La tendance se confirme : Washington n’hésite plus à poser son droit de veto sur la diffusion de modèles d’IA. Dernier concerné : GPT-5.6. Le voilà lancé en preview… mais seulement auprès d’un « groupe de partenaires de confiance » que la Maison Blanche a approuvés au cas par cas.
OpenAI table sur une diffusion plus large « dans les prochaines semaines ». Il espère surtout un autre cadre pour mettre à disposition ses futurs modèles. La méthode actuelle « ne doit pas devenir le processus par défaut », affirme-t-il.
OpenAI tempère le niveau de risque de GPT-5.6 La famille GPT-5.6 comprend trois modèles : Sol, le plus puissant, avec un nouveau mode de raisonnement max et un mode ultra qui lance des sous-agents Terra, « équilibré pour le travail quotidien », dit au niveau de GPT-5.5 tout en étant « deux fois moins cher » Luna, « plus rapide et plus abordable » OpenAI assure que sur ExploitBench, GPT-5.6 Sol rivalise avec Claude Mythos Preview tout en produisant 3 fois moins de tokens. L’entreprise déclare surtout que le modèle ne dépasse pas les seuils critiques de risque cyber qu’elle a définis dans son Preparedness Framework. Il a bien identifié des bugs dans Chromium et Firefox, mais n’a « pas produit, de manière autonome, une chaîne d’exploitation fonctionnelle complète ».
Lire aussi : Jalapeño plutôt que Stargate : OpenAI a revu ses priorités OpenAI reconnaît toutefois sobrement que les benchmarks ne sont pas à même de refléter tous les usages potentiels d’un modèle. Une manière de justifier la période de preview, qui servira à mettre l’épreuve les garde-fous intégrés à GPT-5.6… Anthropic conteste le jailbreak qui aurait convaincu Washington Claude Mythos 5 et Fable 5 avaient été les premiers visés.
Le 12 juin, Washington les avait soumis au contrôle des exportations. Anthropic devait couper l’accès pour tout le monde, hormis les citoyens des États-Unis. Pour s’assurer de respecter cette obligation, l’entreprise a préféré débrancher complètement ses modèles.
Elle explique que l’administration Trump a invoqué des motifs de sécurité nationale, sans donner de détails. Le déclencheur semble avoir été la communication d’une méthode de jailbreak – possiblement par Amazon. Selon Anthropic, cette méthode « paraît relativement simple », d’autant plus que d’autres modèles accessibles au public – comme GPT-5.5 – permettent par défaut de l’exploiter.
Dans les grandes lignes, elle consiste à demander au modèle de corriger les vulnérabilités logicielles dans une codebase spécifique. Une capacité « déjà utilisée au quotidien » pour la cyberdéfense, constate-t-il. Le gouvernement fédéral se sera aussi probablement rappelé que quelques semaines en amont, un acteur des télécoms « lié à la Chine » avait obtenu le droit d'expérimenter Claude Mythos Preview (Anthropic avait fini par lui retirer l'accès).
Claude Mythos 5 et GPT-5.6 finalement soumis au même traitement Entre autres réponses à cette initiative, il y eut une lettre ouverte « Free Fable », sous l'impulsion d'Alex Stamos, ancien CTO de Facebook. Elle a réuni environ 200 signataires des sphères industrielle et académique. Y est défendue l'idée que des modèles comme Fable et Mythos sont essentiels pour la cyberdéfense.
Et que le fameux jailbreak relève en fait d'une capacité nécessaire pour tout modèle dont on attend qu'il produise du code sécurisé. En ce sens, il serait erroné d'y voir une capacité offensive. D'autant plus qu'elle est reproductible sur quantité de modèles, « même chinois, comme Kimi 2.7 ».
Alex Stamos brandit un autre épouvantail : les labos américains n'auraient pas tant d'avance sur leurs homologues chinois. Lesquels ont « probablement accès à plus de capacités » que les informations publiques ne le suggèrent... Lire aussi : { VivaTech 2026 } - L'Oréal choisit OpenAI pour ses projets IA Le 26 juin, Washington a finalement mis Claude Mythos 5 au même régime que GPT-5.6.
Anthropic a eu la permission de l'ouvrir, en preview, à des organisations triées sur le volet. Pas de nouvelles, en revanche, pour Fable. La Maison Blanche se donne un droit de regard sur les modèles en développement Début juin, Donald Trump a signé un décret relatif au déploiement et à la sécurité de l'IA.
Il impose, entre autres, de développer sous 60 jours une procédure classifiée pour évaluer les « capacités cyber avancées » des modèles d'IA. Et, de là, déterminer un seuil à partir duquel s'enclencherait une collaboration « sur la base du volontariat ». Les développeurs des modèles concernés auraient en l'occurrence la possibilité de : Discuter avec le gouvernement fédéral pour déterminer si des modèles en cours de développement atteignent ledit seuil Lui donner un accès à ces modèles jusqu'à 30 jours avant la date de publication prévue Définir ensemble des « partenaires de confiance » pouvant bénéficier d'un accès anticipé L'administration américaine a pris des pincettes en précisant que le décret ne crée aucunement un système de licence ou de préautorisation gouvernementale obligatoire pour développer, publier ou distribuer des modèles...
Joe Biden avait voulu contrôler l'exportation des poids de « modèles avancés » Traditionnellement, le contrôle des exportations s'est appliqué à des biens matériels. Avec le temps, il s'est étendu aux logiciels, aux codes sources, aux données, etc. En janvier 2025, à quelques jours de la fin de son mandat, Joe Biden avait signé un décret qui devait inclure, dans le contrôle des exportations, les poids de « certains modèles avancés » à double usage potentiel. L'exclusion aurait été totale pour Chine, Russie et Corée du Nord.
Une licence serait nécessaire dans tous les autres pays, à l'exception d'une vingtaine dont la France. L'administration Trump a annulé le décret en mai, juste avant qu'il prenne effet. Illustration