Lecture Zen Résumer l'article Un réseau de 39 groupes Facebook usurpant de grandes compagnies aériennes européennes cible les passagers de vols annulés pour capter leurs demandes de remboursement. Infiltré par le chercheur Luis Costa (Surfshark), un faux support SAS a imposé l’usage de WorldRemit et le mot de passe « refund me 2026 » afin de prendre la main sur un compte et détourner les fonds. Des indices concordants — numéro WhatsApp partagé, mêmes administrateurs aux photos générées par IA et logos adaptés au mois des fiertés — attestent d’une opération centralisée et durable qui s’étend au-delà de l’aérien.

Un réseau de 39 groupes Facebook usurpant de grandes compagnies aériennes européennes cible les passagers de vols annulés pour capter leurs demandes de remboursement. Infiltré par le chercheur Luis Costa (Surfshark), un faux support SAS a imposé l’usage de WorldRemit et le mot de passe « refund me 2026 » afin de prendre la main sur un compte et détourner les fonds. Des indices concordants — numéro WhatsApp partagé, mêmes administrateurs aux photos générées par IA et logos adaptés au mois des fiertés — attestent d’une opération centralisée et durable qui s’étend au-delà de l’aérien.

Recevez tous les soirs un résumé de l’actu importante avec Le Récap’ Un réseau de 39 groupes Facebook usurpant l’identité des plus grandes compagnies aériennes européennes cible les passagers de vols annulés en quête d’un remboursement. Un chercheur a infiltré l’un d’eux pour en comprendre le mode opératoire. Un vol annulé, deux fois de suite, à deux jours des vacances.

C’est ce qui est arrivé mi-juin à une collègue de Luis Costa, chercheur chez Surfshark. Après avoir tenté en vain de joindre le service client de la compagnie scandinave SAS, avec laquelle elle devait voyager, celle qui va devenir la cible des escrocs va chercher de l’aide ailleurs sur le web : « C’est à ce moment-là que j’ai découvert le groupe Facebook d’avis et de réclamations clients de SAS », raconte-t-elle dans un billet de blog, le 15 juillet dernier. « J’ai remarqué que des passagers y partageaient leurs expériences avec la compagnie, alors j’ai fait de même.

En dernier recours, j’ai contacté leur « groupe d’assistance » par message privé, espérant trouver une solution. » Mauvaise pioche : le groupe n’a rien d’officiel. Elle le comprend assez vite et se tourne vers Luis Costa, qui nous raconte la suite : « Je me suis dit : ‘attends, je vais aller voir d’un peu plus près de quoi il s’agit’ ». Ce qui devait être une simple vérification va prendre plusieurs semaines, et déterrer un réseau de 39 groupes Facebook, tous plus ou moins liés entre eux.

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Vous gardez la possibilité de retirer votre consentement à tout moment. Pour plus d’informations, nous vous invitons à prendre connaissance de notre Politique cookies. J’accepte tout Gérer mes choix Le mode d’emploi de l’arnaque « Le premier truc que j’ai fait, c’est de prendre le numéro WhatsApp associé au groupe et de le googler », raconte Luis Costa.

D’autres groupes remontent alors, parfois liés à des compagnies concurrentes, parfois à des enseignes qui n’ont rien à voir avec l’aérien. « Il y a un numéro WhatsApp qui est partagé par six groupes, et ça inclut British Airways, Jet2 et Vueling, des compagnies qui n’ont absolument rien à voir les unes avec les autres », précise le chercheur. Une incohérence impossible pour de vrais services clients.

Autre point commun : plusieurs groupes partagent les mêmes administrateurs, souvent affublés de photos de profil générées par IA, et gonflent en quelques jours à peine, certains gagnant des milliers de membres en une semaine. Reste alors à vérifier jusqu’où va l’arnaque. Luis Costa décide de contacter lui-même un groupe usurpant SAS, en se faisant passer pour un passager du vol SK970 (Mumbai-Copenhague), annulé le 24 juin 2026.

Nom, date de naissance, e-mail, il se fabrique une identité fictive complète pour échanger sans exposer ses propres données. Formulaire de remboursement envoyé par « George Harrison ». // Source : Surfshark L’échange ne reste pas cantonné à l’écrit. Un interlocuteur qui se présente comme « George Harrison » (oui, comme le guitariste des Beatles) le rappelle directement, et insiste pour que Luis Costa reste en ligne : « il n’arrêtait pas de dire : ‘ne raccrochez pas, ce sera très difficile de me recontacter’ ».

Une pression classique, pensée pour empêcher la victime de vérifier l’information ailleurs. Le faux conseiller lui fait remplir un formulaire bien plus détaillé que ne le justifierait un simple remboursement puis lui demande de télécharger WorldRemit, une véritable application de transfert d’argent. Et c’est là que se tend le piège principal : le mot de passe du compte à créer est imposé à Luis, « refund me 2026 », de quoi permettre au scammeur de s’y connecter et d’en détourner les fonds une fois une carte bancaire liée.

Le chercheur raccroche à ce moment-là. Un dispositif pensé pour durer Le soin apporté à l’opération surprend jusque dans les détails : certains groupes avaient adapté leurs logos aux couleurs du mois des fiertés, en juin, à l’image des vraies communications des compagnies. Signe, selon Luis Costa, que ces réseaux ne se limitent pas à l’aérien : des groupes similaires visant des loueurs de voitures ou des enseignes britanniques partagent les mêmes administrateurs.

Cette mécanique de faux service client n’est d’ailleurs pas neuve : fin 2025, on racontait déjà comment de faux comptes de support Sixt piégeaient les clients mécontents du loueur de voitures sur X. Un mot d’ordre à retenir avant de contacter un service client sur les réseaux : vérifier le badge de certification du compte, et ne jamais utiliser un mot de passe suggéré par son interlocuteur. Quel est le meilleur Gestionnaire de mots de passe ?

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