© Kraken Technology Group En mer Noire, l’Ukraine a démontré qu’une poignée de drones à bas coût pouvait tenir en échec une flotte entière. De quoi donner des idées à de nombreuses armées occidentales, à commencer par le Royaume-Uni. La puissante Royal Navy est d’ailleurs en train de réaliser des tests de largage de drone au large des côtes britanniques, avec des résultats plus que probants.

C’est le 8 juillet que la marine anglaise a procédé au tout premier largage aéroporté au monde d’un drone maritime, le K3 SCOUT. Celui-ci a été lâché à 400 mètres d’altitude depuis un Airbus A400M, avant de descendre sous parachute et d’entamer sa “mission” sans l’intervention d’un navire, d’un port ou d’une grue à proximité. Long de 8,4 mètres et conçu par Kraken Technology Group, le K3 SCOUT fait partie des engins acquis par la Royal Navy dans le cadre du projet Beehive lancé en 2024, et qui vise à faire agir des drones de surface en essaims coordonnés aux côtés des frégates.

20 de ces engins ont été acquis par la marine britannique cette année, et sont considérés comme le premier pas vers une nouvelle marine hybride. Le gouvernement britannique investit quelque 5 milliards de livres dans les drones et systèmes autonomes. Nous avons pu valider l’intégration d’une charge utile complexe à notre plateforme UMCADS, tout en démontrant la facilité avec laquelle le système peut être reconfiguré. – Mark Lavender, directeur du développement commercial et de la formation chez Capewell Une véritable révolution dans l’emploi des drones Pour parvenir à réaliser cet exploit, la Royal Navy s’est servi du système UMCADS (Universal Maritime Craft Aerial Delivery System) de la société Capewell, une plateforme de largage à parachute reconfigurable et capable de déployer différents types d’embarcation en zone militaire.

Ils ont employé la technique du largage par extraction : un parachute extrait la charge par la rampe arrière ouverte de l’avion, avant le déploiement des voilures principales. Cette technique était déjà utilisée par le passé pour larguer des véhicules et bateaux aux forces aéroportées et spéciales. Les essais ont toutefois démarré très mal.

La Manche, classée en état 4 au moment des essais, formait des vagues hautes de 2,5 mètres avec un vent très important. Malgré cela, quatre largages ont été réussis en six jours avec la même plateforme, démontrant la fiabilité du process. Ce qu’a réussi à accomplir la Royal Navy est tout bonnement révolutionnaire.

Là où déployer un tel drone sur de très longues distances nécessitait plusieurs semaines, un avion est aujourd’hui capable de le faire en quelques heures. “Nous avons démontré que le K3 SCOUT peut être rapidement déployé directement depuis un avion de transport militaire dans des eaux contestées ou difficiles d’accès, prêt à opérer”, se réjouit Mal Crease, fondateur et PDG de Kraken Technology Group. Avec ces essais, la Royal Navy a démontré que l’A400M est une plateforme fonctionnelle et exploitable pour le lancement d’engins navals par les airs. Il est d’ailleurs utilisé aujourd’hui par sept armées européennes, parmi lesquelles la France, l’Allemagne ou encore la Belgique. 🟣 Pour ne manquer aucune news sur le Journal du Geek, suivez-nous sur Google et sur notre canal WhatsApp. Et si vous nous adorez, on a une newsletter tous les matins.

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