Stargate ou pas, le plus important est de sécuriser de la capacité de calcul. Cette inflexion est perceptible dans la stratégie d’OpenAI. La coentreprise, lancée en grande pompe début 2025 avec la bénédiction de Washington, n’est pas remise en cause.

Mais la réponse aux besoins en compute passe moins systématiquement par des projets de construction de datacenters. Contretemps et revirements pour la vitrine texane de Stargate Stargate est censé fédérer 500 Md$ de financements sur 4 ans afin de créer une infrastructure d’IA pour OpenAI. Oracle, SoftBank et le fonds souverain émirati MGX s’y sont associés.

Arm, Microsoft et NVIDIA sont partenaires technologiques. Lire aussi : Commerce agentique : OpenAI signe avec Visa La vitrine de l’initiative est un campus de datacenters à Abilene (Texas). Sur place, les travaux avaient démarré dès juillet 2024, sous la houlette de la société d’infrastructure Crusoe.

Il était alors question d’atteindre, à terme, 1,2 GW de puissance informatique sur une dizaine de bâtiments. Aux dernières nouvelles, moins de 300 MW sont opérationnels. L’essentiel l’est depuis septembre 2025 (Oracle avait livré les premiers racks GB200 au mois de juin).

Il existait un projet d’extension à 2,1 GW. Mais début 2026, OpenAI et Oracle ont décidé de ne pas le poursuivre. En toile de fond, des difficultés de financement, du retard dans le raccordement du réseau électrique… et donc, plus globalement, une certaine prise de distance vis-à-vis du totem Stargate* ; a fortiori dans la perspective de l’IPO, qui pousse à rationaliser les dépenses.

Microsoft a finalement « récupéré » cette tranche de 900 MW. Réduction de voilure à l’international En mai 2025, Stargate avait commencé à essaimer à l’international. OpenAI avait officialsié un projet aux Émirats arabes unis, avec la holding G42.

Il s’agissait de déployer pour 1 GW à Abu Dhabi, dont 200 MW qui seraient opérationnels en 2026. En juillet 2025, on nous avait annoncé une deuxième initiative hors des USA. En Norvège, en l’occurrence, avec l’entreprise britannique Nscale.

Objectif : 500 MW. Avec 100 000 GPU pour commencer et potentiellement 250 000 à terme. OpenAI n’a finalement pas trouvé d’accord pour exploiter l’ensemble de la capacité.

Microsoft a pris le relais pour environ 30 000 GPU. Le projet Stargate UK, lancé en septembre 2025 également avec Nscale, a carrément été mis en pause au printemps 2026. Officiellement, au nom des prix de l'énergie que d'une réglementation jugée trop restrictive.

OpenAI avait dit envisager un contrat d'achat allant jusqu'à 31 000 GPU. Du Michigan au Nouveau-Mexique, des campus Stargate... en puissance Le Texas accueillie deux autres projets placés sous la bannière Stargate. L'un est situé à une vingtaine de kilomètres du flagship d'Abilene.

Annoncé en août 2025, il est développé par Vantage Data Centers. Objectif : 1,4 GW de puissance IT sur 10 datacenters - le premier devant être livré au S2 2026. SoftBank fournira les puces.

Même chose pour l'autre projet, localisé à Burligton. Sa filiale SB Energy assure la construction. La phase 1 doit se terminer en octobre 2026.

Objectif : 1,2 GW. En septembre 2025 fut annoncé un autre site Stargate, dit Project Jupiter. Localisé à Santa Teresa (Nouveau-Mexique), il est censé atteindre 2 GW.

Blue Owl en est le principal financeur, avec un premier investissement de 50 Md$ sur 5 ans. STACK Infrastructure assure la construction. Le projet a fait l'objet de poursuites judiciaires pour l'opacité de la procédure d'autorisation.

Les deux dernières annonces de campus Stargate remontent à octobre 2025. Un projet, baptisé The Barn, se trouve à Benton (Michigan). Related Digital assure la construction.

Les premiers bâtiments devraient être opérationnels début 2027. Capacité visée : 1,4 GW, Oracle devant acquérir les puces. L'autre projet, appelé Lighthouse, est confié à Vantage Data Centers.

Avec, là aussi, Oracle pour fournir les puces. Sa construction doit démarrer en 2028. Capacité visée : 900 MW sur 4 datacenters.

Des gigawatts hors du périmètre Stargate SB Energy construit actuellement, dans l'Ohio, un datacenter hors du périmètre Stargate. OpenAI y ciblerait 10 GW de capacité de calcul, sur du NVIDIA. Il faudrait attendre 2028 pour qu'une première tranche de 800 MW entre en fonction.

Lire aussi : OpenAI lance sa course à l'IPO Toujours dans l'Ohio, OpenAI cherche aussi à louer des ressources sur le campus Fairwater de Mount Pleasant. Microsoft vient d'en achever la construction avec Vantage Data Centers, deux ans après avoir annoncé le projet. Instinct, Trainium, Jalapeño...

OpenAI voit au-delà de NVIDIA En septembre 2025, OpenAI s'était engagé à déployer au moins 10 GW supplémentaires de GPU NVIDIA. À commencer, au S2 2026, par 1 GW de Vera Rubin. NVIDIA avait annoncé, en retour, son intention d'investir jusqu'à 100 Md$ dans OpenAI.

En octobre avait suivi un accord avec AMD pour déployer jusqu'à 6 GW de GPU Instinct. Première étape : 1 GW en MI450 au S2 2026. En retour, AMD lui a donné la possibilité de monter à 10 % de son capital, à des conditions préférentielles.

En novembre, OpenAI avait signé, avec Amazon, un accord à 38 Md$ sur 7 ans, axé essentiellement sur l'usage de GB200 et GB300 via les UltraServers EC2. Début 2026, il y avait ajouté 100 Md$, échelonnés sur 8 ans. Cela comprenait un engagement à exploiter environ 2 GW en puces Trainium, via l'infra AWS.

En parallèle, OpenAI a travaillé à concevoir ses propres puces, avec Broadcom. Premier fruit de cette collaboration : l'ASIC Jalapeño, dédié à l'inférence. Pas encore massivement déployé, il porte néanmoins déjà quelques workloads, notamment avec GPT-5.3-Codex-Spark.

OpenAI et Broadcom avaient officialisé leur partenariat en octobre 2025. Elle s'assortissait de l'ambition de déployer, à l'horizon 2029, 10 GW d'accélérateurs. Greg Brockman avait alors expliqué que la collaboration entre les deux entreprises durait depuis 18 mois. * Plusieurs pontes de l'initiative Stargate sont d'ailleurs partis chez Meta en début d'année.

Illustration générée par IA