Office, Windows, SQL Server… La Ville de Lyon ne veut plus des logiciels Microsoft. Il y a tout juste un an, cette décision avait eu un certain écho.
Elle n’avait, en soi, rien de nouveau : les démarches étaient déjà engagées. La municipalité leur avait cependant donné du relief par voie de communiqué. Elle déclarait son intention ferme « ne plus être dépendante des solutions logicielles états-uniennes ».
Et exposait deux initiatives structurant cette « volonté d’émancipation ». D’une part, le déploiement d’une bureautique libre au sein de ses services, autour d’OnlyOffice. De l’autre, la création d’une suite collaborative intercommunale.
Ce projet devait alors s’échelonner jusqu’à 2028. Aux manettes, un opérateur public de la région : le SITIV (Syndicat intercommunal des technologies de l’information pour les villes). Un rapport sur la France… alimenté par la France Cet épisode est repris dans un rapport de la Commission européenne.
Plus précisément de sa direction générale de l’informatique (DIGIT). Sujet : l’état de l’open source en France. Lire aussi : L'open source n'est plus "gratuit par défaut" : il devient un choix stratégique et responsable La première version de ce rapport remonte à 2020.
Elle résultait de travaux menés par Wavestone dans le cadre du programme ISA (Solutions d’interopérabilité pour les administrations publiques européennes). Une première mise à jour était intervenue en 2023, reflétant la situation à février. En toile de fond, il n’y avait plus l’ISA, mais l’« Europe interopérable », concept qui deviendrait un programme l’année suivante.
Dans ce contexte, le think tank OpenForum Europe avait officiellement pris la main sur le rapport, Wavestone restant néanmoins impliqué. Deloitte a rejoint la boucle pour une deuxième mise à jour, arrêtée à mai 2026. Comme de coutume, on nous précise que le contenu « ne reflète pas nécessairement l’opinion officielle de la Commission européenne ».
Il faut dire qu’à nouveau, la France a apporté sa contribution. Notamment par la voie de : Jaime Arredondo, expert open source à la DINUM Pierre Baudracco, fondateur de Blue Mind et coprésident du CNLL Matthieu Faure, directeur de l’Adullact Stéfane Fermigier, fondateur d’Abilian et coprésident du CNLL Pierre-Yves Gibello, directeur général d’OW2 Bastien Guerry, responsable des partenariats de Software Heritage et ancien référent logiciel libres de la DINUM 2026 : l’ANSSI remodèle sa posture sur l’open source… De la loi Lemaire à l’équipe InriaSoft en passant par le basculement de la gendarmerie nationale vers Linux, l’essentiel des éléments qui figuraient dans la version 2023 ont été conservés.
Au rayon des nouveautés, il y a le remodelage de la posture générale de l’ANSSI sur l’open source. C’était en février 2026. L’agence l’affirme désormais comme levier de sa politique industrielle.
Elle met davantage d’accent sur les licences, les transferts de projets et sur sa propre utilisation de solutions open source. … et la DINUM crée un « forum du numérique ouvert » Autre nouveauté 2026 : le « forum du numérique ouvert ». Il s’inscrit dans l’offre du pôle « open source et communs numériques » de la DINUM. Il y complète le « portail du numérique ouvert » (ressources, produits, événéments et communautés soutenus par la DINUM et ses partenaires autour du numérique ouvert dans l’administration) et la documentation associée. L’accès est réservé aux agents.
Promesse : compléter « une dynamique d’entraide […] jusqu’ici diffuse sur des canaux Tchap ». 2025 : DC-EDIC voit le jour... Pour 2025, le rapport mentionne la création de DC-EDIC.
C'était au mois d'octobre. L'Allemagne et la France sont fondatrices de ce consortium européen pour les communs numériques, aux côtés des Pays-Bas et de l'Italie. Le siège statutaire se trouve à Paris.
Deux projets sont en cours. D'une part, des « sprints » de 100 jours pour améliorer l'interopérabilité de composants open source - le focus initial est sur La Suite Numérique et ses homologues allemande (openDesk) et néerlandaise (MijnBureau). D'autre part, un pilote de fonds européen pour la tech souveraine.
Il s'inspire de la Sovereign Tech Agency allemande, qui a investi dans des briques critiques comme cURL, FreeBSD, GNOME, Python, PHP et OpenSSH. ... comme France Numérique Libre En mai 2025, la France fut le premier pays à approuver les Principes des Nations unies pour l'open source. Ils s'articulent en 8 lignes directrices : ouvert par défaut, sûr dès la conception, conçu pour être réutilisé, etc. Depuis, l'Afrique du Sud a fait de même. Comme, dans la sphère publique, le land allemand du Schleswig-Holstein, le canton de Genève et le ministère de la Justice turc.
En avril 2025 naquit France Numérique Libre. Des responsables informatiques de collectivités territoriales* sont à l'origine de ce collectif destiné à échanger sur la mise en place de logiciels libres. 2023-2024 : la DINUM active subventions, mécénat... et La Suite Numérique Sur la période 2023-2024, il y a le démarrage de La Suite Numérique.
Le projet a émergé dans la continuité du SNAP (sac à dos numérique de l'agent public). Il en a repris les principales briques (Tchap, France transfert, Audioconf, Webconf...) avec un double objectif d'interconnexion et d'extension. L'ANCT a la charge de la conception et du déploiement d'une déclinaison ciblant les collectivités (La Suite Territoriale).
Lire aussi : Open source : ce que l'UE vise désormais Fin 2023, la DINUM signait une convention de mécénat pour 12 mois avec DesCodeuses. Elle s'engageait à mettre une partie de ses salariés à disposition de cette association qui forme au numérique les femmes des quartiers populaires. Fin 2022, elle avait signé une convention de subvention pour la Fondation NLnet.
Cette dernière, née en 1997 après la vente des activités commerciales du FAI du même nom, a depuis lors soutenu des projets autour de Collabora, DNSSEC, OpenPGP, Rust, etc. Le soutien de la DINUM était dans la perspective de remettre des prix FLOSS (Free Libre Open Source Software) à des citoyens et des organisations de l'UE, pour leur travail sur les logiciels libres utilisés dans les administrations françaises. Le premier fut attribué en 2024 à Simon Kelley, créateur de dnsmasq (serveur DNS et DHCP). À consulter en complément : L'open source n'est plus « gratuit par défaut » La SNCF, utilisatrice désormais primée de l'écosystème Kubernetes Visio, la solution de l'État qui divise l'écosystème tech français La définition de l'IA open source demeure fondée sur un compromis * En tête de liste, Nicolas Vivant, directeur de la stratégie et de la culture numériques à la mairie d'Échirolles (région de Grenoble).
Photo d'illustration © LAYHONG - Adobe Stock