« Totalement débile », Xavier Niel tire à boulets rouges sur l’interdiction adoptée des réseaux sociaux aux moins de 15 ans La France sera le premier pays européen à interdire l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Si le gouvernement y voit une avancée majeure pour protéger les mineurs, Xavier Niel n’y croit pas une seconde. Le patron de Free a qualifié cette nouvelle loi de « totalement débile », estimant que les adolescents trouveront rapidement des moyens de la contourner.

À partir du 1er septembre, les moins de 15 ans ne pourront plus créer de compte sur les principaux réseaux sociaux en France. Le Parlement a définitivement adopté un texte instaurant une « majorité numérique », une première en Europe. Une décision qui fait déjà débat, notamment du côté du fondateur de Free, Xavier Niel, qui estime que cette interdiction sera facilement contournée par les adolescents.

Une majorité numérique instaurée dès la rentrée Après plusieurs mois de débats et de modifications entre l’Assemblée nationale et le Sénat, députés et sénateurs sont parvenus à un accord en commission mixte paritaire sur la proposition de loi visant à mieux protéger les mineurs sur Internet. Le texte, adopté par les deux chambres, prévoit qu’à compter du 1er septembre, les jeunes de moins de 15 ans ne pourront plus créer de compte sur les principaux réseaux sociaux. La mise en œuvre se fera en deux temps.

Dès la rentrée, toute nouvelle création de compte sera soumise à une vérification de l’âge. Puis, entre septembre et le 1er janvier, les plateformes devront également vérifier les comptes déjà existants. Concrètement, chaque utilisateur, quel que soit son âge, devra prouver qu’il a plus de 15 ans grâce à un système de vérification conforme au cadre européen.

Le mécanisme envisagé repose sur un jeton d’âge anonymisé : l’identité serait vérifiée auprès d’un prestataire comme France Identité ou Docaposte, qui délivrerait ensuite un justificatif attestant uniquement de l’âge, sans transmettre les données personnelles aux plateformes. L’interdiction vise la quasi-totalité des plateformes intégrant des fonctionnalités sociales comme Facebook, Instagram, TikTok, Snapchat, YouTube, Roblox et d’autres jeux intégrant des espaces d’échange. Certaines exceptions sont toutefois prévues.

WhatsApp reste autorisé pour sa messagerie (hors chaînes), tout comme les applications à vocation éducative, telles que les encyclopédies ou les outils d’apprentissage du code comme Scratch. Le texte prévoit également une autre mesure notable : l’interdiction des téléphones portables dans les lycées, sur le modèle de ce qui existe déjà dans les collèges, avec des adaptations possibles selon les établissements. Le gouvernement présente cette loi comme une étape majeure de la protection des mineurs en ligne.

La ministre chargée du Numérique, Anne Le Hénanff, s’est félicitée de voir la France devenir le premier pays européen à instaurer une véritable majorité numérique. Xavier Niel : « Totalement débile » Cette annonce n’a pas tardé à faire réagir Xavier Niel. Sur le réseau social X, le fondateur d’Iliad et de Free a publié un message particulièrement direct : « Totalement débile.

Vous pensez que les ados n’ont pas déjà des techniques pour contourner ça ?? » Totalement débile. Vous pensez que les ados n’ont pas déjà des techniques pour contourner ça ?? 😂 https://t.co/ngCGdMjOxN — Xavier Niel (@Xavier75) July 21, 2026 Une prise de position qui s’inscrit dans la continuité de ses déclarations formulées plusieurs mois auparavant lors d’une interview début 2026. L’entrepreneur s’était déjà montré très critique envers cette future loi, estimant que la multiplication des interdictions n’était pas la bonne réponse.

Selon lui, les usages numériques des jeunes doivent être accompagnés plutôt que prohibés. À ses yeux, l’enjeu relève avant tout de la responsabilité parentale. « Au lieu d’interdire les réseaux sociaux, essayons de limiter, ok, mais c’est le rôle des parents. » Il estime notamment que les familles peuvent fixer des règles simples, comme limiter les horaires d’utilisation.

L’un des principaux arguments avancés par Xavier Niel concerne l’efficacité même du dispositif. Selon lui, les adolescents trouveront rapidement des moyens de contourner la vérification d’âge. « Je ne sais pas si les gens se rendent compte de ce que c’est qu’un ado de 12 ans ou treize ans aujourd’hui.

Tu vas lui interdire ? Bah il va réussir, il va le faire dans ton dos, il va le faire caché. » L’entrepreneur affirme également avoir échangé avec des industriels comme Samsung ou Apple, qui lui auraient expliqué les limites des dispositifs de contrôle. « Il y a 500 millions de gamins qui essaient pendant des heures de percer nos trucs.

Comment tu veux qu’ils n’y arrivent pas ? » Selon lui, cette réalité rend toute interdiction largement illusoire. Au-delà de la question du contournement, Xavier Niel estime même que la loi pourrait produire l’effet inverse de celui recherché. « La manière dont ils vont y accéder, ce sera potentiellement plus dangereux. » Il craint que les jeunes utilisent des méthodes ou des services non officiels pour accéder aux réseaux sociaux, avec davantage de risques pour leur sécurité.

Enfin, le fondateur de Free s’interroge sur la place du législateur dans ce type de sujet. « C’est pas le rôle du législateur d’aller se mêler de notre vie en permanence. » Alors que la France s’apprête à devenir le premier pays européen à mettre en œuvre une majorité numérique de cette ampleur, le débat est loin d’être clos. Entre protection des mineurs, responsabilité parentale, efficacité technique et respect des libertés, cette nouvelle réglementation devrait continuer à susciter de nombreuses discussions dans les prochains mois.

Cet article a été repris sur le site Univers FreeBox Publié le 22/07/2026 à 10h37 par Lucas Musset