Meta teste une nouvelle application, Pocket, qui permet de créer des mini-jeux et expériences interactives à partir de simples requêtes en langage naturel. Une étape de plus dans la stratégie d’intégration massive de l'IA dans les plateformes sociales du groupe de Mark Zuckerberg.Un nom banal pour une ambition qui l’est beaucoup moins. Avec Pocket, Meta s’aventure un peu plus loin dans sa tentative de remodeler les usages sociaux autour de et grâce à l’intelligence artificielle.L’application a été repérée par Alessandro Paluzzi, expert en rétro-ingénierie et observateur régulier de nouvelles applications et fonctionnalités.

Elle permet de créer de petites expériences interactives, comme des jeux simples, des objets numériques, ou des scénarios interactifs, à partir d’une requête écrite en langage naturel. Meta la présente comme une "plateforme créative pour créer et partager des gizmos", le terme choisi pour désigner ces objets interactifs.Créer des gizmosDans les captures d’écran disponibles sur Google Play, l’interface affiche un flux où les utilisateurs peuvent découvrir les créations des autres, les tester, et les remixer. Une logique familière pour Meta, qui transpose ici les codes du fil d’actualité à des contenus générés par IA."Ces gadgets réagissent au toucher et à l'inclinaison de votre téléphone.

Ils diffusent des effets sonores et vos chansons préférées. Ils peuvent utiliser votre appareil photo ou importer des photos de votre pellicule. Certains sont même capables de comprendre le monde qui les entoure", explique également Meta dans la description de Pocket sur Google Play.L’application aurait été lancée discrètement le 29 juin 2026 sur iOS et Android, selon les données du cabinet Appfigures, même si aucune annonce officielle n’a été faite par Meta.

Contactée, l’entreprise n’a pas répondu aux sollicitations de Techcrunch.Pocket ressemble fortement à Gizmo, une plateforme développée par la société Atma Sciences Inc., spécialisée dans les outils de création assistée par IA et récemment rachetée par Meta. L’entreprise a également obtenu une licence sur sa technologie et intégré plusieurs ingénieurs issus de cette équipe.Gizmo avait déjà posé les bases du concept: permettre à n’importe qui de générer, à partir d’une simple instruction, une expérience interactive partageable. Selon Appfigures, la plateforme avait atteint 635.000 installations et un taux d’avis positifs de 98% avant son absorption progressive dans l’écosystème Meta.Une autre vision de l'IA et des réseauxDepuis quelques mois, le groupe de Mark Zuckerberg multiplie les expérimentations autour de l’IA générative.

Il est ainsi possible de créer des images par IA via l'application Meta AI ou encore des vidéo IA via la plateforme sociale Vibes. L'entreprise a également intégré des fonctionnalités d'IA à ses réseaux sociaux et à son application de montage vidéo pour créateurs, Edits.En effet, pour le patron du géant de la Silicon Valley, l'IA n’est plus seulement un outil, mais un langage de production sociale. Ses rêves de Metavers et de réalité virtuelle pour tous ont progressivement laissé place à une nouvelle vision: un flux social généré par l'IA.Des exemples de gizmos créés sur Pocket. © MetaPour le PDG de Meta, les applications actuelles "donnent l'impression d'être des algorithmes qui recommandent du contenu", précisait-il lors d’une conférence téléphonique sur les résultats financiers, en janvier dernier, relayée par The Verge.

Mais cela va changer, selon lui, car les applications de Meta accueilleront à terme les utilisateurs avec une IA qui les "comprend", peut leur proposer du contenu qu'ils aiment et "générer un excellent contenu personnalisé". Le lancement de Pocket semble concrétiser cette idée.Reste que l’application semble encore en phase de test. Plusieurs utilisateurs, notamment aux États-Unis, indiquent qu’elle n’est pas accessible au téléchargement, malgré sa présence sur les stores.

Meta précise d’ailleurs dans sa documentation que le service n’est pas encore disponible partout.Cette discrétion contraste avec la logique habituelle du groupe, qui privilégie souvent des lancements à grande échelle. Elle suggère une phase d’expérimentation, mais aussi une prudence inhabituelle autour d’un produit qui touche directement à la frontière entre création, jeu et réseau social.Top ArticlesKim Dotcom vient d’essuyer un nouveau revers judiciaire dans sa lutte contre son extradition vers les Etats-Unis débutée en 2012: il y risque, selon lui, jusqu’à 150 ans de prisonCe sera bien 4,1 milliards d'euros: la Cour de Justice de l’Union européenne confirme l’amende infligée à Google pour abus de position dominante"Tout cela est inventé, et on ne s’en rend même pas compte": entraînés à imiter des personnalités publiques, des chatbots se sont montrés "plus authentiques, plus cohérents et plus pertinents" que leurs modèlesFace à Sony qui arrête les disques physiques, Xbox testerait un système permettant de numériser les jeux vidéo qu'on possède sur support physiqueIls sont cinq, âgés de 16 à 22 ans, ces jeunes Français ont été interpellés après les piratages de millions de fiches de patients dans une dizaine d'établissements de santé