Dessin de Brian Stauffer, Etats-Unis Source : Meduza Traduit du russe Réservé aux abonnés Lecture 11 min. Publié le 5 juillet 2026 à 05h00 En Russie, les signaux d’un mécontentement croissant à l’égard du pouvoir s’accumulent. Tandis que les attaques ukrainiennes de drones s’intensifient et atteignent le pays en profondeur, la population subit les blocages de l’Internet décidés par l’État.

Parce que le contrat social qui prévalait entre le Kremlin et la société ne tient plus, l’autorité de Vladimir Poutine apparaît aujourd’hui fragilisée, observe le politologue Alexandre Baounov dans le média russe indépendant “Meduza”. En Russie, l’atmosphère a changé. Elle est plus trouble, plus opaque.

En tout lieu, sur les réseaux sociaux, dans les conversations de part et d’autre de la frontière, les messages prennent une tournure toujours moins élégante. D’habitude guillerets, les hommes d’affaires se renfrognent. Les loyalistes se plaignent des interdictions et des répressions.

La pagaille administrative se voit jusque dans les moindres détails du quotidien. Dans les librairies, les ouvrages des grands écrivains portent désormais des avertissements menaçants qui leur donnent des airs d’“agents de l’étranger”. Les plans de défense à long terme que les autorités compétentes publient en ligne font comprendre qu’il est prévu de se protéger contre les drones ennemis au moins jusqu’en 2030.

Dans les sondages, Novye Lioudi (“Gens nouveaux”, parti politique né il y a quelques années dans les bureaux de l’administration présidentielle) dépassent tout à coup les plus anciens partis de la Douma, simplement parce qu’ils ont l’air moins déchaînés que ceux-ci. Les propagandistes qui, il y a trois ou quatre ans à peine, criaient victoire – victoire notamment sur leurs amis [qui désapprouvaient la guerre] – se remettent maintenant en question dans des interviews et des messages vidéo. Vladimir Soloviev, coryphée de la t Offres spéciales Pour lire la suite de cet article, abonnez-vous Accédez à l’intégralité de nos contenus sur le site et l’application en vous abonnant à l’offre spéciale.

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Après son éviction par l’actionnaire de Lenta.ru, en mars 2014, alors que son pays mène une guerre hybride contre l’Ukraine, elle s’expatrie avec une partie de son équipe, estimant qu’elle ne peut plus exercer son métier librement en Russie. “Nous sommes pour la liberté de la diffusion de l’information… Nous méprisons la propagande et préférons au journalisme d’opinions, le journalisme de faits”, tels sont les principes mis en avant par le titre. Il s’agit aujourd’hui d’un des principaux titres généralistes de la presse russe en exil.

En janvier 2023, le site a été désigné “organisation indésirable” par l’État russe. La même année, le média s’est doté de sa propre maison d’édition. Lire la suite Sur le même sujet Article réservé aux abonnésOpinion.

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