Free n’est pas tout : des comptes jusqu’ici confidentiels révèlent les 15 milliards d’euros d’actifs et les rouages de la principale holding de Xavier Niel Pour la première fois, les comptes de NJJ Holding, l’une des principales holdings de Xavier Niel, sont rendus publics. Obtenus et analysés par Le Point après une décision de justice, ils offrent un rare aperçu de l’organisation financière du fondateur de Free et mettent en lumière le poids considérable des télécoms dans son empire. Comment Xavier Niel construit-il sa fortune en dehors de Free ?
En publiant les comptes 2020 à 2024 de NJJ Holding, comme l’y contraignait le Tribunal des affaires économiques de Paris à la suite d’une action en justice menée par l’association Lanceur d’alerte, le milliardaire a levé le voile sur une partie de son organisation patrimoniale. Le Point, qui a analysé ces documents, révèle une holding valorisée à 15,35 milliards d’euros d’actifs, sans même inclure sa participation dans Iliad, la maison mère de Free. Les télécoms, véritable moteur de l’empire Niel L’enquête montre que les télécoms constituent de loin le principal pilier économique de NJJ Holding.
Les participations dans les opérateurs Salt en Suisse, Eir en Irlande, Monaco Telecom (qui contrôle également Epic à Chypre et à Malte) ainsi que DVL Telecom en Ukraine ont généré à elles seules près de 3 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2024, soit 85 % des revenus de la holding. Le reste des actifs est réparti entre l’immobilier, avec notamment une importante participation dans Unibail-Rodamco-Westfield, des hôtels de luxe et plusieurs biens prestigieux, mais aussi des investissements dans les start-up via Kima Ventures ou encore Station F. Peu de dividendes pour Xavier Niel, beaucoup de réinvestissements Les comptes montrent également que NJJ Holding a encaissé 737,7 millions d’euros de dividendes entre 2020 et 2024.
Pourtant, Xavier Niel ne s’est personnellement versé que 13,1 millions d’euros sur cette période, préférant conserver l’essentiel des bénéfices au sein de la holding pour financer de nouveaux investissements et rembourser sa dette. Selon Le Point, cette stratégie permet notamment d’alimenter les nombreuses opérations menées ces dernières années, comme les investissements dans Vodafone, Millicom, les data centers ou encore de nouvelles acquisitions immobilières. Une holding séparée… mais étroitement liée à Iliad L’un des enseignements de ces documents est qu’en dépit de leur séparation juridique, NJJ Holding et Iliad Holding entretiennent des liens financiers étroits.
La première ne détient pas Free, logé dans Iliad Holding dont Xavier Niel contrôle près de 97 % du capital, mais elle joue régulièrement un rôle de précurseur dans les grandes opérations d’investissement. Selon l’analyse du Point, NJJ Holding identifie des opportunités, réalise les premières acquisitions en s’endettant si nécessaire, puis transfère ensuite les actifs à Iliad une fois l’opération stabilisée. L’exemple le plus marquant est celui de Millicom, l’opérateur présent en Amérique latine.
En 2023, NJJ Holding acquiert près de 29 % de son capital via la société Atlas Investissement. Un an plus tard, cette dernière est revendue à Iliad, qui reprend à son compte la dette bancaire contractée pour l’opération et verse en parallèle 388,5 millions d’euros à NJJ Holding pour racheter les parts réévaluées à leur valeur de marché. La plus-value générée par cette opération revient intégralement à NJJ Holding, tandis qu’Iliad hérite désormais de l’actif… mais aussi de son endettement.
Plus largement, les comptes montrent que les deux structures fonctionnent de manière complémentaire. Les importants dividendes remontés par les filiales télécoms de NJJ Holding sont en grande partie conservés afin de financer de nouvelles acquisitions, rembourser la dette ou accompagner le développement du groupe de Xavier Niel, dont le navire amiral reste Iliad et sa filiale Free. Cet article a été repris sur le site Univers FreeBox Publié le 18/07/2026 à 11h21 par Maxime Raby