Click to Pray - Le Vatican a mis 6 mois à lire ses mails25 juillet 2026 à 21h57 / PAR KORBEN ✨ / 5 MIN DE LECTURE /Catégories connexes Écouter cet article ~ 6 minCe qu’il faut retenirL'app de prière officielle du Pape a exposé les données de 719 517 fidèles durant 6 mois. Le chercheur a prévenu 9 personnes, aucune n'a répondu.Click to Pray, l'appli officielle de prière du Pape lancée en 2019, a exposé les noms, adresses mail et dates de naissance de ses 719 517 inscrits via une API sans authentification pendant 6 mois avant correction.La faille était un IDOR classique : l'endpoint api.clicktopray.org/user/users/{id} renvoyait les fiches complètes sans vérifier que l'utilisateur avait le droit d'accéder à ces données, les identifiants étant séquentiels et le débit illimité.Le chercheur BobDaHacker a signalé le trou début janvier mais n'a reçu aucune réponse du Vatican ; la faille n'a été bouchée que le 24 juillet après publication par Dark Reading, sans notification officielle de correction.Résumé généré par IADans la série "la religion c'est que des problèmes", voici un épisode que je n'avais pas vu venir. Click to Pray, l'application de prière officielle du Pape, a servi gratos les noms, les adresses mail et les dates de naissance de ses 719 517 inscrits à qui voulait bien les demander.C'est le chercheur BobDaHacker qui a signalé le trou début janvier et si vous savez compter, oui oui, il a bien fallu 6 mois pour que quelqu'un daigne le boucher.

Que voulez-vous, les voies du Seigneur sont impénétrables et visiblement sa boîte mail aussi.L'appli avait été lancée par le pape François en 2019 depuis le balcon de la place Saint-Pierre, tablette brandie devant la foule. Elle appartient au Réseau Mondial de Prière du Pape, une fondation du Vatican, et tourne sur iOS, Android et en version web en 7 langues.La faille se situait au niveau de l'adresse api.clicktopray.org/user/users/{id} qui renvoyait la fiche complète de n'importe quel compte, prénom, nom, pays, adresse mail, date de naissance et rôle. Aucune authentification demandée, il suffisait de taper l'adresse dans un navigateur.Source : BobDaHackerLes identifiants étant séquentiels et le débit n'étant pas limité, une simple boucle sur les 719 517 numéros suffisait à aspirer le fichier entier.

Une requête par fidèle, comme pour l' ANTS ^^. Vous le savez maintenant, ça s'appelle un IDOR, pour Insecure Direct Object Reference et c'est quand le serveur vérifie que vous êtes bien connecté, mais jamais que les données réclamées vous appartiennent. Eh bien ici, il ne vérifiait même pas la première moitié.BobDaHacker explique pourquoi la boulette revient sans arrêt : "la plupart des frameworks gèrent l'authentification pour vous, mais pas l'autorisation.

Ils vérifient "est-ce que cette personne est connectée ?", mais pas "est-ce qu'elle a le droit de voir cette ressource précise ?"". Pourtant c'est la base, mais bon, bref...Ce type de contrôle d'accès défaillant trône en tête de l'OWASP Top 10 depuis 2021, et l'IDOR en est probablement la variante la plus répandue. Pour apprendre à les repérer, je vous avais même montré WebGoat .Ce qui est marrant, c'est que dans la base, le champ date de naissance s'appelle borned_date, ce qui n'est de l'anglais dans aucune langue.

Et le rôle attribué au fidèle lambda, c'est "PRAYER". Votre fonction de péon sur l'application de prière du Pape, c'est donc prière. Ahaha !Le vrai risque maintenant n'est pas vraiment la fuite en elle-même, mais plutôt ce qu'un escroc va pouvoir faire avec 700 000 adresses de ces gens inscrits pour prier, avec une institution de confiance à usurper.

Un mail annonçant que le Saint-Père sollicite votre attention urgente, avec un lien qui imite celui du Saint-Siège, ça fonctionnera très bien je pense...Dark Reading, qui a confirmé la faille de son côté, a noté que les identifiants les plus bas sont ceux des employés. Les premiers exposés étaient donc ceux qui auraient dû corriger. Mais le bouquet les amis, c'est l'authentification des mails.

Ceux de l'appli ratent les contrôles de domaine, SPF, DKIM ou DMARC étant mal réglés, au point que la boîte du chercheur les a marqués comme suspects.L'application officielle du Vatican envoyant donc déjà des mails qui ressemblent à du hameçonnage, un escroc qui n'aurait pas peur d'aller en enfer, n'a même pas besoin de soigner son imitation.Arrive la partie qui pique de cette remontée de vuln... Le 3 janvier, BobDaHacker écrit à 9 personnes, l'adresse info générale, 6 membres du staff de clicktopray.org + 2 contacts du Réseau Mondial de Prière.Puis il attend mais aucune réponse ne vient.Alors rien ne bouge durant 6 mois. Puis en juillet il passe le dossier à Nate Nelson, de Dark Reading, qui contacte le service de presse.

Silence là aussi. Alors l'article sort le 24 juillet, et Ô miracle (ça arrive parfois, oui oui) la faille est bouchée dans la foulée, sans un mot. Le chercheur l'a appris dans les commentaires Reddit qui parlaient de sa découverte.Mais je vous garde le meilleur pour la fin, attendez...

Ce que vous ne savez pas c'est que le Vatican s'est doté de son propre règlement de protection des données personnelles en avril 2024. Ça s'appelle le décret n° DCLVII et il réclame des "mesures de sécurité appropriées" et désigne nommément ceux qui doivent les appliquer. Ce décret a bien été promulgué, puis visiblement rangé dans un tiroir.Ah et visiblement, l'URL qui leake continue toujours de répondre sans authentification mais ne renvoie plus que l'identifiant, le prénom et le nom.

L'adresse mail a disparu, comme la date de naissance et le pays. Donc c'est un genre de demi-correctif puisque les noms restent énumérables un par un sans le moindre compte. Le chercheur juge ça acceptable sur une plateforme où l'on prie "ensemble".

Moué, pourquoi pas.Voilà, donc si vous avez un compte là-bas, partez du principe que votre adresse mail a circulé et que vous risquez d'avoir des appels du Pape, voire de Dieu lui-même qui vous demandera sûrement un virement en urgence. Je vais prier pour vous afin que ça n'arrive pas, mais sachez que ce scénario de la lose, je vous en parlais déjà à propos de la divulgation coordonnée de vulnérabilités , et il ne change jamais. Le chercheur alerte, l'éditeur ignore, et c'est la presse qui finit par débloquer....Et BobDaHacker, lui, attend toujours son merci.

Snif...Source Ajouter Korben à messources préféréesRéférenceshttps://bobdahacker.com/blog/click-to-prayhttps://www.tomshardware.com/tech-industry/cyber-security/security-flaw-in-vaticans-click-to-pray-app-leaves-over-700-000-global-users-exposed-app-has-been-leaking-user-data-for-over-six-months-and-still-doesCet article peut contenir des images générées à l'aide de l'IA - J'apporte le plus grand soin à chaque article, toutefois, si vous repérez une boulette, faites-moi signe !Auteur : KorbenVous avez aimé cet article ?Alors rejoignez ma communauté sur Patreon et accédez à des articles exclusifs, des tutos avancés et plein d'autres surprises que je réserve à mes soutiens. C'est grâce à vous que je peux continuer à partager ma passion depuis 20 ans !Rejoindre l'aventure Que faire après le bac quand on est passionné de cybersécurité ?Contenu partenaireEntièrement dédiée à la cybersécurité, l'école Guardia est accessible soit directement après le bac (post-bac), soit après un bac+2 ou bac+3. En rejoignant l'école Guardia, vous deviendrez développeur informatique option cybersécurité (Bac+3) ou expert en cybersécurité (Bac+5).Guardia CS forme aussi les professionnels à la cybersécurité via plusieurs formations en ligneVoir le site internet de l'école de cybersécurité Guardia CS