La ville de Gentilly (Val de Marne – 94) s’appuyait depuis longtemps sur un environnement construit autour des outils Microsoft, aussi bien pour la bureautique que pour l’intranet, sous SharePoint. Dès 2020, la collectivité entame une réflexion sur la réduction de sa dépendance aux solutions extra-européennes. Le chantier avance progressivement, au rythme d’un inventaire des outils et applications utilisés par les services.
« Nous avons progressivement engagé une réflexion globale sur notre système d’information afin de privilégier des solutions que nous maîtrisons davantage et qui répondent mieux à nos enjeux de souveraineté », indique Dominique Joseph-Eugène, DSI de la Ville de Gentilly. Une cyberattaque comme point de bascule En 2025, une cyberattaque touche une partie du système d’information de la collectivité et le paralyse pendant plusieurs mois. L’incident pousse la Ville à relancer et accélérer plusieurs chantiers déjà engagés, dont celui des outils collaboratifs.
« Cet épisode a été un véritable électrochoc. Il nous a obligés à remettre à plat notre environnement numérique et à accélérer certaines transformations déjà engagées », ajoute Dominique Joseph-Eugène. Remplacer SharePoint La collectivité choisit de remplacer son intranet SharePoint par Jamespot, une plateforme collaborative hébergée en France.
Le projet, relancé après la cyberattaque, est mis en service fin 2025. Il fait passer l'intranet d'un fonctionnement essentiellement descendant à un espace intégrant une dimension de réseau social d'entreprise, où les agents peuvent commenter et partager l'information, en plus d'y accéder. « Nous sommes passés d'un intranet essentiellement descendant à une véritable plateforme collaborative.
L'information circule mieux, mais surtout, les agents peuvent désormais participer et contribuer. Cela change profondément la manière de travailler », souligne Axel Burklé, chargé de communication interne. Un projet parti des besoins du terrain Avant de choisir un outil, la ville de 19 000 habitants a mené un diagnostic auprès de ses équipes pour identifier leurs besoins réels.
Les demandes qui en sont ressorties portaient sur davantage d'échanges, des outils plus interactifs et une information moins descendante. « Le projet n'est pas parti d'un outil, mais d'un besoin. Les agents ont exprimé ce qui leur manquait au quotidien, et cela a fortement facilité l'adhésion », précise Axel Burklé.
Environ 480 agents, soit près de 60 % des effectifs concernés, sont aujourd'hui connectés à la plateforme Jamespot. L'adoption reste progressive, en particulier du côté des agents de terrain, moins équipés en accès numériques que les postes administratifs. Une transition qui reste partielle Le remplacement de l'intranet s'inscrit dans une démarche plus large de reprise en main du système d'information.
La collectivité dit privilégier désormais des solutions françaises ou européennes pour une partie croissante de ses outils, avec l'objectif de gagner en interopérabilité et de réduire sa dépendance à un écosystème unique. Certaines briques Microsoft restent toutefois encore en place, la bascule se faisant progressivement plutôt que d'un bloc. « La souveraineté est devenue un enjeu très concret pour les collectivités.
Il ne s'agit plus seulement d'un principe, mais d'une réalité opérationnelle qui impacte directement notre architecture, nos choix technologiques et notre capacité à maîtriser nos données », conclut Dominique Joseph-Eugène. Photo : © DR