Bouygues Telecom se réorganise avant le possible rachat de SFR, les syndicats s’inquiètent Officiellement, il ne s’agit que d’une nouvelle étape du plan stratégique Cap 2030. Mais en interne, la réorganisation que Bouygues Telecom mettra en œuvre à partir du 1er septembre pourrait aussi faciliter l’intégration de SFR si le projet de rachat est validé d’ici fin 2027. L’opérateur dément tout lien direct, tandis que les syndicats y voient déjà une préparation en vue de cette opération.

Bouygues Telecom va revoir en profondeur l’organisation d’une partie de ses activités. L’objectif affiché est de renforcer l’efficacité de ses marchés grand public et entreprises en regroupant ces deux univers au sein d’une nouvelle structure. Les activités seront désormais réparties entre deux grands pôles : une direction des marchés, qui regroupera le marketing et les ventes, et une direction des opérations, chargée notamment du déploiement des réseaux, des raccordements et de l’exploitation.

Les responsables de ces deux directions intégreront le Comité de Direction Générale. Dans le même temps, François Treuil, directeur général de Bouygues Telecom Entreprises depuis 17 ans, quittera ses fonctions actuelles pour occuper un nouveau poste au sein du groupe. Selon plusieurs informations, il aurait largement contribué à concevoir cette nouvelle organisation.

Bouygues Telecom assure que cette réorganisation n’a rien à voir avec SFR Interrogé sur le calendrier de cette annonce, Bouygues Telecom assure que cette évolution était prévue de longue date. « Bouygues Telecom confirme une réorganisation interne d’une partie de ses activités, effective début septembre, visant à accroître la performance de ses marchés Entreprises et Grand Public. Cette initiative, sans lien avec un éventuel rachat de SFR et sans impact sur l’emploi, s’inscrit dans la feuille de route Cap 2030 pour préparer l’entreprise aux défis futurs », indique l’opérateur.

Cette réorganisation intervient toutefois quelques semaines après la signature du protocole d’accord entre Altice France et le consortium composé de Bouygues Telecom, Free et Orange pour le rachat de SFR, sous réserve de l’accord des autorités de la concurrence. Les syndicats y voient une organisation déjà pensée pour accueillir SFR Du côté des représentants du personnel, le discours est plus nuancé. Pour Olivier Louise, secrétaire général CFTC de Bouygues Telecom, le projet était bien engagé avant les discussions autour de SFR, mais il présente désormais un avantage évident.

« Cette réorganisation était effectivement en projet avant qu’un protocole d’accord ne soit signé entre Altice France et le trio de repreneurs. Mais elle permet d’anticiper le rachat en rendant Bouygues Telecom “SFR compatible”. » Même analyse chez SFR. Pour Abdelkader Choukrane, secrétaire général d’UNSA Com et délégué syndical central de SFR, Bouygues Telecom adopte progressivement une organisation très proche de celle déjà en place chez son concurrent.

L’un des principaux enjeux concerne SFR Business. Si le rachat aboutit, cette activité et ses 2 400 salariés devraient être transférés directement chez Bouygues Telecom, sans passer par la future structure commune qui regrouperait le reste des activités de SFR. Or, Bouygues Telecom Entreprises compte aujourd’hui environ 1 000 collaborateurs.

L’opérateur devrait donc absorber une structure plus de deux fois supérieure à la sienne. Selon les syndicats, la nouvelle organisation faciliterait cette intégration en répartissant la gestion entre deux directions distinctes, plutôt que de concentrer l’ensemble des responsabilités sur une seule branche. Les représentants du personnel craignent des suppressions de postes Si Bouygues Telecom affirme que cette réorganisation n’aura « aucun impact sur l’emploi », les organisations syndicales restent prudentes.

La CFDT regrette notamment que les documents présentés aux représentants du personnel ne précisent aucun effectif cible pour la future organisation. Selon Azzam Ahdab, délégué syndical central CFDT, certains départs pourraient être encouragés afin de préparer une éventuelle consolidation avec SFR. Le syndicat réclame désormais l’ouverture de négociations visant à inscrire des garanties sur l’emploi dans un accord formel.

Les inquiétudes sont également fortes chez SFR. L’UNSA estime que jusqu’à 80 % des 2 400 salariés de SFR Business pourraient occuper des fonctions similaires à celles déjà présentes chez Bouygues Telecom, notamment dans les activités commerciales, la relation client, les fonctions support ou encore les systèmes d’information. Les discussions entre les syndicats de SFR et les trois futurs repreneurs se poursuivent parallèlement aux procédures d’information-consultation engagées dans le cadre du projet de cession.

Elles devraient continuer tout au long de l’été, tandis que le dossier reste suspendu aux décisions des autorités de la concurrence. Source : La Tribune Cet article a été repris sur le site Univers FreeBox Publié le 20/07/2026 à 10h00 par Lucas Musset