Le 7 avril dernier, le fils du président américain, M. Donald Trump junior, atterrissait en Republika Srpska, la république serbe de Bosnie-Herzégovine, pour apporter le soutien ostentatoire des États-Unis à M. Milorad Dodik. Ancien président de cette entité, dont il reste l’homme fort, celui-ci estima que cette visite valait démonstration face au pouvoir central de Sarajevo. Assortie de quelques concessions, cette disposition favorable de la Maison Blanche à son égard a permis à M. Dodik de faire lever les sanctions américaines qui le visaient depuis plusieurs années.
Inculpé en septembre 2023 pour non-respect des décisions du haut représentant Christian Schmidt, véritable proconsul du pays, l’ancien président de la Republika Srpska n’avait cessé de contester les décisions de justice. L’Assemblée de la république autonome a même adopté des lois contestant les institutions judiciaires centrales, ce qui a conduit le parquet de Sarajevo à engager de nouvelles poursuites. Après sa condamnation en appel à un an de prison avec sursis et à six ans d’inéligibilité, en août 2025, M. Dodik a défié le mandat d’arrêt international le visant en rencontrant M. Benyamin Netanyahou en Israël, puis M. Vladimir Poutine à Moscou.
Après l’escalade, soudainement, la tension est redescendue. L’Assemblée de la Republika Srpska a retiré les lois contestées. M. Dodik a quitté la présidence et reconnu la légitimité d’une juridiction qu’il disait rejeter en réglant une amende qui annule sa condamnation. « Ce n’est pas une bonne chose de démettre ainsi un président de la République, a martelé l’intéressé à la veille de recevoir M. Trump junior.
Mais si cela sert la lutte de long terme de la Republika Srpska, alors c’est utile. » Depuis, M. Dodik a multiplié les apparitions aux États-Unis aux côtés de figures trumpistes, dont M. Michael Flynn, conseiller à la sécurité nationale durant le premier mandat du président Donald Trump et devenu son lobbyiste. (…) En cliquant sur « S’inscrire », je reconnais avoir pris connaissance de la politique de confidentialité du Monde diplomatique et des droits dont je dispose sur mes données personnelles.