Google ne sera pas parvenu à faire annuler la lourde amende que l’Europe lui avait infligée pour abus de position dominante via Android. Huit ans après, l’entreprise a épuisé son dernier recours. La Cour de justice de l’Union européenne vient de le rejeter.
Elle a suivi l’avis que l’avocate générale avait rendu en juin 2025. Le montant initial de l’amende était de 4,34 Md€. Le Tribunal de l’UE l’avait légèrement réduit en 2022.
À 4,125 M€ en l’occurrence. Mais il avait confirmé l’essentiel des griefs. Parmi eux, deux obligations faites aux fabricants pour accéder au Play Store.
D’une part, préinstaller l’application Google Search et le navigateur Chrome. De l’autre, s’abstenir de proposer des versions alternatives d’Android non approuvées par Google. Bruxelles avait aussi sanctionné l’octroi, à ces mêmes fabricants, de commissions surbordonnées au préchargement exclusif de Google Search (pas d’autre moteur de recherche).
Les effets de réseau nés de ces pratiques ont permis de renforcer de manière cumulative la position de Google Search, avait expliqué l’avocate générale de la CJUE. Google Shopping, une première grosse amende confirmée en 2024 Ce dossier restera emblématique de l’action de Margrethe Vestager en tant que commissaire européenne à la concurrence. Lire aussi : Publicités trompeuses : Que Choisir attaque Meta, TikTok et Google devant l'Arcom Il y en a eu d’autres.
Dont l’affaire Google Shopping. Sanctionnée à hauteur de 2,42 Md€ en 2017, l’entreprise a échoué à faire annuler la décision auprès du Tribunal de l’UE (novembre 2021) puis de la CJUE (septembre 2024). Elle est en meilleure posture dans l’affaire AdSense.
L’amende de 1,49 Md€ que Bruxelles lui avait infligée en 2019 a été annulée en septembre 2024 par le Tribunal de l’UE. Un pourvoi est en cours à la CJUE. En septembre 2025, Google a eu droit à une autre sanction dans le domaine de la pub en ligne, pour des pratiques allant au-delà du seul AdSense.
Pour avoir favorisé ses propres services, il a écopé de 2,95 Md€ d’amende. Un décision dont il a fait appel en janvier 2026. Android également surveillé dans le cadre du DMA En parallèle, la Commission européenne a ouvert une enquête antitrust autour des « Aperçus IA » (AI Overviews).
C'est-à-dire les extraits générés par IA qui s'affichent dans Google Search en réponse à certaines requêtes. La crainte : une exploitation des contenus d'éditeurs - et des vidéos YouTube - sans compensation adéquate. Android fait l'objet d'un autre suivi, au titre du DMA (législation sur les marchés numériques).
Celui-ci impose, entre autres, des obligations d'interopérabilité. Il y a quelques semaines, la Commission européenne a proposé des mesures pour mettre en œuvre ces obligations. Objectif, dans les grandes lignes : que les applications tierces aient le même niveau d'accès à certaines fonctionnalités que les services de Google.
Parmi ces fonctionnalités : Circle to Search (par un appui long sur le bouton d'accueil ou la barre de navigation, invocation de Google Search, qui peut se superposer aux autres apps et exploiter le contexte) « Hey Google » (invocation de services en prononçant un mot-clé) AppSearch (accès centralisé aux données des applications) Illustration générée par IA