par les besoins de l’armée américaine au Moyen-Orient, accrus par leur entrée en guerre contre l’Iran, fin février.
Ces gages donnés à la Chine n’empêchent pas l’empire du Milieu de se préparer à l’éventualité d’un conflit avec son grand rival économique. Les répliques d’avions et de navires américains, qui comprennent celle du plus grand porte-avions du monde, l’USS Gerald R. Ford, seraient destinées à tester “son arsenal de plus en plus important d’armes de longue portée et ses nouveaux systèmes d’intelligence artificielle”, écrit le Telegraph.
D’après l’enquête du journal britannique, des images satellites datant de 2025 révèlent également la construction par Pékin d’une voie ferrée de 37 kilomètres de long dans le désert du Takla-Makan. Elle permettrait de déplacer ces navires de guerre factices sur des rails et de “reproduire les déplacements des navires en mer” afin que les artilleurs puissent s’entraîner. Depuis 2002, des bases navales ont par ailleurs été recréées grandeur nature, notamment la base américaine de Yokosuka, au Japon, et la base taïwanaise de Su’ao, dans le nord-est de l’île.
Pour s’entraîner à des interventions terrestres, des “bâtiments gouvernementaux majeurs [de la capitale taïwanaise, Taipei], notamment la présidence, le ministère des Affaires étrangères et des palais de justice” ont aussi été construits à partir de 2014. Basile Richard Relations Chine-Taïwan Sur le même sujet Géopolitique. Pourquoi la Chine accuse le Japon d’adopter un “nouveau militarisme” Écouter l’article Ajouter aux favoris Diplomatie.
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