Le président américain Donald Trump à la Maison-Blanche à Washington, le 13 juillet 2026. SAUL LOEB / AFP Les États-Unis viennent d’enterrer “la dernière concession majeure consentie à Téhéran”, qui “avait contribué à l’instauration d’un cessez-le-feu”, observe The Washington Post. Le président américain Donald Trump a annoncé lundi 13 juillet, sur son réseau Truth Social, le rétablissement du blocus des ports iraniens dans le secteur du détroit d’Ormuz, au cœur de frappes d’une ampleur inédite depuis le cessez-le-feu d’avril. “Les États-Unis seront désormais connus sous le nom de ’GARDIENS DU DETROIT D’ORMUZ’”, a lancé le locataire de la Maison-Blanche.
Le blocus américain vise à empêcher “uniquement les navires ou les clients de l’Iran d’entrer ou de sortir”, a souligné Trump. L’armée américaine a, de son côté, précisé qu’il entrerait en vigueur mardi soir. L’Iran avait annoncé dimanche 11 juillet la fermeture du détroit d’Ormuz après avoir tiré sur un bateau qui empruntait une “route non autorisée”, ce qui avait entraîné des frappes de Washington.
À lire aussi : Transports. Dans le Golfe, des camions par milliers pour contourner le blocage du détroit d’Ormuz Ajouter aux favoris Quelques heures après l’annonce du blocus, le président républicain a affirmé devant la presse que les Etats-Unis frappaient de nouveau l’Iran avec l’objectif de détruire les capacités offensives de Téhéran et de protéger le détroit d’Ormuz. Pendant une mission de cinq heures, « les forces américaines ont frappé des cibles militaires » dans plusieurs villes portuaires du sud de l’Iran, comme Bouchehr et Bandar Abbas, a détaillé le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) mardi matin.
Taxe maritime de 20 % Lors d’un entretien accordé à Fox News lundi, le président républicain a aussi précisé qu’en échange du contrôle du passage maritime, les États-Unis comptaient être remboursés “à hauteur de 20 % sur toutes les cargaisons transportées”. “L’Iran a toujours été le gardien du détroit et le restera pour toujours”, lui a rétorqué le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi sur X. Donald Trump “a tout à fait raison. Quiconque assure le passage sûr et sécurisé des navires commerciaux dans le détroit d’Ormuz devrait être rémunéré”, a-t-il ironisé, ajoutant : “20 %, c’est évidemment trop.
Nous serons équitables”. L’annonce de ces droits de passage a “semblé prendre de court certains membres de l’administration [Trump], des gouvernements étrangers et des organisations internationales”, observe ABC News qui rappelle que le ministre des Affaires étrangères américain Marco Rubio y est fermement opposé. Il estime que cela constituerait “une violation du droit international”, précise la chaîne. “Coup de poker” Trump semble parier “que si les Iraniens sont suffisamment sanctionnés, cela les poussera à changer d’avis et à revenir à la table des négociations”, analyse Alex Vatanka, chercheur principal au Middle East Institute, interrogé lundi par Al-Jazeera.
Mais c’est “un coup de poker”, a-t-il ajouté, avertissant que cette approche pourrait “entraîner une escalade, car l’Iran a constamment indiqué qu’il répondrait à la pression par des représailles plutôt que par des concessions”. Vatanka a également mis en garde contre le fait de présenter le différend autour du détroit d’Ormuz comme une question de souveraineté. “Ce n’était pas une question de souveraineté avant que les États-Unis et Israël n’attaquent l’Iran, et c’est devenu une question de souveraineté [pour l’Iran] simplement parce que c’était la seule carte qui lui restait”, note-t-il. “Je pense qu’ils continueront à jouer cette carte tant que le processus diplomatique aura encore une chance d’aboutir.” “Bien que les discussions diplomatiques se poursuivent entre les deux pays, elles semblent désormais en grande difficulté”, remarque Politico. Le président américain a affirmé lundi que l’accord conclu le mois dernier entre les États-Unis et l’Iran pour rouvrir le détroit d’Ormuz et entamer des négociations sur la question du programme nucléaire de Téhéran n’était qu’“un test”, “rejetant ainsi ce qu’il avait qualifié quelques semaines plus tôt de ’formidable accord’ susceptible d’ouvrir la voie à un accord de paix plus large au Moyen-Orient”, observe The Washington Post.
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