Le président américain Donald Trump lors d’une allocution télévisée consacrée à la sécurité des élections, le 16 juillet à Washington. SAUL LOEB / via REUTERS Le président américain Donald Trump a de nouveau “remis en question” jeudi 17 juillet “l’intégrité des élections américaines à l’approche des élections de mi-mandat”, en répétant de fausses affirmations sur le scrutin de 2020 et en accusant notamment, “sans preuve”, la Chine d’avoir interféré dans cette élection, résume USA Today. Dans un discours à la nation prononcé dans la soirée, le conservateur a présenté un ensemble de documents déclassifiés “dans le but de semer le doute sur la fiabilité des élections américaines”, observe le quotidien.
Ceux-ci “montrent que, sur plusieurs années, à partir de l’élection de 2020, la Chine a mené ce qui apparaît comme la plus grosse opération de piratage de données électorales de l’Histoire, aboutissant à l’acquisition illicite par la Chine de 220 millions de fichiers d’électeurs américains”, a affirmé le président républicain. “Les efforts de la Chine pour recueillir ces données électorales sont connus depuis plusieurs années”, observe The New York Times. Celles-ci sont d’ailleurs “dans de nombreux cas, disponibles gratuitement en téléchargement sur Internet et peuvent, dans d’autres cas, être achetées. La possession de telles données pourrait permettre d’obtenir des informations sur les électeurs américains, mais ne permettrait pas de modifier leurs votes”, souligne le quotidien américain.
Des affirmations “exagérées ou déconnectées de la réalité” Outre ces déclarations sur la Chine, Donald Trump a multiplié les déclarations soit “exagérées, soit déconnectées de la réalité” au sujet du système électoral américain, remarque The New York Times. Les centaines de pages de documents publiées par son administration présentent d’ailleurs “des conclusions bien plus mesurées et prudentes concernant la Chine et d’autres questions liées à la sécurité électorale”. Le président américain s’est notamment attaqué aux “bureaucrates véreux”, martelant ses accusations, jamais prouvées, que l’élection présidentielle de 2020 avait été pervertie par une fraude massive au profit de Joe Biden. “Nous ne pouvons plus jamais assister à une nouvelle élection volée”, a-t-il lancé en laissant aussi planer son intention de contester les résultats des élections cruciales de mi-mandat en novembre.
À lire aussi : États-Unis. Trump veut supprimer le vote par correspondance et, “tant qu’on y est”, les machines à voter Ajouter aux favoris Cela fait “six ans qu’il promet de bientôt révéler des preuves irréfutables d’une manipulation de l’élection de 2020”, note The Washington Post. La Maison-Blanche et ses alliés républicains avaient affirmé que l’allocution de Trump “allait dévoiler des conclusions explosives issues d’un réexamen approfondi de dossiers des forces de l’ordre et des services de renseignement”.
Mais jeudi soir, le président “n’a jamais affirmé disposer de preuves montrant que des votes avaient été modifiés ou que des machines électorales avaient été compromises”, observe le Post. Il s’est contenté d’évoquer des “vulnérabilités” dans les infrastructures électorales, “sans affirmer que ces failles avaient été exploitées.” Un plaidoyer en faveur du “SAVE America Act” Pour Politico, le discours de Trump “s’apparente à un long plaidoyer destiné à convaincre des sénateurs réticents de soutenir son ’SAVE America Act’, une refonte complète du système électoral américain et des procédures d’inscription sur les listes électorales”. La loi imposerait notamment la présentation d’une pièce d’identité avec photo pour voter et d’un justificatif de citoyenneté américaine pour s’inscrire sur les listes électorales.
Les démocrates estiment que ces mesures risqueraient de compliquer l’accès au vote pour des millions d’Américains, notamment les électeurs les plus modestes et les minorités. À lire aussi : Carte. Ces États américains qui redécoupent leurs circonscriptions pour influencer les “midterms” Ajouter aux favoris Pour Ty Cobb, ancien avocat de la Maison-Blanche sous la première administration Trump, le discours du président vise surtout à “lui fournir le prétexte dont il a besoin pour déclarer l’état d’urgence au moment des élections ou à leur approche”. “Comme vous le savez, Steve Bannon et [le ministre de la Justice] Todd Blanche ont laissé entendre que des agents de l’ICE seraient présents dans les bureaux de vote.
Je pense que c’est quasiment certain. On ignore si la Garde nationale sera également déployée, mais tout ce qui peut servir à intimider les électeurs issus des minorités, en particulier les électeurs immigrés, sera utilisé”, a affirmé cette voix désormais critique de Trump, à la chaîne PBS. Le président conservateur “fera tout pour empêcher une transition pacifique du pouvoir, empêcher l’élection de démocrates et rester au pouvoir, tout en maintenant ses proches aux commandes”, a-t-il conclu.
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