Curiosité diplomatique : à l’issue du sommet de l’OTAN d’Ankara, les chefs d’État et de gouvernement sont repartis avec un revolver turc gravé à leur nom, accompagné de six cartouches et d’un kit de nettoyage. Ankara exporte désormais autant ses armes que sa position stratégique. Washington rouvre le dossier des F-35.
Exclue du programme en 2019 après l’achat des missiles russes S-400, la Turquie retrouve les faveurs américaines. M. Recep Tayyip Erdoğan poursuit pourtant la même politique : rapports de force avec ses alliés, dialogue avec Moscou, interventions régionales, soutien au nouveau pouvoir syrien. Ankara a changé de valeur, pas de ligne. La guerre en Ukraine, le réarmement européen et la confrontation avec l’Iran ont fait grimper sa cote.
Ses détroits ouvrent ou ferment la mer Noire, ses drones circulent sur les champs de bataille, ses usines intéressent une Europe qui se réarme. Chaque crise ajoute un péage à la route d’Ankara. Cette réhabilitation inquiète Israël qui dépend largement de l’appui des États-Unis.
Déjà l’opinion américaine s’élève contre la politique de Tel-Aviv. À présent, c’est la Maison Blanche qui, selon M. Benjamin Netanyahou, glorifie « un régime infecté par les Frères musulmans » au moment où celui-ci devient un candidat sérieux à l’hégémonie régionale. La Valise diplomatique contient essentiellement des textes signés — ou non-signés — par des membres de la rédaction, ou commandés par eux, en réaction à une actualité dont le journal papier ne s’est pas emparé sur le moment.
Elle héberge également des dossiers d’actualité, souvent composés d’une liste d’archives du Monde diplomatique et de ressources externes.