La TNT est sauvée jusqu’en 2031, mais son extinction fait désormais partie officiellement de 3 scénarios étudiés L’Arcep vient d’ouvrir une consultation publique qui apporte une première certitude pour les téléspectateurs : la TNT continuera d’être encadrée par un nouveau cycle de régulation jusqu’en 2031. En revanche, l’avenir de la télévision hertzienne au-delà est loin d’être tranché, plusieurs scénarios étant toujours à l’étude, dont celui d’un arrêt complet. Alors que le streaming, les box internet et la fibre occupent une place grandissante dans les usages, la télévision numérique terrestre (TNT) n’a pas dit son dernier mot.
L’Arcep a lancé le 23 juillet une consultation publique sur le marché de gros des services de diffusion hertzienne terrestre des programmes télévisés, un document qui servira de base au prochain cycle de régulation de la plateforme. Une visibilité jusqu’en 2031 La première information est rassurante pour les acteurs du secteur. L’Arcep estime qu’il est pertinent de maintenir une régulation du marché pendant une nouvelle période de cinq ans.
Si le calendrier est respecté, la future décision s’appliquera à compter du 18 mai 2027, pour une durée de cinq ans, soit jusqu’en mai 2031. Le régulateur considère notamment qu’il n’existe pas, à ce stade, de perspective d’évolution vers une concurrence effective qui permettrait de se passer de cet encadrement. Autrement dit, malgré le recul progressif de la TNT dans les usages, son maintien n’est pas remis en cause à court termeUne plateforme qui continue d’évoluer Le projet de décision soumis à consultation rappelle d’ailleurs que la TNT poursuit sa modernisation.
Après la généralisation de la haute définition au printemps 2025, la plateforme accueille désormais des diffusions en Ultra Haute Définition (UHD) grâce au multiplex R9, tandis que les services interactifs HbbTV continuent de se développer timidement sur les téléviseurs compatibles. Dans le même temps, les habitudes des Français évoluent selon les données citées par l’Arcep : 34,7 % des foyers équipés d’au moins un téléviseur utilisent encore la TNT sur l’un de leurs postes. À l’inverse, 74 % des foyers reçoivent désormais la télévision via les offres IPTV des fournisseurs d’accès à internet, une part qui continue de progresser avec le déploiement massif de la fibre optique.
Après 2030, toutes les options restent ouvertes mais un arrêt est évoqué Le régulateur devient en revanche beaucoup plus prudent lorsqu’il évoque l’après-2030. Aujourd’hui, la bande de fréquences 470-694 MHz, indispensable à la diffusion de la TNT, est protégée par la loi jusqu’au 31 décembre 2030. Le gouvernement doit toutefois définir ce qu’il adviendra ensuite.
L’Arcep rappelle ainsi les conclusions de la consultation publique menée par le ministère de la Culture en 2025, qui identifie trois scénarios pour l’avenir de la télévision hertzienne : le maintien de l’ensemble des fréquences actuelles au bénéfice de la TNT ; la réattribution de la bande des 600 MHz aux réseaux mobiles, ce qui réduirait d’environ un tiers les capacités de diffusion de la TNT ; la réattribution de l’ensemble de la bande de fréquences aux services mobiles, ce qui conduirait à l’arrêt de la TNT. À ce stade, aucun de ces scénarios n’a été retenu. L’Arcep souligne que cette question dépasse le cadre français.
Les acteurs de l’audiovisuel souhaitent conserver les fréquences afin d’assurer la diffusion gratuite de la télévision, tandis que les opérateurs télécoms militent pour récupérer une partie, voire la totalité, de cette ressource afin d’accompagner le développement des futurs réseaux mobiles. L’Autorité note également que plusieurs pays européens, comme les Pays-Bas, la Suède, la Slovénie ou encore le Luxembourg, anticipent déjà une extinction de leur TNT en raison de la baisse des audiences et de la rentabilité de la plateforme, alors que d’autres États continuent d’y recourir massivement. Cet article a été repris sur le site Univers FreeBox Publié le 24/07/2026 à 12h30 par Maxime Raby