5G : un seul opérateur français délivre la vraie 5G, chez les autres vous êtes en 4G… 83 % du tempsUne étude sur 29 pays révèle l'ampleur du bluff Par Aymeric Geoffre-Rouland Publié le 24/06/26 à 18h53 Nos réseaux : Suivez-nous Ajoutez nous à vos favoris Google Commenter (1) 4 © Karlis Dambrans - L'icône 5G s'affiche plus de 78 % du temps sur les smartphones européens. Dans les faits, seuls 14,5 % du temps de connexion passent réellement par un réseau 5G, et 1,8 % par la vraie 5G Standalone.
1 Ce que votre téléphone affiche n'a rien à voir avec la 5G à laquelle il est réellement connecté. Opensignal, référence indépendante du secteur télécom dont la méthodologie est reconnue par la FCC et citée par la Commission européenne, vient de publier son analyse du premier trimestre 2026, fondée sur des milliards de mesures collectées en conditions réelles dans 29 marchés européens. Le constat est limpide : la couverture 5G affichée à l'écran et l'infrastructure réellement utilisée par votre téléphone n'ont quasiment rien en commun.La raison tient en un acronyme que les opérateurs ne mettent jamais en avant.
La quasi-totalité du réseau 5G européen fonctionne en mode Non-Standalone (NSA) : une couche radio 5G greffée sur un cœur 4G. La 5G Standalone, elle, repose sur un cœur cloud-natif indépendant, capable de réduire la latence, d'améliorer l'efficacité spectrale et d'activer le network slicing. C'est la 5G que l'industrie avait promise.
Cinq ans après les premiers lancements commerciaux, seuls 11 opérateurs en Europe l'ont déployée à une échelle mesurable.Répartition du temps de connexion par génération de réseau en Europe, du T1 2022 au T1 2026. La 5G a été multipliée par dix, mais la 4G porte encore 82,9 % du trafic.© OpensignalTrois opérateurs dominent, la France est coupée en deuxTrois réseaux concentrent l'essentiel du temps passé en 5G SA : (Autriche) à 37,1 %, Sunrise (Suisse) à 36,7 % et Movistar (Espagne) à 35,4 %[/link]. Le point commun : ces opérateurs ont basculé l'ensemble de leurs abonnés 5G sur le réseau SA par défaut, sans surcoût, sans option à activer, sans friction commerciale.Disponibilité du signal 5G (en haut) vs temps réellement passé en 5G et en 5G Standalone (en bas), par pays.
L'écart entre le logo affiché et la connexion réelle est massif partout en Europe.© OpensignalEn France, Free Mobile a suivi la même logique. Lancée en septembre 2024 sous le nom "5G+", sa 5G Standalone est activée par défaut depuis fin 2025. Résultat : 14,1 % du temps de connexion de ses abonnés 5G passe sur le réseau SA, le score le plus élevé du pays, et de loin.
Free affiche aussi la meilleure progression de latence de l'ensemble du panel européen (-32,4 %) et une qualité constante de 94 %, la plus haute parmi les 11 opérateurs SA étudiés.Part du temps de connexion passé en 5G Standalone par opérateur. Seuls 11 réseaux européens dépassent les 4 %. Free Mobile est le seul opérateur français du top 11.© OpensignalDerrière, c'est le désert.
Bouygues Telecom atteint 0,7 %, SFR 0,5 %, Orange France 0,5 %. Les trois opérateurs ont techniquement lancé leur offre SA, mais avec des stratégies d'activation restrictives (opt-in, offre entreprise d'abord, déploiement partiel) qui maintiennent le trafic sur l'ancien cœur 4G.La 5G SA, un pari de rattrapageLe constat le plus contre-intuitif du rapport Opensignal : les opérateurs qui déploient le plus agressivement la 5G SA ne sont pas les meilleurs réseaux d'Europe.Le Danemark, deuxième mondial dans l'indice d'excellence réseau d'Opensignal, n'a quasiment pas de SA. Les Pays-Bas et la Suède, deuxième et troisième européens, n'en ont aucune à grande échelle.
En revanche, le Royaume-Uni, dernier du classement européen (29e sur 29), affiche parmi les engagements SA les plus ambitieux du continent, avec EE visant 99 % de couverture d'ici 2030. La 5G Standalone est un investissement de rattrapage, massivement porté par les opérateurs qui ont le plus de terrain à regagner.Classement européen de l'excellence réseau vs déploiement de la 5G Standalone. Le Danemark domine l'indice sans SA.
Le Royaume-Uni, dernier du classement, mise tout dessus.© OpensignalCôté performances, le gain est réel là où la SA est effectivement déployée : +18 % en débit descendant moyen (180,2 Mbps contre 153,2 Mbps), -17 % en latence, et une latence de 22 à 24 ms chez les meilleurs (Elisa, Sunrise, Vodafone Allemagne), soit des niveaux qui rivalisent avec la fibre. Le spectre n'est plus le facteur limitant (le mid-band est attribué dans les 29 marchés étudiés).Ce qui reste à faire est un choix industriel : densifier les antennes, migrer le trafic sur le nouveau cœur, et décider si le consommateur accède à la SA par défaut ou via une option premium. Suivez toute l'actualité des Numériques sur Google Actualités et sur la chaîne WhatsApp des Numériques Envie de faire encore plus d'économies ?
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