Un drapeau de la fierté LGBTQ+ flotte au Lumen Field avant un match en juin 2023 à Seattle, dans l’État de Washington. C’est dans ce même stade qu’aura la rencontre opposant l’Égypte à l’Iran ce 25 juin 2026. STEPH CHAMBERS / Getty Images via AFP L’Égypte et l’Iran s’affrontent ce vendredi soir à Seattle, un match décisif sur le plan sportif car les deux équipes, premières du groupe G, peuvent prétendre à une qualification pour les seizièmes de finale de la Coupe du monde.

Mais lorsque les supporteurs égyptiens et iraniens se rendront au stade Lumen pour assister à la rencontre, ils “traverseront des rues, décorées pour le week-end de couleurs interdites à Téhéran et au Caire : celles du drapeau arc-en-ciel”, symbole du mouvement LGBTQ+, écrit le site iranien en exil IranWire. Des drapeaux arc-en-ciel que l’on pourrait tout aussi bien retrouver à l’intérieur du stade, et ce, malgré les protestations exprimées par les fédérations de football des deux pays. À lire aussi : Football.

L’Égypte et l’Iran furieux contre le “match des fiertés” de la Coupe du monde 2026 Ajouter aux favoris Depuis 1974, la grande ville du nord-ouest des États-Unis organise tous les ans un “Pride week-end” à la fin du mois de juin. Et à l’occasion de la Coupe du monde, elle avait décidé, avant d’en connaître l’affiche, de faire du match qu’elle accueille le 26 juin un “match des fiertés”. Le hasard du tirage du sort, organisé en décembre dernier, a voulu que ce match oppose l’Égypte, où l’homosexualité est sanctionnée en vertu de lois contre la “débauche”, à l’Iran, où les relations homosexuelles sont interdites et passibles de la peine de mort.

Similitudes culturelles et religieuses Dès le mois de décembre, les fédérations égyptiennes et iraniennes de football ont demandé à la Fifa à ne pas être associé à l’événement. “L’Iran et l’Égypte sont deux pays musulmans qui partagent de profondes similitudes culturelles et religieuses, et les points de vue exprimés par les deux fédérations reflètent les valeurs et les croyances partagées par les peuples des deux pays”, a expliqué la fédération iranienne, sollicitée par The Athletic, le site sportif affilié au New York Times. Et d’appeler à ce qu’“aucune cérémonie ni activité promotionnelle” liée à la cause LGBTQ+ n’ait lieu “dans le stade, ni ne fasse partie de l’environnement du match”. À lire aussi : Visibilité.

En Iran, la communauté LGBTQI, aussi, se soulève contre le régime Ajouter aux favoris D’après The Athletic, les deux fédérations auraient tenté “de faire supprimer toute présence des symboles LGBTQ+ autour du match”. Une demande rejetée par la fédération internationale qui organise la compétition, notamment grâce à la “détermination” du comité d’organisation local de Seattle. Une source interne à la fédération égyptienne de football a déclaré au site égyptien Cairo24 qu’elle “avait refusé l’organisation d’animations liées à l’homosexualité à l’intérieur du stade […].

Elles se dérouleront à l’extérieur du stade”. Les drapeaux arc-en-ciel autorisés dans le stade Mais on pourrait bien voir les couleurs LGBTQ+ à l’intérieur du stade Lumen, sous la tutelle, lui, de la Fifa, comme tous les stades de la compétition. Dans un premier temps, la Fifa, qui avait été critiquée pour sa mollesse sur la question lorsqu’elle s’est posée lors de la Coupe du monde au Qatar en 2022, a semblé vouloir prendre ses distances avec l’affaire. “Il n’y aura pas de match des fiertés à la Coupe du monde.

Il y aura un match de la Coupe du monde de la Fifa et le même jour, des événements seront organisés dans la ville. Mais cela n’a rien à voir avec le match”, avait déclaré son président Gianni Infantino dans une interview à l’hebdomadaire suisse Die Weltwoche. À lire aussi : Piège.

En Égypte, la police traque les homosexuels sur les applications de rencontre Ajouter aux favoris Mais ce mercredi, rapporte The Athletic, la Fifa a affirmé dans un communiqué que les drapeaux arc-en-ciel étaient “autorisés en vertu du Code de conduite des stades de la Coupe du monde de la Fifa 2026 et peuvent être affichés à l’intérieur des stades à condition qu’elles soient utilisées d’une manière conforme au code”. Et ce, alors que “l’Iran et l’Égypte souhaitaient réprimer toute manifestation extérieure de fierté dans le stade, y compris le fait de brandir des drapeaux arc-en-ciel”, écrit le quotidien britannique The Telegraph. “Nous prévoyons de voir beaucoup de drapeaux arc-en-ciel dans le stade et des tee-shirts ornés de ces mêmes couleurs”, a déclaré Hedda McLendon, membre du comité d’organisation de la Coupe du monde à Seattle, au site américain Outsports sur les questions LGBTQ+ dans le sport. Julien Abiramia Football Moyen-Orient Société Iran Homosexualité LGBTQI Sur le même sujet Droits.

Être LGBTQI en France et dans le monde, c’est vivre entre inquiétude et mobilisation Ajouter aux favoris Culture. “Boys Like Us” : la série YouTube qui dépoussière l’image du Nigeria LGBTQI Écouter l’article Ajouter aux favoris Reportage. Au Sénégal, “le courage des voix discrètes” face à l’homophobie d’État Écouter l’article Ajouter aux favoris Article réservé aux abonnésSociété. Aux États-Unis, les Marches des fiertés menacées par le retrait de certains sponsors Écouter l’article Ajouter aux favoris Nos services HORS-SÉRIE Que faire quand la température atteint les 50 °C ?

Quand la mer monte inexorablement ? Que faire au quotidien dans un monde bouleversé par le dérèglement climatique ? Des rues de Kigali à celles de Singapour, des clubs de foot d’Argentine aux appartements de Delhi, des champs du nord de la Chine aux prairies italiennes, les citoyens s’organisent, s’entraident et cherchent des solutions pour s’adapter.

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