● Courrier International 📅 15/06/2026 à 16:47

Des tortues et des poissons équipés de mouchards ? La Chine se méfie de tout type d’espion

Géopolitique
Illustration
Une tortue marine nage, le 30 août 2024, dans les eaux du banc Sabina, ou “Xianbin Jiao”, en chinois, un banc de sable de la mer de Chine méridionale revendiqué par la Chine, mais relevant des Philippines. PHOTO XINHUA/AFP Des tortues marines et des poissons équipés de mouchards espionneraient-ils les eaux chinoises ? “Traditionnellement, les histoires d’espionnage se déroulent au sommet d’un gratte-ciel, dans un laboratoire ou derrière un mur d’écrans d’ordinateur, avance le site d’information Fenghuang Wang. Mais elles peuvent aussi nous plonger dans les profondeurs marines.” C’est du moins l’objet d’un étonnant article publié sur la plateforme Weixin par le Guo’anbu, comme on appelle le ministère de la Sécurité de l’État chinois, lequel supervise entre autres les services secrets. À lire aussi : Technologies. “Abeilles cyborgs” ou “drones moustiques”, les étonnantes armes envisagées par la Chine Ajouter aux favoris Selon le quotidien Zhongguo Ribao, il s’agit de mettre en garde contre “des services de renseignements étrangers [qui] collectent et volent continuellement des données maritimes sensibles grâce à divers nouveaux types d’équipements d’espionnage”. Fenghuang Wang ajoute : “Parmi ces équipements, les plus surprenants sont les ‘tortues espionnes’ et les ‘poissons espions’.” Il est fréquent, explique le site, que des animaux marins soient équipés de capteurs pour permettre aux scientifiques de mieux comprendre leurs routes migratoires, leurs profondeurs de plongée ou leurs zones d’alimentation. “Le problème est que la technologie peut servir la science mais aussi l’espionnage, tranche Fenghuang Wang. Ces animaux deviennent ainsi des sondes mobiles déguisées en ressources biologiques.” De parfaits petits espions Repris par le quotidien singapourien Lianhe Zaobao, le ministère chinois affirme que “des animaux marins relativement grands ont été trouvés dans une certaine zone maritime de Chine, équipés de capteurs qui collectent en temps réel des données sensibles […] et les transmettent à l’étranger par satellite”. “C’est précisément là le nœud du problème, ajoute Fenghuang Wang. Des espions étrangers utilisent des animaux marins, se servent du prétexte de la science et de la protection écologique pour déployer du matériel dans des zones sensibles.” À lire aussi : Géopolitique. Arrestation en Grèce d’un colonel accusé d’avoir espionné l’Otan au profit de la Chine Ajouter aux favoris Ce sont en effet de parfaits espions qui évoluent précisément “comme des poissons dans l’eau” avec des capteurs modernes “de plus en plus légers et sophistiqués”. D’où l’alerte sonnée par le Guo’anbu qui, selon le Lianhe Zaobao, estime que ces “institutions étrangères ont collecté ces données pour créer des ‘cartes sous-marines’ des eaux chinoises, lesquelles pourraient être utilisées pour identifier les faiblesses des défenses côtières et constituer une grave menace pour la sécurité nationale”. Conflits potentiels À cela il faut ajouter des techniques d’espionnage maritime plus classiques, énumère le Zhongguo Ribao. Le quotidien cite notamment les bouées de détection, dont des spécimens auraient été découverts dans les eaux chinoises après qu’ils furent déployés par un “institut de recherche océanographique étranger”. Elles étaient capables de dessiner “les ondes sonores environnantes et les signatures acoustiques des sous-marins chinois”. À lire aussi : Sécurité. En tant qu’archipel, l’Indonésie est à la merci des tentatives d’espionnage sous-marines Ajouter aux favoris Autre dispositif étranger identifié dans ses eaux territoriales par Pékin : des “planeurs de vagues” – un drone maritime plus connu sous le nom anglais de Wave Glider. Propulsé par les vagues, ce type de plateforme autonome est alimenté par l’énergie solaire pour ses systèmes de détection, de communication et de positionnement, explique le quotidien chinois : “À ce titre, il peut recevoir des instructions en temps réel par satellite et transmettre des informations militaires sur l’activité des navires [chinois].” L’heure est donc grave, avertit Fenghuang Wang : “Ces dispositifs d’espionnage technologique peuvent aussi permettre de détecter les gisements de pétrole et de gaz offshore, ce qui peut potentiellement déclencher des conflits concernant les droits d’exploitation des ressources.” Accusations mutuelles Mais au fait, qui se cache derrière ces fameux “espions étrangers” ? Jamais le Guo’anbu ne nomme un pays. Pour autant, la référence au Wave Glider lève une part d’ambiguïté : cette technique a été mise au point par Liquid Robotics, une filiale de l’américain Boeing – lequel bénéficie de juteux contrats militaires avec le ministère de la Défense de Washington… Il y a trois mois, le site d’information indien The Print se félicitait ainsi de la production conjointe, par une firme indienne alliée à Liquid Robotics, de ces planeurs de vagues “utilisés par l’industrie pétrolière et gazière” mais aussi “pour des applications dans le domaine de la guerre”. À lire aussi : États-Unis. Accusée d’être une espionne chinoise, une édile californienne démissionne Ajouter aux favoris La publication du Guo’anbu chinois doit être envisagée dans le cadre de la guerre de communication à laquelle se livrent Pékin et les gouvernements occidentaux, lesquels s’accusent mutuellement d’espionnage depuis longtemps. Il y a trois semaines, un couple de nationalité allemande a été arrêté à Munich, “soupçonné d’avoir fourni à la Chine des informations sur des technologies de pointe à usage militaire”, rappelle Die Welt. Le 12 juin, c’est Pékin qui a révélé avoir arrêté un citoyen américain “pour des activités présumées d’espionnage compromettant la sécurité nationale de la Chine”, rapporte, à Washington, la National Public Radio. Daniel Bastard Surveillance Asie Sur le même sujet Article réservé aux abonnésPolémique. Les Chinois diplômés à l’étranger vus comme de “potentiels espions” Ajouter aux favoris Article réservé aux abonnésScandale. Taïwan : un réseau d’espionnage chinois démantelé au cœur du parti au pouvoir Ajouter aux favoris Espionnage. La Turquie démantèle un réseau chinois qui surveillait les réfugiés ouïgours Ajouter aux favoris Sciences. Un robot espion à fourrure pour protéger les antilopes Ajouter aux favoris Nos services HORS-SÉRIE Que faire quand la température atteint les 50 °C ? Quand la mer monte inexorablement ? Que faire au quotidien dans un monde bouleversé par le dérèglement climatique ? Des rues de Kigali à celles de Singapour, des clubs de foot d’Argentine aux appartements de Delhi, des champs du nord de la Chine aux prairies italiennes, les citoyens s’organisent, s’entraident et cherchent des solutions pour s’adapter. Je découvre → Slow Autriche [Contenu partenaire] Ici, la marche se décline de mille façons. Itinéraires gourmands, sentiers viticoles ou encore balades nocturnes sous les étoiles… Je découvre l’article → Cinéma - Avant-première Tentez de remporter une invitation pour l’avant-première du film « Seule la vie » de Adrian Goiginger le mardi 23 juin à 20h au cinéma Le Méliès (Montreuil). Je reçois mon invitation → Éditions Bamboo Tentez de remporter la BD « Invulnérable II » de Damían, Sanz & Martínez, proposé par les éditions Bamboo. Je reçois ma bande dessinée →
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