Le groupe Banijay, propriétaire de Betclic, acquiert le réseau de casinos Joa pour renforcer sa stratégie multicanale et combiner jeux en ligne et expérience physique. Banijay Group, déjà propriétaire de Betclic, a annoncé l’acquisition des 33 casinos Joa, implantés sur l’ensemble du territoire français. Ces établissements, qui accueillent plus de 4,6 millions de visiteurs chaque année, ont réalisé l’an passé 430 millions d’euros de chiffre d’affaires brut en 2025.

Banijay Gaming, la branche jeux du groupe fondé par Stéphane Courbit, rachète Joa, le numéro 2 français du secteur en nombre d’établissements derrière le groupe Partouche, auprès des fonds Blackstone et Kings Park Capital. Une stratégie de diversification accélérée Cette opération s’inscrit dans la volonté de Banijay de renforcer sa position dans le secteur du gaming, en misant sur la complémentarité entre jeux en ligne et expérience physique. "Avec l’intégration de Joa, Banijay Gaming étend cette stratégie en complétant son leadership digital par un vaste réseau de casinos, ajoute Nicolas Béraud.

Cela correspond aux attentes des joueurs, qui veulent continuer à se divertir dans des lieux physiques. Nous souhaitons leur proposer une expérience globale". Depuis la fusion avec Betclic en 2022, Banijay marche sur deux jambes : la production et la distribution de contenus TV ("Black Mirror", "MasterChef", "Survivor", "Big Brother"...) d’un côté, où il est numéro un mondial parmi les acteurs indépendants, et les jeux et paris sportifs en ligne de l’autre.

Cette deuxième activité génère près de la moitié de ses revenus et pèse 55% de ses profits. Elle regroupe les marques Betclic et, depuis l’automne dernier, Tipico. Banijay a pris le contrôle du leader du pari sportif en Allemagne et en Autriche en déboursant 3 milliards d’euros.

Après avoir franchi la barre des 5,4 millions de joueurs (+16%), il vise désormais le Top 5 mondial d’ici à 2030. Comme la plupart des acteurs du secteur, Joa a fait évoluer son business model ces dernières années en allouant 50% de la surface de ses casinos à des restaurants, des bars, des salles de spectacles, des bowlings, afin de les moderniser. "Nous avons construit de véritables lieux de divertissement, ce qui a contribué à moderniser l’expérience et à attirer des clientèles diverses", précise Laurent Lassiaz, président de Joa.

Le secteur des casinos en France fonctionne via un régime de délégation de service public. "La France est le premier marché européen (2,7 milliards d’euros de chiffre d’affaires), avec 2,6% de croissance en moyenne au cours de la dernière décennie (hors Covid)", indique Nicolas Béraud. Le groupe de Stéphane Courbit compte ainsi proposer un parcours plus fluide entre les canaux physiques et digitaux et développer des synergies entre ces deux univers.

"Demain, Betclic, deuxième plateforme de poker en France, pourrait effectuer en ligne la phase de qualifications de ses tournois puis emmener les joueurs, dans les phases finales, dans les casinos Joa", détaille le patron de la division gaming de Banijay. Les jeux de casinos en ligne (blackjack, roulette, machines à sous...) restent interdits en France, même s’il existe de nombreux sites illégaux. Dans le passé, certains groupes de casinos physiques ont réclamé qu’une éventuelle libéralisation supplémentaire des jeux en ligne leur soit réservée.

Ambitions internationales et croissance En l’espace d’un an, le groupe français, coté à Amsterdam depuis quatre ans, a changé de dimension. Il entend dépasser les 10 milliards d’euros de revenus en 2029, contre 7,4 milliards d’euros l’an passé. Cette approche multicanale devrait permettre à Banijay Gaming de se développer à l’international, via de la croissance organique et des acquisitions, en Europe d’abord, mais aussi en Afrique et en Amérique latine.