SFR protège déjà son réseau fibre contre les ordinateurs du futur SFR et Nokia viennent de franchir une nouvelle étape dans la sécurisation des réseaux télécoms. Les deux partenaires ont testé avec succès une solution de chiffrement dite « post-quantique » sur le réseau optique de l’opérateur, une technologie conçue pour protéger les données face aux futurs ordinateurs quantiques, capables de casser les systèmes de chiffrement actuels. Si les ordinateurs quantiques capables de menacer les systèmes de sécurité actuels ne sont pas encore une réalité, les opérateurs télécoms préfèrent prendre les devants.

Près d’un an après Orange et Toshiba qui ont lancé le premier réseau quantique sécurisé en France en 2025, c’est au tour de SFR et Nokia de réaliser un test grandeur nature au TechnoLab de Vélizy, un site reproduisant les conditions réelles du réseau de l’opérateur. L’objectif : vérifier qu’il est possible de sécuriser les communications dès aujourd’hui contre les attaques de demain. Une menace encore lointaine, mais prise très au sérieux Les technologies de chiffrement utilisées actuellement protègent efficacement les communications sur Internet, les réseaux mobiles ou les infrastructures critiques.

Mais les spécialistes estiment que les futurs ordinateurs quantiques pourraient, dans plusieurs années, être capables de casser certains de ces algorithmes en un temps record. Plusieurs tests et technologies sont d’ailleurs envisagées dans l’optique de s’y préparer, avec par exemple récemment Thalès qui propose une solution pour renforcer la sécurité des réseaux 5G face à ces menaces à venir. Un risque est particulièrement redouté : des cybercriminels ou des États pourraient intercepter aujourd’hui des données chiffrées, les conserver pendant plusieurs années, puis les déchiffrer lorsque ces machines deviendront suffisamment puissantes.

Ce scénario est connu sous le nom de « Harvest now, decrypt later » (“récolter aujourd’hui, déchiffrer plus tard”). Pour répondre à cette menace, Nokia a développé sa solution Quantum Secure Network, que SFR vient de tester sur son réseau optique. Concrètement, les données sont chiffrées automatiquement lorsqu’elles transitent dans la fibre optique grâce aux équipements déjà utilisés par l’opérateur.

Cette approche évite d’ajouter de nouvelles infrastructures et permet de sécuriser les échanges sans ralentir le réseau. Selon SFR et Nokia, la solution reste compatible avec les très hauts débits, qu’il s’agisse de connexions à 100, 400 Gbit/s ou davantage. Une technologie pensée pour un futur déploiement L’un des principaux intérêts de cette expérimentation réside dans sa facilité d’intégration.

La solution s’appuie sur les équipements optiques déjà déployés sur le réseau de SFR, ce qui pourrait permettre une montée en puissance progressive sans devoir remplacer l’ensemble des infrastructures existantes. Les deux partenaires indiquent également que la protection reste efficace sur de longues distances et lorsque les données transitent entre plusieurs réseaux. Au-delà de l’aspect technologique, cette expérimentation répond aussi à des enjeux réglementaires.

L’Union européenne renforce progressivement les exigences de cybersécurité pour les entreprises jugées essentielles, notamment à travers les réglementations NIS2 et DORA, qui imposent un niveau de protection plus élevé des infrastructures critiques. En travaillant dès aujourd’hui sur des solutions de chiffrement post-quantique, SFR cherche à anticiper ces futures exigences tout en préparant son réseau aux évolutions technologiques des prochaines années. Source : Clubic Cet article a été repris sur le site Univers FreeBox Publié le 17/07/2026 à 16h51 par Lucas Musset